Les candidats du pouvoir
C’est le secret le mieux gardé en République démocratique du Congo. A l’issue de son discours jeudi au Palais du peuple, Joseph Kabila n’a pas clairement dévoilé ses intentions sur son avenir. Alors que beaucoup, y compris au sein de la majorité au pouvoir, attendaient du Président qu’il annonce sa décision de ne pas briguer la prochaine présidentielle, le Chef de l’Etat congolais a préféré promettre son respect de la constitution, tout en mettant en garde contre les ingérences dans ce processus électoral. “Aujourd’hui notre modèle démocratique a fait ses preuves et ceux qui s’ingéraient en donneurs de leçon l’ont compris“, dit Joseph Kabila qui affirme que la RDC n’a de leçon à recevoir de personne, surtout pas de “ceux qui assassinent la démocratie ici ou ailleurs“.

A l’issue de cette sortie, toute la classe politique est restée hébétée. Nul n’ose alors imaginer les réelles intentions de Joseph Kabila. Au sein de l’opposition, les dénonciations n’ont pas traîné. On y voit, à travers ce discours, une réelle intention de briguer une fois la magistrature suprême à la Présidentielle du 23 décembre.  Car, s’il annonce bien respecter la Constitution, Kabila n’a pas du tout montré des signaux qui démontrent clairement qu’il ne sera psa candidat à la Présidentielle du 23 décembre.

Cependant, du côté du pouvoir, même si la plupart des cadres sont restés floués à l’issue de ce discours, dans les coulisses, un plan de succession est toujours en place. La Majorité Présidentielle, qui a longtemps tergiversé, devrait donc se fondre au sein du Front Commun pour le Congo (FCC) et annoncer ainsi un seul candidat qu’elle soutiendra à cette présidentielle, finalement maintenue au 23 décembre.  Dès lors, et pendant que les spéculations et une rude bataille des dauphins vont bon train, des candidats se détachent, se positionnant comme candidat viables à cette succession risquée.

Trois noms tirent d’abord leur épingle du jeu. Il s’agit du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu, du cadre PPRD  Moise Ekanga Lushyma, qui a dirigé le programme de coopération sino-congolais et du Général François Olenga, chef de la maison militaire du président Joseph Kabila.  Si les trois candidats ont la côte, un autre paraît plus plausible : le Président lui-même.

En effet, entre clivages politiques, donnes démographiques, ethnisme, Joseph Kabila devrait choisir un successeur à la fois fort, capable d’assurer la charge présidentielle, tout en ayant des sérieuses chances de s’imposer à la prochaine Présidentielle. Mais également, celui-ci ne doit pas être « trop fort », pour de ne pas jouer un mauvais tour au Président congolais, à l’image de l’ancien président angolais Eduardo Dos Santos, aujourd’hui poignardé par son « dauphin », João Lourenço.  L’heureux « dauphin » doit aussi être capable de l’emporter face aux opposants comme Jean-Pierre Bemba, ou encore Félix Tshisekedi, des challengers assez populaires, une situation loin d’être acquise. En outre, le candidat du pouvoir aura fort à justifier le bilan des 16 années de la majorité au pouvoir. Face à cette réalité, beaucoup songent alors à présenter la candidature du président sortant, arguant qu’elle est bel et bien légale.

A moins de trois semaines du dépôt des candidatures, grâce à nos informations, la rédaction de POLITICO.CD scrute pour vous chacune de ses options tout au long de ce week-end.

A lire prochainement dans ce dossier :

  • Léonard She Okitundu :  le dauphin idéal

  • Moïse Ekanga : successeur intime

  • François Olenga : le dauphin sûr

  • Kabila, le passage en force

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