Laborieuse démonstration de force du FCC à Mbuji-Mayi, fief de l’opposition

Véritable mêlée politique. Depuis plusieurs jours des cadres du pouvoir se succèdent au Mbuji-Mayi, la ville de diamant, en plein Kasaï-Oriental au centre de la République démocratique du Congo. Il y a deux ans pourtant, cette région a été embrasée par le pouvoir, à la suite d’un différend politique entre le Chef coutumier Kamwina Nsapu et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Evariste Boshab.

Ce n’est sans doute pas un hasard si le concerné n’est pas très visible, alors qu’ici, dans cette  bourgade de 135,1 km², seul le Premier ministre Bruno Tshibala, enfant du pays, est mis en exergue. A son arrivée dans la ville, l’ancien enfant terrible de l’UDPS a été accueilli en héros. Loin certes des ferveurs populaires du temps où tenait la mallette de l’idole du coin, feu Etienne Tshisekedi.

Défier les Tshisekedi

Tant bien que mal, Tshibala et ses nouveaux amis du pouvoir tiennent à organiser  leur démonstration de force qui aura lieu aujourd’hui: l’arrivée dans la ville, du candidat du pouvoir à la prochaine Présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary. Dès son arrivée, une grande estrade est placée près de l’aéroport de Bipemba, où le Premier Ministre célèbre un meeting, appelant “ses frères du Kasaï-oriental de réserver un accueil chaleureux” pour la star du pouvoir.

L’enjeu est crucial pour les Kabilistes, ils sont dans un terrain miné par le principal parti de l’opposition, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Si Kananga est le Betlehem des Tshisekedistes, Mbuji-Mayi en est le Nazareth. Par ailleurs, que Félix Tshisekedi, l’actuel président de ce parti historique, est pressenti pour être le candidat commun de l’opposition à la Présidentielle, Tshibala et son équipe auront pour difficile mission de lui prendre des points ici.

Les restes de la crise Kamwina Nsapu

Une tâche difficile, même si, le long de rues, les drapeaux, affiches et pancartes à la gloire du président Kabila et son dauphin pleuvent. L’engouement a l’air forcé. “Nous sommes dans un coin fortement tribal et voire même tribaliste. Et beaucoup viennent surtout pour Tshibala, mais peu peuvent voter pour lui au détriment de l’UDPS“, analyse un journaliste sur place.

Il y a surtout toute une foule importée de Kinshasa qui deferle sur la ville. Des jeunes, vieux, cadres et ministres  arrivent avec des dizaines de leurs collaborteurs, comme s’ils étaient obligés. Sur les réseaux sociaux, chacun prend bien soin de montrer sa présence et sa mobilisation.

Le stade flambant neuf Kashala Bonzola se remplie néanmoins. Il sera probablement plein. Le FCC aura alors démontrer ses forces, loin d’un acquis inéluctable. Alors que pas loin, toujours dans cette banlieue de Kanshi, les traces de la crise sécuritaire qui a ravagé tout le Kasaï, faisant des milliers de morts et des millions de déplacés, restent encore palpables. C’est peut-être de là que viendront les vrais votes aux prochaines élections.

Litsani Choukran.

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