Un Révolution citoyenne au Congo!

Depuis cinquante-huit-ans, la République démocratique du Congo n’a jamais été tant dans une situation défiant toutes les expressions destinées à peindre un désastre avancé tant sur le plan structurel que celui de gouvernance. Pour autant, cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1960, à l’aube de l’indépendance farouchement arrachée des mains de la puissance colonisatrice belge, ce pays est plongé perpétuellement tantôt dans un chaos systémique, tantôt dans une recherche sans fin d’équilibre.

Le Congo est rongé. Ses populations souffrent. L’union s’étiole, la division profonde s’installe. La poursuite du gain personnel l’emporte de plus en plus sur l’intérêt général. Il n’est pas plus des héros incontestés. Lumumba Patrice Emery en personne ne saurait recueillir un suffrage universel absolu dans ce pays continent et très fractionné. Les uns lui préfèrent à Mobutu, le grand maréchal qui pacifia enfin ce pays, avant de l’engloutir dans son règne suprême et destructeur. Les autres encore, préfèrent le maquisard Laurent-Désiré Kabila, fait héros, puis, à son tour, contesté. Joseph Kabila s’ajoute donc à la lignée de ceux-là qui ont dirigé et ont fini par faire plonger la nation dans une scande de destruction, au seul bénéfice de la sauvegarde de leur pouvoir absolu.

Aujourd’hui cependant, le moment est venu de se ressaisir. Car pendant ce temps l’orage gronde, notre monde évolue. Le changement est amorcé. Partout ailleurs, les rues emportent des tyrans, la soif de la liberté l’emporte, monte et triomphe. Plus que jamais, les peuples veulent disposer de leur propre avenir. Plus d’égalité, moins d’injustice. Les cris montent. En Afrique, partout. Une nouvelle génération monte au créneau, elle veut prendre la relève, elle veut d’un avenir meilleur.  Au coeur de ce monde, le Congo est là, avec ses richesses immenses, au fond des abîmes.  Dès lors, quel crève-cœur de voir le Congo, notre Congo, continuer son agonie !

À cette heure notre République devrait se dresser de toute la hauteur de son peuple tant sur la scène de l’Afrique que celle du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux politiques et à leur dangereuse course au pouvoir. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par des présidents tout-puissants et écrasant tout sur leur passage. Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples. Sinon, comment faire face à l’incroyable défi démographique et géopolitique qui menace d’anéantir la civilisation humaine ? Comment sortir l’Afrique, berceau des peuples de ce monde, des abyssales d’où elle se trouve logée depuis la nuit de temps.

L’ère de la Révolution citoyenne

J’écris pour refuser l’asphyxie de la pensée unique et de la course au gain personnel et facile. Mais aussi pour ne pas étouffer dans la critique de leurs turpitudes. Et enfin pour ne pas laisser croire que notre avenir serait de revenir à la doctrine de je ne sais quel passé glorieux. Je propose de ne pas en rester aux dénonciations. Pour respirer à pleins poumons, visons un point plus haut que l’horizon du présent démoralisant. Ainsi faisaient nos anciens, pourtant lourdement cadenassés dans leur statut social et leur quotidien harassant de la colonisation belge dont les stigmates restent encore vivants. Ils regardaient plus haut et du coup ils voyaient plus loin. Le goût du futur, de ce petit matin du monde nouveau qu’on préparait, mettait la mesquinerie du présent à sa place et permettait d’y figurer jusque dans les mauvais jours le front haut et même le sourire aux lèvres. Reprenons leur fil. Kabila finira par partir. Avec lui, toute sa classe politique aussi cupide que détestable. Certes ses dégâts sont déjà considérables et parfois irréversibles. Mais il aura quand même eu le mérite de soulever une nausée créatrice. Elle nous aura tous obligés à une autre façon de penser et d’agir.

On nomme mal ce que nous vivons : pourquoi continuer à parler de « crise » comme on le fait depuis cinquante-huit-ans ? Les mots ont un sens. Il n’y a pas de crise. Je vois surtout l’aveuglement des élites dirigeantes, l’infinie cupidité des puissants, la perversité de l’égoïsme édicté en norme suprême dans tous les domaines, la folie du fanatisme religieux qui dilapide l’énergie de masses immenses. Pour autant faut-il avoir le blues et se joindre aux dandys de la pleurnicherie ? Le pessimisme face au futur ne doit pas être un argument supplémentaire pour l’inaction dans le présent.

