Depuis son investiture le 24 janvier dernier par la cour constitutionnelle, le président Félix Tshisekedi ne cesse de multiplier des voyages, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. D’aucuns ont même pensé que c’était une façon de légitimer son pouvoir, au début contesté par quelques officines étrangères, son principal challenger Martin Fayulu à l’élection du 30 décembre 2018, mais également l’Eglise catholique qui a observé de près les scrutins.

Lors de cette investiture, seul le président Kenyan Uhuru Kenyata n’a pu effectuer le déplacement de Kinshasa pour palper ce que plusieurs observateurs considèrent aujourd’hui comme « la passation pacifique et démocratique du pouvoir », une première dans l’histoire de la République Démocratique du Congo.

Aucun président donc des tous les neufs pays voisins de la RDC n’a été appréhendé au palais de la nation, donnant lieu à un boycott, a en croire certaines langues hostiles.
Loin de se laisser entraîner par l’attitude de ses compairs africains, le nouveau président élu de la RDC prend tout de suite l’option d’aller vers ses homologues pour le moins hésitants. C’est ainsi qu’il va entamer un périple sous régional, visant tout d’abord ses voisins directs, avant d’aller plus loin.

Le 5 février 2019 le président Félix Tshisekedi arrive à Luanda en Angola. Reçu par son homologue Joao Lourenço, le président de la RDC a assuré à son voisin lusophone sa volonté de poursuivre et de consolider la coopération bilatérale entre l’Angola et la RDC.

Le mercredi 6 février, le président congolais prend la direction de Nairobi la capitale kenyane. Cette visite revêtait une double symbolique. D’abord remercier le président kenyan d’avoir été pratiquement le parrain de la plateforme « CACH » (Cap pour le changement), dont l’acte de naissance avait été établi et signé en novembre 2018 à Nairobi ; ensuite lui manifester sa reconnaissance pour sa présence le 24 janvier à la cérémonie de son investiture.

Le 8 février Félix TSHISEKEDI atterrit à Brazzaville en République du Congo. Avec son plus proche voisin Denis Sassou Nguesso, il a souligné la nécessité de poursuivre les échanges à tous les niveaux entre les deux Congo, sur toutes les questions d’intérêt commun. Ce vœu était d’ailleurs inscrit en bonne place dans le communiqué final signé conjointement entre les deux parties.

Le 9 février fut le tour d’Addis abeba. Le Président de la République est allé participer au sommet des chefs d’Etats et des gouvernements de l’Union Africaine. Très bien accueilli dans la clique des chefs d’Etats africains, il sera d’ailleurs élu deuxième vice- président de cette organisation continentale.

Le 27 février, cap vers Windhoek en Namibie sur invitation du président namibien Hagei geingob. Le président Tshisekadi y passera deux jours qui lui permettront de prendre des contacts avec la communauté de développement des pays de l’Afrique Australe, étant donné que la Namibie assume la présidence tournante de cette organisation sous-régionale.

Le 12 mars le président congolais arrive en Ouganda. Il échange avec le Yoweri Museveni le président ougandais sur la sécurité et le commerce entre les deux pays, mais aussi d’autres domaines présentant un intérêt bilatéral pour l’Ouganda et la RDC. Il effectuera un autre voyage dans la sous-région des grands lacs mais cette fois-ci au Rwanda dans le cadre du Africa CEO forum. Il en profitera pour s’incliner devant le mémorial dédié aux victimes du génocide Rwandais. Il a déploré cet incident qui a couté la vie de près d’un million des rwandais en 1994.

Puis vint le tour du Sénégal le 2 avril. Objectif : participer à la cérémonie de prestation de serment du président Macky Sall, nouvellement réélu . Ça sera le point de chute du parcours continental avant de s’envoler le 4 avril pour le continent américain, précisément aux Etats – Unis, sur invitation de l’administration américaine. Il sera reçu officiellement par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo qui lui a notamment assuré la reprise de la coopération militaire entre les deux pays.

La rencontre sur place avec Christine Lagarde, Directrice Général du Fond Monétaire International, permettra également au visiteur congolais d’espérer une imminente reprise de la coopération entre son pays et cette institution de Bretton woods. Un voyage fructueux selon l’entourage du président, même si ses détracteurs verront leur thèse de son illégitimité s’affirmer car n’ayant pas été reçu par son Homologue Donald Trump.

A peine revenu au pays, Félix Tshisekedi reprend aussitôt les airs pour cette fois-ci une tournée à l’intérieur du pays, alors que la population continue à attendre la nomination d’un formateur du gouvernement, l’option « d’un informateur » étant définitivement écartée. Le Congo profond débute effectivement le 12 avril par Lubumbashi dans le Haut- Katanga.

Un voyage effectué dans un contexte d’insécurité grandissante dans la capitale du cuivre. Il y présidera une réunion du conseil supérieur de la défense avec les officiers supérieurs, les services de la défense et de la sécurité autant civils et militaires. C’est dans le même contexte presque qu’il atterrira le 14 avril au Nord-Kivu. La province fait face depuis plusieurs mois à l’insécurité et à l’épidémie de la maladie à virus d’Ebola.

Le 19 avril la délégation présidentielle arrive à Boma dans la province du Kongo central. Le président de la république lance personnellement les travaux d’asphaltage de plusieurs tronçons, notamment la route Boma-Muanda longue de 100 kilomètres et Manterne- Tshiela, avoisinant 200 kilomètres.

De là, bref retour à Kinshasa avant l’enjambée le 23 avril vers la grande province orientale démembrée. Dans la province de la Tshopo félix Tshisekedi va inaugurer certaines infrastructures parmi lesquelles deux ponts jetés sur la rivière Lubunga et Wanyarukula . Le pont Lubuya jeté sur la rivière Wanyerukula à 54 km de la ville de Kisangani sur la route Lubutu est longs de 30 mètres. Il a été entièrement financé par le gouvernement de la République à travers le fond de promotion de l’industrie.

Félix Tshisekedi est de nouveau dans la capitale congolaise depuis ce 24 avril dans la soirée, mais tout aussi prêt à s’envoler, tel un infatigable pigeon voyageur, pour n’importe quelle destination où se présentent et se négocient les intérêts du peuple congolais.

Germain Coucou Diantama