Merci Docteur !

Le monde se l’arrache, pourquoi pas nous? Dans ce pays où les héros sont contestés, tombant comme le blé d’hiver, où leurs sépultures sont profanées et leurs mémoires sont démontées ; un homme a pu jaillir de nulle part, se faufiler dernière les armes, les balles tueuses, défiant un Etat en déliquescence, pour finir par trôner là-haut, sur le toit du monde.

Mukwege, le Docteur, n’est pourtant pas si différent du Congolais lambda. Dépourvu de tout moyen, muni de la seule volonté de faire face à la fatalité, il a su revivre des décombres des violentes guerres qui ont dévasté le Kivu et ce pays gangrené par vingt ans d’impunité, qui symbolise à lui seul le monde fatal dans lequel vivent des milliers d’âmes congolaises.

Réparer les femmes, depuis le Panzi, aura donc été une œuvre à saluer. Grâce aux amis du Congo, cette cause qui a commencé sans motivation politique et loin de l’ambition existentielle, est reconnue aujourd’hui aux yeux du monde. Pour autant, c’est l’œuvre d’un seul congolais lambda; prouvant au passage que cette nation des oubliés de la terre, des démunis de l’histoire, peut bien, grâce à son génie, produire d’hommes et femmes qui peuvent valoir le Nobel suprême.

Ce prix, qu’il ne doit à personne, pas même à ces victimes à qui il est voué — n’ayant jamais recherché ce drame — est un véritable cadeau décerné à cette nation troublée, à l’aube d’une renaissance qui est encore possible.

Ce prix, cette consécration, est donc la preuve que la réussite ici, dans ces contrées abandonnées par ceux qui sont à la tête de l’Etat, ne réside pas seulement en une ruée vers la politique. La course au pouvoir, l’engagement soi-disant politique, ne devraient donc être des préalables à toute réussite citoyenne dans ce Congo qui demande à ses fils d’agir où qu’ils soient. Car l’impuissance, l’inaction, ne sont plus des options pour ce pays.

Le prix du Docteur, qui entre à jamais dans les annales de l’Histoire de cette jeune nation, symbolise une victoire contre la peur, contre l’oppression et une révolte contre la fatalité. Il vient vaincre la dictature, la peur de la dictature, la dictature des puissants, celle des assassins et des Seigneurs de la violence. Elle montre le chemin que tous devraient emprunter pour sauver cette nation.

Aux noms de tous ceux qui ont milité aux côté du Docteur, aux noms des toutes les victimes des violences, qu’elles soient sexuelles, politiques ou de n’importe quelle sorte ; la rédaction engagée de POLITICO.CD adresse ses facilitations au Docteur, aux  Congolais, qui peuvent à présent marcher les fronts dressés, regardant irrémédiablement vers l’ultime rendez-vous de l’histoire qui nous appelle désormais à libérer cette nation enchaînée à la fin de cette année.

Litsani Choukran,
Directeur général de POLITICO.CD,
au nom de toute l’équipe.

 

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