De toute façon, justement parce que nous sommes tous le dos au mur, je crois que l’imagination et le goût de vivre seront les plus forts à la fin. La même mécanique qui pourrait nous broyer porte des enchaînements tout aussi vigoureux qui poussent l’humanité à chercher une sortie par le haut. Il faut donc repérer les points d’appui pour rebondir le moment venu ! Les occasions viendront de porter plus loin que jamais notre projet dans l’histoire. La question posée n’est pas de savoir si nous allons y arriver, et encore moins d’espérer être félicités pour avoir eu raison avant tout le monde. Jusqu’à la victoire, il n’y a que des coups à prendre. Nous devons seulement examiner si nous avons des raisons d’agir et des moyens d’avancer.

L’ère du peuple

Dans les tensions terribles que contient notre époque se niche la possibilité d’un rebond positif vers un tout autre futur. Les multitudes humaines le tenteront. Non pour des raisons idéologiques mais pour répondre à des problèmes concrets que la société actuelle est incapable de résoudre. Non à l’appel d’improbables prophètes inspirés, mais par des enchaînements d’événements souvent parfaitement fortuits. Je sais bien que l’énergie de masses immenses enfermées dans une impasse peut entraîner des éruptions du mauvais côté du volcan. C’est des forces politiques, tant de l’opposition que de la majorité, qui finissent toutes par se mettre au service d’hommes, loin de ce lui seul du Congo. Mais l’action sera menée au nom de l’intérêt général humain : ce sera le nouveau cri de ralliement.

Le peuple va la mener et non une classe particulière dirigeant le reste de la population. Le peuple, à savoir les nuées humaines, qui forment l’essentiel de la population du Congo profond. Le peuple, c’est-à-dire cette multitude quand elle devient citoyenne. À savoir quand les individus qui la composent prennent le pouvoir sur leurs conditions de vie. Et quand ils élisent une assemblée constituante pour instaurer les nouvelles règles de vie commune. Le peuple détrônant “la petite oligarchie des riches”, la caste dorée de politiciens qui sert ses intérêts et des médiacrates qui envoûtent les esprits. Il le fera ! Non par jalousie ni par envie de bénéficier à son tour des consommations grotesques de la caste des ultrariches, mais pour vivre une vie décente et relever le défi du cataclysme qui s’avance sur cette nation.

Je prends ma part. J’ai changé. Je refonde dès aujourd’hui mon engagement en cette cause à travers la création de ce journal: LE PEUPLE! Nous ne seront plus jamais spectateurs inactifs de la destruction des connaissances des masses collectives. Jamais. Nous sommes désormais citoyens. Engagés, non dans une lutte pour faire émerger une pensée dominante au pouvoir, ni pour le changement simple d’un régime politique, mais celui qui transcende les clivages et les origines dans le seul but d’apporter de la connaissance aux nôtres, afin qu’ils jouent leurs rôles respectifs dans les transformations que ce pays attend tant.

Ce média est celui de conscientisation et surtout d’informations. Le journal « Le Peuple » va voir le jour le 19 septembre 2018 (!), sera National et International, distribué auprès de tous, Congolais ou amis du Congo, où qu’ils soient dans le monde; et portera désormais ce combat pour la connaissance et l’éveil. D’autres initiatives suivront, avec un ferme engagement, celui de contribuer de manière active, à présenter le vrai, à encourager l’éclosion des idées et des nouveaux rêves, tout en s’opposant aux anti-valeurs et à toute la frénétique course aux politiques qui sectarisent notre peuple, l’oppose et fait de lui une masse discontinue et en perdition.

Litsani Choukran,
Le Fondateur.

3 commentaires
  1. Merci mon frère combien sommes nous à penser comme tu viens de le faire car les jours avenir seront plusque sombre qu’aujourd’hui les politiques sont entrain de confisquer l’avenir de tout un peuple sans avenir cupide qu’ils sont ils ne pensent qu’à eux-même il est temps de forger l’avenir en bypassant l’élite politique actuel qui ne cherchent qu’en s’enrichir au détriment de la population.

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