Depuis octobre 2016, le poste de Premier Ministre ne représente plus rien en RDC

L’activiste pro-démocratie appuie son analyse par le fait que depuis l’après octobre 2016, la RDCongo est entrée dans un régime présidentiel, accélérant la désintégration programmée de sa démocratie mort-née.

Un premier ministre ne représente pas vraiment grand-chose. Accépter de partager le pouvoir avec Kabila aujourd’hui, c’est déjà cautionner sa propre mort politique. Les cas Badibanga et Tshibala en disent long : des premiers ministres sur papiers ; mais au fond, pas plus que protocolaires.

La pression sur Vital Kamerhe ou Félix Tshisekedi, afin qu’ils acceptent de jouer un rôle au Conseil National de Suivi de l’accord du 31 décembre ou à la primature n’a qu’une finalité politicienne et surtout très cosmétique ; avec pour seul enjeux d’accompagner la mouvance au pouvoir dans ses ambitions de demeurer au pouvoir par des moyens extra-légaux.

Néhémie Mwilanya, actuel directeur de cabinet du président Congolais est carrément une sorte de « vice-président du Congo ». Il jouit d’une marge de manœuvre importante qu’un premier ministre, qui que ce soit et de quel bord de la faune politique congolaise qu’il provienne.

Le gouvernement ne décide plus sur quoi que ce soit. Le parlement est carrément devenu, s’il ne l’a pas toujours été, une caisse de résonance du pouvoir. La preuve, aucune motion initiée contre un membre du système Kabila, n’a réussi à franchir les petites discussions de salons et produire d’effets.

Tout se passe au gré des ténors de la Majorité Présidentielle. Encore est-il qu’une « Majorité Présidentielle » sous-entend une majorité sociologique ou politique. Ce qui n’est plus le cas. La monarchie « à basse intensité » à la Congolaise ne cache plus ses limites : la phobie de l’intelligence et la promotion de la forfaiture se moquent des acquis constitutionnels.

Les accords et chamboulements inter-politiciens jaillissent, mais plus aucun cadre juridique ne justifie telle ou telle autre nomination.

Le président du CNSA et le Premier ministre n’ont aucune influence sur la commission électorale nationale Indépendante, CENI. La volonté du système est sauvagement une parole d’évangile. Les conseillers de Joseph Kabila valent mieux qu’un ministre, voire un vice-premier ministre. Les ministres issus des concertations et des deux dialogues ne contrôlent rien. Ils sont carrément des pantins décoratifs d’un système qu’ils ne dirigent pas.

Édité par Fiston MAHAMBA

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