Choix du Premier ministre: la Majorité Présidentielle entre contradiction et stratégie

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De gauche à droite, l'Abbé Donatien Shole et l'ancien ministre de Justice, Alexis Thambwe qui signe l'accord de la CENCO.

 

Débutées depuis le 02 janvier, les discussions autour de l’arrangement particulier se poursuivent à Kinshasa,  alors que plusieurs points de divergences entre les opposants, principalement du Rassemblement, et la Majorité présidentielle persistent. Parmi les points qui fâchent, il y a la composition du gouvernement et désignation du prochain Premier ministre. Et c’est là que la position de la famille politique du président Joseph Kabila devient intéressante.

Officiellement, aucune divergence n’est à observer concernant le choix du prochain Premier ministre. Au micro de POLITICO.CD hier, Lambert Mende, ministre des médias et cadre de la MP a néanmoins réaffirmé la position de la coalition des partis au pouvoir. Pour lui, les opposants « ne nomment pas le Premier ministre« , citant la Constitution. Pour le Porte-parole du gouvernement, la désignation du Premier ministre revient au président Joseph Kabila, sur « proposition » du Rassemblement, démentant l’information selon laquelle la Majorité exige une liste de sept personnes au Rassemblement.

Intervenant sur Jeune Afrique le mardi, André-Alain Atundu, Porte-parole MP a pourtant laissé entendre que la Majorité exigeait une liste de candidats des opposants, affirmant que le président Kabila ne « peut pas travailler avec une personnalité incompatible ! »

« La rationalité constitutionnelle procède du droit de veto reconnu au chef de l’État : cela implique que ce dernier a le droit de choisir qui il veut», explique l’Ambassadeur Alain-André Atundu. « On ne peut pas chercher à imposer un choix au chef de l’État. C’est pourquoi nous leur demandons de proposer deux, trois ou quatre noms », dit-il, dans un article publié sur le site internet du magazine panafricain.  « Même au sein de la MP, nous proposons toujours au chef de l’État deux ou trois noms pour chaque poste ministériel à pourvoir», insiste-t-il.

Faire traîner volontairement les choses en longueur

 

cenco-sholeToutefois, l’accord du 31 décembre reste dépourvu de spécificité à l’égard de ce sujet. Selon le document signé tard dans la nuit du 31 décembre sous l’égide de la CENCO, c’est au Rassemblement de proposer un Premier ministre, qui sera nommé par le président Joseph Kabila. Même principe que la Constitution, sauf que selon cette dernière, le Premier ministre doit passer par le processus légal de confirmation au niveau de l’Assemblée nationale où entre en jeu la donne de la majorité parlementaire.

Ainsi, cette désignation du Premier ministre issue de l’accord du 31 décembre diffère avec celle de la Constitution. Une thèse soutenue par les opposants congolais, qui n’hésitent pas à faire remarquer que même le président Joseph Kabila est hors mandat, et donc la Constitution ne s’applique plus. Dans une tribune envoyée à POLITICO.CD hier, l’opposant Jean-Claude Vuemba a par ailleurs fustigé les « manœuvres dilatoires » de la majorité, lui demandant d’appliquer « proprement l’accord« .

Par ailleurs, depuis le début de ces discussions, la position du Pouvoir a toujours été dans le sens de traîner les choses en longueur, comme l’a fait remarquer Litsani Choukran, le Rédacteur en Chef de POLITICO.CD dans un éditorial publié le 08 janvier dernier. « Les accords du 31 décembre prévoient clairement aucune issue pour le président Joseph Kabila Kabange de rester au pouvoir à l’horizon 2018. Néanmoins ceux-ci ont un sérieux talon d’Achille qui est l’organisation des élections en temps record, c’est-à-dire en décembre 2017. Nous voilà déjà à onze mois de l’échéance et les accords ne sont même pas encore mis en place. Samy Badibanga et ses acolytes pourraient donc bien gratter un ou deux mois de plus, compliquant ainsi la réussite de cette transition qui en plus pourrait être confiée aux deux Tshisekedi », a-t-il expliqué.

En effet, outre les réticences du MLC, qui a finalement fini par signer, le camp de l’actuel Premier ministre congolais refuse toujours d’adhérer à cet accord, ce qui annonce un blocage futur dans l’application de celui-ci. Au regard de cette tournure, rien n’est sûr qu’un accord puisse être trouvé d’ici le 21 janvier, comme l’a exigé le prélat catholique, qui, visiblement, s’offusque de la tournure des événements. Néanmoins l’opposition se veut rassurante quant à l’issue des négociations.

Pour Olivier Kamitatu, qui dit comprendre « l’impatience » de la population, il s’agit avant tout de trouver « le meilleur accord » possible qui soit inclusif. « Je sais qu’il y a une très grande impatience, chaque jour qui passe on a l’impression que l’accord est en train de s’amenuiser (…) je voudrais d’abord rassurer tout le monde, nous continuons à travailler, nous devons trouver une solution pour samedi, nous nous sommes fixés de nous retrouver samedi, après une deuxième série de contacts qui auront lieu entre les différentes parties prenantes pour essayer de trouver un accord qui soit le plus inclusif, le plus équilibré et le plus et le plus consensuel« , explique l’ancien ministre du Plan.

