1 403 372 de voix, soit 7,74 %. C’est le score qu’a fait Vital Kamerhe durant la dernière présidentielle organisée en République démocratique du Congo. A cette époque, et alors qu’Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, arrivait bien devant lui, l’ancien président de l’Assemblée nationale se positionnait alors comme le troisième homme fort de la scène politique congolaise. Il avait, surtout le vent en poupe. En claquant la porte de la majorité au pouvoir, le natif de Bukavu,  dans l’est profond du Congo, était le tout premier homme à sortir des cuisses de Kabila et à le défier.

Sept ans plus tard, le voilà. Le même Kamerhe, avec plus de cheveux blancs certes et une nouvelle épouse. Il enjambe les marches du bâtiment officiel de la Commission électorale sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa, à vive allure, salué par une foule bien orchestrée et mobilisée. Par la suite, le président de l’UNC, auréolé du titre du candidat officiel de ce parti de l’opposition quelques heures avant, dépose ainsi sa candidature.

Candidature en embuscade

Stupeur du côté du public certes. Car, depuis près d’un an, l’homme qui vient de déposer sa candidature ici, est celui qui prêche la bonne nouvelle d’un candidat commun de l’opposition afin de battre le représentant de Kabila. Et Il ne faudra pas chercher dans ses mots à la sortie pour sonder l’âme de ce fin politique.

Une chose est sûre. Vital Kamerhe n’a jamais fait dans le hasard. Ici, devant les caméras, il pose en effet une double manoeuvre. Tout d’abord, se maintenir haut, au niveau de ses autres frères de l’opposition, avant toute négociation. Par la suite, et alors que Kabila s’obstine à écarter tous les candidats dangereux de la liste, Kamerhe, tout en passivité, devrait alors faire valoir un candidat de poids.

En effet, l’écartement de Moïse Katumbi qui arrive à grand pas, combiné à celui qui tombera peut-être jour contre l’opposant Jean-Pierre Bemba, laissera finalement un désert à combler du côté des opposants. En face de lui, il devrait toute fois batailler ferme face à une certain Félix Tshisekedi, certes inexpérimenté, mais porter par un parti qui n’a jamais laissé personne lui voler la vedette.