Ne soyons pas ivres du pouvoir au point de faire courir le pays un gros risque d’instabilité, le peuple nous observe.” L’appel est de Joseph Olenghankoy, il a été publié le 19 octobre dernier sur compte twitter, accompagné d’une interview incendiaire à l’endroit de Bruno Tshibala, tout en marquant un changement radical de ton.

Pour la petite histoire, le président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) venait de faire face à une situation bien plus étrange. La nuit précédant sa sortie, sa résidence dans le quartier Binza, dans l’Ouest de Kinshasa, a été visitée par des hommes armés. Les assaillants ont tiré deux balles sur le portail. Le président du CNSA n’était néanmoins pas sur place. « Les hommes étaient encagoulés, explique-t-il à Jeune Afrique. Ils ont tiré sur le portail pour essayer de le forcer. Cela a duré jusque 3h45 du matin ».

La colère qui éclatera découle en réalité d’un mécontentement de longue date. A la tripartite entre le gouvernement, la CENI et le CNSA, quelques jours avant ces incidents, des dissensions ont éclaté entre lui et son partenaire, le Premier ministre Bruno Tshibala.

Dans une interview à Jeune Afrique, Olenghankoy reproche à Tshibala notamment d’avoir présidé la réunion tripartite, à laquelle il aurait dû se présenter en simple participant. « Je suis déçu. Le Premier ministre est en train d’être manipulé. Il ne comprend pas les risques qu’il fait courir au pays », commente-t-il.

Pour manifester sa désapprobation, le président du Rassemblement/Kasa-vubu refuse alors de signer le communiqué final de cette tripartite. « Je l’ai paraphé, mais je ne l’ai pas signé », dit-il à Jeune Afrique. S’en suivra une longe série de déclarations qui laissent paraître un vrai changement de position.

C’est propre aux soit disant opposants, il [Olenghankoy] veut échanger sa signature contre un paiement. Il croyait qu’etre désigné à la tête du CSNA ferait de lui un homme riche“, lance un cadre de la Majorité Présidentielle, tout en accusant Joseph Olenghankoy de “chantage”.

Toutefois, la situation n’aura pas duré longtemps. L’homme est vu aux côtés du même Tshibala au Palais du peuple où ils seront reçus le 28 octobre par le président de l’Assemblée nationale pour discuter des résultats de ladite tripartite.

Un retour dans les rangs couronné par ses facilitations à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), après la publication contestée du calendrier des élections, sachant qu’il n’a toujours pas officiellement signé le compte rendu des travaux de la tripartite sur lesquels ce calendrier publié dimanche devrait se baser.