Goma: IPAS offre les services de Santé sexuelle et reproductive aux déplacées de Bulengo

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La campagne d’offre de santé sexuelle de la reproduction y compris l’avortement sécurisé aux déplacés de Bulengo situé dans le quartier Lac Vert, aire de Santé de Buhimba, à l’ouest de la ville de Goma a été clôturée ce jeudi 11 mai.

A l’occasion, l’ONG IPAS a doté les femmes déplacées des kits de dignité composés des seaux, bandes hygiéniques réutilisables, savons de lessive et de toilette, pagnes, des sous-vêtements entre autres.

« Nous avons commencé avec les activités de communication sur la disponibilité des services de planification familiale, sur la prevention des VBG, les Infections Sexuellement Transmissibles et les indications pour obtenir un avortement sécurisé en RDC. Nous avons été satisfait de la communication effectuée par les agents de santé communautaire qui travaillent dans le camp. Quand il y a un déplacement massif de la population, ces derniers se déplacent avec une panoplie des besoins et il y a un besoin des soins surtout en santé de la reproduction qui était présent. Nous appelons les déplacés à se confier à la zone de santé et aux autres partenaires pour une prise en charge rapide et à temps », a indiqué le docteur Jeannine Mahagi, médecin chef de zone de santé de Goma.

Vumilia Faida, déplacée et mère de deux enfant venues de Mweso en territoire de Masisi dit que la campagne a rencontré ses préoccupations et répond à certains de ses besoins.

« On m’a donné un pagne, un seau, des cotex et des sous-vêtements pour mes bains intimes. Cela va m’aider à éviter les infections. Je remercie également Ipas, Ils nous ont aussi aidé à comprendre le planning familial afin de savoir quand et avec qu‘il faut être grosse et obtenir le cas échéant, un avortement en toute sécurité », a-t-elle indiqué à POLITICO.CD.

« Ce n’est pas mon mari qui m’a rendu grosse. Déjà en quittant Mweso, je m’étais perdu avec mon mari en arrivant à Kilolirwe, j’ai été violée et j’en suis tombée grosse », poursuit-elle.

La campagne qui a duré un mois, a été aussi une occasion pour créer un espace de dialogue dans le couple et discuter du devenir du couple. Les femmes ont fait valoir leurs droits sexuels, leurs besoins les plus urgents ont trouvé des réponses surtout pour les avortements sécurisés conformément aux prescrits du protocole de Maputo.

« Des femmes ont eu des discussions avec leurs maris sur leurs grossesses. Ipas mon organisation se réjouit d’avoir accordé ces soins conformément aux lois de notre Pays quoi que beaucoup reste à faire pour améliorer les droits sexuels des femmes.
Avorter est une option et toutes ces femmes sont reparties avec des contraceptifs question de prévenir des grossesses ultérieures », a dit le docteur Célestin IYANGO, point focal Zone Est de l’ONG IPAS.

Pour le Programme national de la santé de la reproduction, la campagne visait la santé sexuelle et reproductive en mettant un accent sur le protocole de Maputo qui a pour objectif de « promouvoir les avortements sécurisés en faveur des femmes déplacées victimes des violences sexuelles.

« Nous avons donc profité pour vulgariser ce protocole de Maputo parce que les bénéficiaires directs sont ces femmes qui sont dans les coins les plus reculés qui font face à des violences sexuelles, à une vulnérabilité très avancée pour que ces femmes aient accès à des avortements sécurisés prescrits dans le protocole de Maputo », a indiqué le Docteur John.

Dans la clinique mobile installée dans le camp des déplacés de Bulengo, cette structure affirme avoir offert les soins de santé de la reproduction à 2377 personnes dont 1786 pour les infections uro-génitales, 213 pour les avortements sécurisés et 360 pour les personnes prises en charge holistique.

En 2018, la République démocratique du Congo a publié le Protocole de Maputo dans son Journal officiel, faisant ainsi prévaloir le traité sur les lois nationales. Cette action s’est inscrite dans la lignée d’autres étapes, comme la publication d’une circulaire garantissant l’accès aux soins liés à l’avortement, conformément aux indications du Protocole, et l’adhésion du ministère de la Santé publique en 2020, aux normes et directives évolutives relatives à l’application des lignes directrices du Protocole.

Merveilles Kiro