Des contacts informels sont annoncés par l’ancien président de l’Assemblée nationale pour aboutir à un accord ce week-end. Wait and see.

18 Commentaires

  1. Chers compatriotes,est ce que réellement ,nous avons l’amour de ce pays? Pourquoi tant des tracas entre vous? Nous sommes tous Congolais et travaillons pouraider ce pays.
    Theophile

  2. Certes qu’en acceptant le dialogue de la CENCO, la vraie opposition politique ( Rassemblement) a usé de la sagesse pour éviter que Joseph Kabila et ses acolytes laissent encore couler le sang des congolais. Si non Joseph Kabila est fin mandat et ne doit pas se permettre de poser de préalables comme s’il détenait une bonne solution pour l’avenir de la RDC! Si la MP n’arrête pas sa mauvaise foi, le peuple congolais doit reprendre sa destinée en main en chassant ce régime politique de la honte de la tête du pays. Jamais dans l’histoire un dictateur, un tyran, un chef d’Etat assassin… n’a eu à négocier la paix, l’abandon ou le partage du pouvoir par la voie pacifique. C’est quand le tyran a pris les coups et se retrouve acculé et fragilisé qu’il consent de négocier son départ. Le dilatoire de la MP n’a pour rôle que de tenter de débaucher des membres influents du Rassemblement à coup de dollars et menaces.

  3. MP = manoeuvre pinaillée… décembre 2017 c’est pas très loin… nous serons à la case départ avec des risques d’instabilité très grave : tous ces aventuriers comme Mende, Atundu, Badibanga…. qui se battent comme des diablotins pour préserver la mangeoire en Kabilie seront tous emportés par l’ouragan et la colère du peuple congolais YEBELA YEBELA YEBELA

  4. Il y’ a en RDC beaucoup des hommes politiques de fait qui ne mérite pas de vivre parce qu’ils ne vivent pas pour servir, donc, ils ne servent pas aussi pour vivre. Ce sont des hommes méchants et avides, égoïstes et avares comme le cercle restreint de Joseph Kabila qui n’est qu’une race des vipères, une bande des canailles.

  5. « Une thèse soutenue par les opposants congolais, qui n’hésitent pas à faire remarquer que même le président Joseph Kabila est hors mandat, et donc la Constitution ne s’applique plus », Et que dire de mon peuple amener par les opposants à la boucherie kabiliste pour un soit disant respect de la Constitution?

  6. Il pense que comme le 19 decembre est passé le peuple ne peut plus rien faire. cette fois ci pas question de marche mais l’operation TOYEBI NDAKU

  7. Puisque il y a trop de dossiers flou à la primature qui vont être mis en lumière.et aussi Félix avec l’aide de la communauté internationale va respectet le calendrier electorale.voilà les raisons clés.

    • La Rdc n’à pas l’argent pour organiser les élections ds une année.les financiers sur le plan international ne peuvent donner l »argent que s’il y a un gérant confiant.et la famille tshisekedi répond à cette exigences.voilà la jalousie de Kabila et Mp.

  8. Il ne faut pas chercher trop loin pour comprendre les choses. Le camp de Kabila a simplement peur des élections, car il va les perdre à tous les niveaux si elles se passent dans la transparence. Le seul espoir des kabilistes c’est de tricher en retardant le plus possible l’enrôlement dans les zones favorables au Rassemblement. La tricherie a déjà commencé par les perturbations et le monnayage d’enrôlement .

  9. Dommage pour nos pères Evêques qui croyaient que des politiciens sont des servants qui font la volonté de leur curé.
    A vouloir insister accompagner ces politiciens qui ne voient que leurs propres intérêts,chers pères Evêques,vous risqueraient y laisser vos plumes.
    Le Nonce apostolique disait: »même la Bible dit,si les gens ne vous écoutent,secouer les sandales et partez ailleurs ». Si les politiques ne veulent pas trouver la solution aux problèmes du peuple, renvoyer la balle à la population pour qu’elle en finisse avec cette bande des voleurs qui ne noient que leurs propres biens.

    • Je pense que c’est ça la bonne solution! Les faucons de la kabilie pense vraiment qu’ils ont en face d’eux un peuple amorphe, qu’ils soient préparé d’être étonné de ce que ventre affamé sera en mesure de produire. Qu’ils se rassasie du lait et du miel qu’ils vont recracher quand on atteindra le point de non-retour!

      • Il n y a pas deux solutions. Faut meme pas attendre la fameuse date du decembre 2017 car aucune volonte de la part de ces voleurs politichiens. L’idee est d’attendre un certain dimanche apres culte nous tous femmes, enfants, hommes en route pour le cher art.64 et cela dans toute etendu de la Republique. Chers Eveques, vous avez encore de solution, ne vous en faites pas!

  10. EN PRINCIPE LE PRESIDENT ASSURE LES AFFAIRES COURRANTES en attente de l’installation d’un nouveau president élu …

    Je ne sais pas s’il doit jouir de tout le pouvoir (mandant ) lui reconnu par la constitution …
    Que les jusristes nous eclaircissent . Merci

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