Nous sommes bien loin de la tension qui jonchait les rues en cette matinée du lundi 19 décembre 2016. Ce jour-là, des dizaines des Congolais s’étaient donnés rendez-vous dans les rues pour faire partir le président Joseph Kabila qui se maintenait au pouvoir malgré la fin institutionnelle de son deuxième et dernier mandat.

Dans les rues, à Kinshasa, à Lubumbashi, ou à Goma, ces manifestants rencontrent des forces de sécurité impitoyables, les réprimant dans le sang. La journée, appelant au renversement des institutions congolaises jugées illégitimes, se terminera sans un tel événement.  A la place, les discussions autour des évêques catholiques continueront, aboutissant au fameux accord de la Saint-Silvetre, qui finira par entériner la prolongation du mandat de Joseph Kabila.

Un an après, la situation est loin d’être meilleure. Ni l’accord, ni ses objectifs n’ont été respectés. Kabila est toujours aussi président que contesté, l’opposition entend toujours le faire partir par la force. La seule différence, c’est qu’il y a d’abord une date fatidique pour ces élections tant attendues, le 23 décembre 2018.

Là encore, le processus entamé par Corneille Nangaa, qui veut imposer une machine à voter redoublement crainte par l’opposition remet en cause un processus déjà peu crédible.  L’autre donne, c’est une opposition toujours en colère, mais qui peine de plus en plus à mobiliser ses militants qui doivent à présent faire face à une répression sanglante et sans pitié.

Le pays continue quant à lui sa chute vertigineuse, où la situation économique, déjà compliquée pour des millions de Congolais, s’empire au même rythme de cette crise politique sans fin. Une situation que seule Joseph Kabila aurait pu éviter, en acceptant de quitter le pouvoir de ma plus honorable des manières.

Gaston Engbaka.