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Opposition: un candidat commun par accident?

Cette désignation est une surprise d’autant plus que dans l’opinion, il se dégageait un duel entre Félix Tshisekedi, le président de l’UDPS, parti politique connu pour sa popularité; et Vital Kamerhe jugé assez expérimenté dans la gestion de la chose publique pour avoir été président de l’Assemblée nationale congolaise.

Les gros poissons ont alors été laissés au frigo à la faveur d’un acteur politique qui bien que n’a rien d’un novice dans l’arène politique congolaise, n’a pas quand-même l’envergure nationale, dans ce pays continent qui est la RDC.

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La déclaration finale qui a sanctionné les assises de Genève telle que lue par le président de Congo na Biso Freddy Matungulu, a aussi mis l’accent sur la stratégie adoptée par ces leaders de l’opposition pour contrer la famille présidentielle, le Front commun pour le Congo, contre laquelle ils ne cessent de lancer les flèches de la tricherie avec la machine à voté.

A quelques semaines du début de la campagne, Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito ont réaffirmé leur engagement à participer aux prochaines élections sans « la machine à voter ». Si la CENI persiste dans l’utilisation de cette machine à voter, la coalition de l’opposition née de ces assises :  » Lamuka », entendez : réveille-toi, demandera au peuple congolais de se prendre en charge.

En clair, les 7 leaders de l’opposition congolaise se rapprochent un peu plus du boycott des prochains scrutins, si la machine à voter n’est pas abandonné. La même stratégie développée par l’opposition depuis le début du processus électoral, qui consiste à se conformer aux exigences de l’heure tout en rejetant la participation de Joseph Kabila à la prochaine présidentielle, la machine à voter ou encore le fichier électoral tel que confectionné. Alors que l’on craignait un possible boycott lors du dépôt des candidatures aux législatives provinciales et nationales ainsi qu’à la présidentielle, ces opposants ont répondu présent à l’appel de la CENI, en précisant que le dépôt de leurs candidatures ne signifiait pas qu’ils ont accepté d’aller aux élections avec la machine à voter.

Plus réaliste que lors des scrutins précédents, l’opposition ne se trompe pas cette fois-ci et sait probablement bien que son bras de fer avec la CENI et le Front commun pour le Congo sur la machine à voter est loin de tourner en sa faveur. Ne pas présenter un candidat commun à cause de l’usage prochain de la machine à voter, c’est laisserd un boulevard à Joseph Kabila et ses collaborateurs.

Martin Fayulu apparaît donc comme un candidat désigné non pas pour gagner la prochaine présidentielle face à Emmanuel Ramazany Shadari mais un candidat pour matérialiser jusqu’au bout la stratégie de l’opposition consistant à mettre à nu ce qu’elle qualifie de « mauvaise foi » du pouvoir en place. Dans un scénario où le 23 décembre il n’y aura pas d’élections et que opposition et pouvoir seront peut-être poussés à des nouvelles négociations sur cet outil et le fichier électoral « corrompu », la question de la candidature commune de l’opposition pourra encore réapparaître pour désigner un candidat de la victoire.

Entre-temps, les poids lourds de l’opposition  » conservés » peuvent prier que les choses ne se passent pas comme dans ce film : « Président par accident ».

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