Attaques de prisons: des motions pour la forme?

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Vice-premiser ministre congolais de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary a rejoint ce matin le ministre de la justice et garde des sceaux, Alexis Thambwe Mwamba dans le duo des ministres visés par une motion de défiance à l’Assemblée nationale. Selon les initiateurs de cette sentence à venir, il leur est reproché d’être responsables de la vague des évasions massives des prisons congolaises.

En effet, la série des évasions a continué en RDC, après celles de Makala, Kasangulu, Kalemie, ou encore Muanda. Le week-end dernier, une attaque simultanée a eu lieu au Parquet de Matete et de l’Etat-major du Commissariat Urbain du Mont-amba, en pleine capitale. 930 personnes ont également réussir à s’évader après l’attaque de la prison centrale de Beni, dans l’Est du pays.

Des événements qui ont suffi pour fragiliser la position du ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, déjà sous le feu des critiques depuis le 17 mai dernier.  « Comment le gouvernement est-il incapable, à travers ses services, d’assurer la sécurité de nos pénitiers? C’est anormal qu’après ce qui s’est passé à Makala et ailleurs, qu’on n’ait pas pris les mesures essentielles pour que cela ne se répète pas« , s’est indigné le député national Grégoire Kiro sur les ondes de Top Congo FM.

Son confrère de l’Intérieur, responsable des forces sécuritaires, est tout autant visé comme responsable. Dans sa motion, le député de l’opposition Fabien Mutomb accuse pas moins le ministre Emmanuel Ramazani d’être à la base de l’insécurité dans notre pays, citant notamment ce qu’il qualifie de mauvaise gestion du conflit Kamwina Nsapu.

Néanmoins, les deux ministres sont des cadres de Majorité Présidentielle, qui détient outre la majorité parlementaire, les clés du pouvoir en République démocratique du Congo. De plus, M. Ramazani a été ajouté à la liste des sanctions de l’Union Européenne contre les autorités congolaises; ce qui rend sa destitution, comme celle du ministre Alexis Thambwe, une des pièces majeures du pouvoir, peu plausibles.

Par ailleurs,  les prisons congolaises, outre le fait d’être considérées comme des « mouroirs », sont aussi mal gardées. Des évasions ont souvent été signalées dans les provinces et même dans cette prison de Makala, en pleine capitale.   En juin 2015, un rapport très accablant sur le système carcéral congolais a été publié par une l’ONG Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP). « Les prisons du pays sont de véritables mouroirs », affirmait la Fondation Bill Clinton pour la paix.

Quelques jours avant la publication de ce rapport, une évasion massive de trois cents et un prisonniers a eu lieu à la prison centrale de Bukavu (Sud-Kivu). Quatre autres personnes ont été grièvement blessées. Six armes AK47 ont été emportées par les fugitifs.

Des situations qui prouvent à elles seules la responsabilité collective du pouvoir, qui n’a jamais pris de sanctions et mesures pour remédier à ces problèmes. La situation sécuritaire dégradante au pays s’ajoute ainsi à cette longue lignée d’impuissance du gouvernement, plus concentré à conserver le pouvoir.