RDC: Au Katanga, Kabila draine les foules, aux allures d’une campagne électorale

Costume de couleur grise claire comme lors de son récent voyage en Zambie, Joseph Kabila délaisse son cortège officiel pour tailler quelques mètres à pied, défiant le soleil accablant de Lubumbashi, ville cuprifère et historique du sud-est de la République démocratique du Congo. Autour de lui, des partisans, des centaines. Drapeaux, pancartes, cris et chants: “restes éternellement, tu es notre président”; la foule ici, au fief du président, est conquise.

Le Chef de l’Etat revenait de Kasumbalesa, où il a posé la première pierre pour la construction d’un parking ultra moderne pour les poids lourds transportant les minerais. Ici, cette “révolution” est vraiment saluée, car elle projette les ex-provinces du Katanga, qui dépendent essentiellement de l’exploitation des matières premières, vers une autre dimension, avec son lot des promesses.  Kabila est alors acclamé et adulé.

Aux côtés de la Première dame, Olive Lembe, une image souvent vue durant la campagne électorale de 2011, le Président qui paraissait pourtant fatigué ce dernier temps, semble retrouver de l’éclat. Il ira par la suite à une autre inauguration, celle du  nouveau siège provincial de la Banque Centrale du Congo.

Avec sa paire de ciseaux, le Kabila s’offre une image qui ne manquerait pas de faire parler d’elle. Lui qui est arrivé en fin mandat, lui qui ne peut plus se représenter, parait néanmoins comme quelqu’un qui prépare un avenir politique, démontrant et mettant en exergue ses réalisations: il se taille ainsi l’image d’un bâtisseur, qu’il a très bien incarné par le passé.

Au Katanga, une province électorale disputée avec l’opposition, nul n’a alors existé ce week-end. Ni Moïse Katumbi, leader de la coalition Ensemble, qui n’a fait irruption que dans la rubrique “incidents”, où le siège d’un de ses partis satellites, dirigé par son bras droit Salomon Idi Kalonda Della, a été attaqué durant la nuit. Là encore, le message semble être clair à l’endroit de l’opposition.

Pour l’instant, la majorité dément bec et ongle une candidature du président congolais à la prochaine Présidentielle. Certes, un parti de la coalition, le MIR, a ouvertement annoncé sa décision de présenter la candidature de Kabila à cette élection. Néanmoins, l’Angola et le Rwanda sont venus compliquer la donne aux côtés de la France, en affirmant tenir au départ du fils de Mzee Kabila à l’issue des prochaines élections. Plus que jamais, l’avenir politique en RDC reste flou.

Litsani Choukran

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