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Pourquoi Joseph Kabila ne partira pas après le 19 décembre!

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Kiro Tshongo Grégoire est député national et secrétaire général du parti politique de l’opposition Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Mouvement de Libération. Pour lui, après la clôture du dialogue politique en République Démocratique du Congo, il est clair que les ambitions du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir sont de plus en plus évidentes.

« Une petite frange de l’opposition qui a pris part à ce dialogue non inclusif n’a pas réussi à obtenir des garanties de la part de Kabila qu’il ne se représentera pas. L’accord final du dialogue ne fait pas mention d’un engagement pris par l’actuel président à ne pas modifier la constitution durant les deux années de transition qu’il vient de décrocher par force » a indiqué à Policto.cd ce parlementaire, qui craint un cycle de violence qui suivra ce coup de force du parti au pouvoir à Kinshasa vues les faibles réalisations sur le plan social et sécuritaire dans l’est du pays.

« Le maintien de ce régime qui n’a pas su résoudre les problèmes élémentaires du peuple alors qu’il vient de passer plus de quinze ans aux affaires, sera perçu comme un prolongement des souffrances pour le peuple qui sera obligé de se soulever » déclare-t-il en soulignant que « le manque d’un compromis global dans les accords issus du dialogue sera un autre élément clé qui boostera la contestation.

La majeure partie de l’opposition Congolaise; l’Eglise Catholique [grande confession religieuse du pays]; la société civile et la diaspora Congolaise ont déclaré ne pas reconnaître les conclusions du dialogue et continuent à appeler au vrai dialogue inclusif. Ce qui sent déjà le début d’une forte mobilisation pour chasser par force le président Kabila ».  » Ces éléments seront également accompagné par une grande répression dont l’on reconnaît le pouvoir de Kabila.

Nous allons nous mobiliser et nous sommes certains que la communauté internationale ne laissera pas Joseph Kabila tuer ces millions de femmes, hommes et enfants qui seront en train de réclamer l’alternance conformément aux prescrits de la constitution Congolaise » a-t-il insisté avant de conclure qu’il est difficile que Joseph Kabila respecte l’accord du dialogue politique qu’il prétend faire prévaloir comme solution à l’actuelle crise. « Quelqu’un qui n’arrive pas à respecter la constitution, comment arrivera-t-il à respecter un accord, qui ne reflète même pas l’expression du peuple? Un pouvoir qui n’a pas su organisé les élections en cinq ans avec un budget moyen, comment pourra-t-il le faire en deux ans avec un budget réduit de 15%? Le peuple Congolais n’est plus dupé ».

Dans un entretien exclusif accordé au dpa, Kambale Musavuli, consultant politique indépendant et directeur de l’organisation Friends of Congo, basée aux États-Unis et intervenant dans le mentoring des organisations locales pour la démocratie, la bonne gouvernance et la défense de droits humains, l’acharnement de Joseph Kabila et d’autres dirigeants Africains au pouvoir se résume en quelques points suivants:

  1. Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 alors qu’il a que 29 ans. Après avoir succédé à son père, assassiné, il est élu en 2006 puis réélu en 2011. Actuellement il se trouve encore trop jeune et a certainement pris l’habitude d’être au pouvoir et très probablement veut continuer à bénéficier du privilège du pouvoir.
  2. Les personnes clés autour de Joseph Kabila veulent qu’il reste au pouvoir parce qu’il est leur source de richesse.
  3. Jerry Rawlings a dit une fois que les leaders en Occident ont plusieurs options une fois qu’ils quittent le pouvoir, mais pour les dirigeants Africains, c’est la fête ou la famine. Joseph Kabila ne voit peut être pas d’autres options viables après avoir quitté le pouvoir.
  4. Joseph Kabila peut à juste titre être inquiet pour son bien-être compte tenu de son régime répressif. C’est en partie pour cette raison que certains dans l’opposition [notamment son ancien proche, Moïse Katumbi, récemment  passé à l’opposition] ont déclaré qu’ils assureraient sa sécurité s’il se retire du  pacifiquement du pouvoir à la fin de son mandat.
  5. Joseph Kabila a commis des crimes graves, peut-être même des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il perdrait son immunité au moment où il quitte ses fonctions en tant que président, même si, selon la constitution congolaise, il deviendrait automatiquement sénateur à vie. Ceci ne le protégerait pas contre le droit international.
  6. Tout ce qu’il a à faire est de regarder dans la region vers Dos Santos en Angola, Sassou Nguesso en République du Congo, Nkurunziza au Burundi, Kagame au Rwanda et Museveni en Ouganda. Tous ces chefs d’Etat ont soit été au pouvoir pendant des décennies ou ont manipulées leurs constitutions pour rester au-delà de leurs limites à long terme. Joseph Kabila voit que ceux-ci ont été en mesure de s’en tirer dans un certain nombre de cas, sans protestations des Occidentaux. Et certains de ces dirigeants sont les principaux alliés de l’Occident, de sorte qu’ils pensent que si eux ont réussi à se maintenir, pourquoi pas lui? Tout ce qu’il doit faire est de démontrer qu’il peut imposer sa volonté à la population, les contrôler et maintenir l’ordre… puis la soi-disant communauté internationale se tiendra près de lui.

Quant au bilan réalisé par Joseph Kabila,  Kambale Musavuli le juge peu positif car ne s’étant pas rallié aux objectifs globaux de l’humanité qui prône les droits humains, le bien-être socioéconomique,… « Si vous suivez de près les actions de Joseph Kabila, vous verrez qu’il a peu ou même pas de considération pour les Congolais, surtout dans la partie occidentale du pays. Je dirai même qu’il a un mépris bordant la haine pour le peuple congolais. Il pense qu’il peut faire comme il veut et évidemment il souhaite rester au pouvoir, donc il va essayer de s’imposer. S’il ne le sait pas encore, il devrait être tout à fait conscient que les congolais auront le dernier mot et n’accepteront pas une autre dictature, après l’effondrement qu’à traîné les 32 ans de règne sans partage du préside Mobutu Sese Seko dans cette nation potentiellement riche, mais avec une population très pauvre ».

En ce qui concerne les points positifs au sujet du reigne de Kabila,  Kambale Musavuli souligne un seul point marquant. «  Le positif du règne de Kabila qui a marqué plusieurs dirigeants de ce monde et que je peux citer est le fait qu’il est entré dans un processus de dialogue et a ouvert l’espace politique pendant la transition politique de 2002-2003. Son père avait refusé de le faire, mais lui, il l’a fait. En dehors de cela, il est difficile pour moi d’identifier d’autres points positifs » nuance-t-il avant de revenir sur les syndromes de répression qui ont caractérisé le règne de Joseph Kabila et qui pousseront les Congolais à miser tout, même leurs vies pour le faire partir.

Fiston Mahamba de  et Tarvain Sinnika

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