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MSR: les dessous d’un règlement de comptes par CNSA interposé

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En 2006,  Pierre Lumbi, ancien cadre de la société civile devenu le bras droit d’un certain Samba Kaputo, place son parti, le Mouvement social pour le renouveau (MSR), aux côté du président Joseph Kabila. Aux législatives, c’est un géant qui en ressort, postulant à plus de 322 sièges à la députation nationale à travers le pays. A l’issue de ces élections, le MSR est simplement la quatrième force politique à l’hémicycle, derrière le PALU. Exploit qu’il rééditera en 2011, maintenant le même nombre de sièges. 

2015, Pierre Lumbi et six autres partis de la Majorité Présidentielle claquent la porte et rejoignent l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi. « Une situation qui a déplu le président Joseph Kabila au plus haut point« , à en croire un de ses proches. C’est donc logique qu’à son départ de la majorité présidentielle, Pierre Lumbi, devenu entre-temps Conseiller spécial du président Joseph Kabila, avec son grand parti,  deviennent la « bête noire » du pouvoir. Vite, le parti est dédoublé, comme tant d’autres qui composent alors la coalition du G7.

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« En réalité,  explique une source au média belge La Libre, personne n’ignore que le Président a un contentieux personnel avec Lumbi, son ancien conseiller spécial en sécurité ». 

Accord de la Saint-Sylvestre violé

De gauche à droite, l’Abbé Donatien Shole et l’ancien ministre de Justice, Alexis Thambwe qui signe l’accord de la CENCO.

Cependant, au Dialogue de la CENCO, un accord est signé. L’accord du 31 décembre 2016, autrement désigné l’accord de la Saint-Sylvestre. Il stipule, notamment au point 6 de son chapitre V, des mesures de « décrispation », qui exigent entre autres que les partis dédoublés, y compris le MSR, soient « rendus » à leurs créateurs d’origine.

Le 21 mars 2018, le Comité national de suivi de l’accord (CNSA) de la Saint-Sylvestre annonce qu’il préconisait la fin du dédoublement des partis ARC (Olivier Kamitatu), UNAFEC (Kyungu Wa Kumwanza), UNADEF (Christian Mwando) et PDC (José Endundo). Tous, du G7 et qui soutiennent la candidature de Moïse Katumbi. L’Aco de Dany Banza (qui a quitté récemment le G7) et  l’UDPS seront fixés ultérieurement, y compris le MSR.

Joseph Olengankoy, président du CNSA, affirme alors que le parti politique MSR n’avait jamais obtenu un arrêté d’enregistrement au ministère de l’Intérieur. Olengankoy recommande ainsi donc à Pierre Lumbi de créer son propre parti politique. Il demande au ministère de l’Intérieur de lui en faciliter la tâche.

« Le MSR n’avait pas des documents. De 2006 à 2015, il n’y avait aucun document. En 2016, ils ont obtenu un document par l’honorable Rubota [président du MSR resté au sein de la Majorité présidentielle, NDLR]. Donc le MSR fonctionnait sans document réel. On a fouillé là où on légalise les statuts des partis politiques à l’Hôtel de ville de Kinshasa, on a fouillé au ministère de l’Intérieur, on n’ rien trouvé. Le premier document du MSR a été enregistré en 2016, alors que le MSR existait depuis 2006 », affirme Joseph Olengankoy.

Un parti créé en 1991

Des partisans du MSR, parti politique de la RD Congo le 15/04/2013 au palais du peuple à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Une sortie qui contraste avec la réalité. Du côté de Pierre Lumbi, on fait remarquer que non seulement le parti existe depuis 1991, ayant participé à plusieurs législatives et prouvé son existence; on présente également des preuves d’enregistrement contredisant la version de Joseph Olenghankoy.

Lors d’une conférence le 22 mars à Kinshasa, le Secrétaire exécutif du parti Lumbi, Dieudonné Bolengetenge a brandi des documents qui confirment son existence légale. Selon ces documents, l’actuel MSR, proche du Rassemblement, existe depuis avril 1991, d’abord sous la dénomination du Mouvement pour la Nouvelle République (MNR). C’est en février 2006, selon Bolengetenge, que le parti a changé d’appellation en devenant “Mouvement Social pour le Renouveau”.

“En 2006 et 2011, le MSR se positionne comme troisième force de la Majorité Présidentielle après les élections législatives. Si on ne détenait pas des textes légaux, comment comprendre alors notre participation aux élections et on a même été aux cours et tribunaux et à la Cour suprême de justice pour les contentieux électoraux. Ils vont dire que c’est parce que nous étions dans la MP ? Alors ça serait une honte pour les institutions et la République”, a dit secrétaire général du MSR.

A l’approche des élections du 23 décembre, plusieurs acteurs politiques, y compris l’ONU s’inquiètent donc de cette situation récurrente contre les opposants politiques en RDC. Le Comité Laïc de Coordination (CLC), qui est né de la volonté de faire pression pour l’application de ces mesures, a même lancé un ultimatum au pouvoir pour régler toutes ces questions.

Le processus électoral sous pression

En effet, dans une lettre  à Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’Onu,  le CLC rappelle que le temps est venu de  trouver des voies et moyens susceptibles  de vider la crise électorale en perspective. S’il est admis que le  23 décembre 2018 constitue, désormais,  la date butoir pour régler définitivement la problématique de la légitimité des institutions, il va sans dire que  pour y arriver, le Comité Laïc de Coordination qui  décrète une trêve momentanée  de ses activités de grande envergure et de revendication, attend plutôt  des signaux clairs en termes de décrispation politique, au plus tard, le 30 avril 2018. Passé  ce délai, il promet d’y revenir et, en  même temps,  de les intensifier.

Le 13 février dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a, une fois de plus, appelé les autorités congolaises à appliquer ces mesures dans le but de faciliter la tenue des élections conformément au calendrier publié le 05 novembre dernier par la CENI. Les Etats-Unis, la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Suède, la Côte d’Ivoire et la Guinée équatoriale ont invité la Céni et les partenaires de la RDC à faire pression pour qu’il n’y ait pas de report d’élections.

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