Recrutement des M23: pourquoi c’est vraiment grave

21 novembre 2012, en cette matinée ensoleillée,  une foule immense afflue au stade des Volcans, sur invitation obligatoire des nouveaux maîtres de la ville: les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui  font leur entrée dans la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu. La ville martyre passera deux semaines sous le règne de ces nouveaux occupants, aux visages très rwandais.

Cette nouvelle rébellion, alors soutenue par le Rwanda, finira par quitter la ville pour se positionner à 20 kilomètres au nord, en emportant du matériel dans les administrations, mais aussi d’importants stocks d’armes et de munitions, pillant même la banque de la ville et plusieurs biens comme butin de guerre.

Elections reportée à cause du M23

A cette époque, Kinshasa croule sous les critiques. Le président Joseph Kabila, qui sera photographié riant aux côtés de Yoweri Museveni, président de l’Ouganda, et Paul Kagame du Rwanda, ne sera pas épargné. Beaucoup l’accusent alors de fabriquer une énième rébellion dans cette partie meurtrie du pays.

Cependant, Kinshasa proteste. Et se montre même particulièrement énervé contre cette énième rébellion. Le 3 novembre 2013, près d’un an après cette brève prise de Goma, la rébellion du M23 est vaincue par la coalition FARDC-Monusco-Brigade d’intervention Rapide, mise en place pas d’énormes efforts diplomatiques du président Joseph Kabila.

Plus personne en RDC ne saurait alors associer le Président à ce mouvement. Tant, deux ans plus tard, lorsque la crise constitutionnelle liée à la non organisation des élections pour le départ de Joseph Kabila se présente, Kinshasa utilise alors l’argument de cette rébellion pour justifier le rapport.

Et si la rébellion visait les élections depuis 2012?

EUTERS/James Akena (DEMOCRATIC REPUBLIC CONGO

En effet, en août 2016, à l’occasion d’une conférence organisée par l’institut Brookings à Washington, l’Ambassadeur de la RDC aux Etats-Unis François Nkuna Balumuene  affirme aux autorités américaines qui voudraient voir la RDC tenir ses échéances électorales dans les délais constitutionnels, soit au plus tard le 27 novembre pour la présidentielle, que les difficultés sécuritaires et économiques, en particulier la lutte contre une rébellion soutenue par le Rwanda, le M23, sont à la base du retard.

Plusieurs fois, les autorités congolaises brandiront ainsi le M23 comme raison principale du report des élections en RDC.  Ainsi, au moment où des révélations de connivence avec ce groupe armé font surface, et surtout dans le cadre de répression de manifestations politique appelant à la tenue des élections, ces corrélations pourraient bien montrer une planification beaucoup plus poussée et responsable de la crise politique et électorale que traverse le pays.

Note —
Le dossier sera publié progressivement tout le week-end 

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