RDC : Le CLC alerte sur une « crise persistante qui risque de conduire le pays vers le chaos »

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De l’insécurité dans l’est, le phénomène kidnapping et bien évidemment à l’assassinat de Chérubin Okende, le Comité laïc de coordination (CLC) a alerté, en dépit de ses nombreuses recommandations, sur une crise persistante et croissante handicapant la vie commune des congolais sur le plan national, au risque de conduire inexorablement vers le chaos.

Le comité a constaté que la crise sécuritaire, à partir de l’Est du pays, dont principalement l’activisme des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda dans le Nord-Kivu, est en passe d’envahir l’ensemble du pays, faisant allusion notamment au phénomène de kidnapping qui a secoué Kinshasa il y a quelques semaines, amenant la population urbaine à vivre sous la peur des enlèvements et des vols d’enfants.

Meurtre de Okende, cause du climat politique délétère

Vendredi 13 juillet, le député national, ex ministre des transports et porte-parole d’Ensemble pour la République, parti de l’opposant Moïse Katumbi, a été retrouvé mort-assassiné dans sa jeep, sur l’avenue Poids Lourds à Kinshasa. Le CLC estime que le meurtre de ce grand homme politique vient confirmer, de manière dramatique, que personne n’est à l’abri des effets du banditisme, des règlements de compte ou des jugements populaires expéditifs. Même les prélats font l’objet d’insultes les plus inqualifiables et les plus inadmissibles.

Cette structure des laïcs congolais attend impatiemment le résultat de l’enquête en cours pour que les auteurs de ce crime odieux soient identifiés et que des peines exemplaires leur soient infligées. Mais elle reconnaît que l’assassinat de cette personnalité politique est « la conséquence du climat politique délétère qui empoisonne la vie nationale ».

« Cette mort brutale se doit d’être le symbole de notre mauvaise conscience d’avoir été trop loin dans nos oppositions. Il est donc un appel pressant à quitter ce climat excessif d’intolérance politique », lit-on dans la note d’appel que le CLC a adressée à la communauté tant nationale qu’internationale, dont une copie est parvenue à POLITICO.CD.

Unis par le sort, unis dans l’effort

« Debout Congolais, unis par le sort, unis dans l’effort pour l’indépendance », c’est ainsi qu’est préfacé l’hymne national congolais : « Le Debout Congolais ». Ainsi, le CLC pense que puisque le moment est critique, il est également temps, et appelle, à cet effet, la communauté nationale à se rappeler ses premiers puissants vers interpellatifs et de les mettre en pratique. Une approche que le comité adjoint l’exhortation du pape François, lors de sa visite dans en RDC : « Courage, frère et sœur congolais, relève-toi ! Reprend dans tes mains, comme un diamant très mur, ce que tu es : ta dignité, ta vocation à garder en harmonie et en paix la maison que tu habites ! ».

« L’heure est donc à la remise en cause, à l’apaisement, et au retour à l’hymne sacré de notresolidarité », a écrit le CLC. « Oui, enchaîne-t-il, l’heure est réellement au rassemblement de la nation autour de la mémoire de l’honorable Chérubin Okende, victime expiatoire des machinations politiciennes, et des violences physiques et verbales qui peuplent notre quotidien ».

Le dialogue

Par ailleurs, le CLC considère, dans cette optique, qu’il n’y pas d’autre voie de sortie de crise que le dialogue. Par conséquent, il appelle le Président de la République ainsi que les principaux leaders politiques et sociaux du pays à se mettre autour d’une table pour identifier les réponses les plus adéquates et les plus urgentes aux multiples équations du moment.

« Car, argumente-t-il, une nation profondément divisée à l’interne, comme la RDC en cette période-ci, ne peut prétendre à la victoire contre l’ennemi tant extérieur qu’intérieur ».

Odon Bakumba