“L’UDPS met cap vers les élections!” La nouvelle est balancée sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine. Au fond de cette affirmation peu banale, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti historique de l’opposition en République démocratique du Congo, ou ce qui en reste, a finalement accepté de rencontrer des responsables de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu’elle a toujours refusé de recevoir.

Au téléphone de POLITICO.CD, son Secrétaire général Jean-Marc Kabund n’est pas non plus emu par cette décision, signe du malaise qui planne sur ce mouvement de l’opposition.  “La CENI nous fait deux invitations, la première invitation, nous l’avons rejeté. Elle a fait une deuxième invitation, et à la lumière du débat qui a eu lieu au sein du parti — nous sommes un parti démocratique où les avis des uns et des autres sont pris en compte — Il y a une large partie qui a estimé qu’il fallait aller lui dire [à Corneille Nangaa] des choses en face“, explique-t-il.

Cacophonie interne

Sur les réseaux sociaux, ce revirement inquiète. D’autant plus que le même Jean-Marc Kabund a vilipendé les opposants Eve Bazaïba et Vital Kamerhe pour avoir accepté le même type de rendez-vous auprès de la CENI. Par ailleurs, le parti de Félix Tshisekedi, fils d’Etienne Tshisekedi, fondateur du parti décédé depuis février 2017 à Bruxelles, est largement décrié. Autre objet de cette colère, des multiples rumeurs de négociations entre le pouvoir et celui qui est également président du Rassemblement, coalition co-dirigée avec l’autre opposant Moïse Katumbi.

Pour ne rien arranger, Augustin Kabuya, porte-parole du parti, a affirmé, à travers une émission diffusée sur internet, que des proches du président Kabila, dont le nouveau Conseiller spécial en matière de Sécurité Jean Mbuyu, négocieraient avec Félix Tshisekedi.

Jean-Marc Kabund, qui multiplie des signaux de divergences depuis plusieurs mois avec Félix Tshisekedi, nuance de son côté l’information.  “Je ne suis informé ni de loin, ni de près que l’UDPS a des contacts avec le pouvoir. C’est vous qui m’informez. C’est moi qui gère l’UDPS, je ne suis pas informé“, répond sèchement le jeune Secrétaire général du principal parti de l’opposition en RDC.

Cependant, ces contractions n’arrangent pas les choses au sein de son parti que Félix Tshisekedi devrait diriger à l’issue du Congrès programmé depuis plusieurs mois, mais qui n’arrive jamais.  Le fils de Tshisekedi justement, est également pris pour cible après avoir manqué la marche du 25 février dernier, affirmant être bloqué à Bruxelles “par ses médecins”.

Gaston Engbaka.