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Manifestations anti-Monusco : Francine Muyumba appelle le gouvernement à enquêter sur le décès des congolais

Après des condamnations des violences contre les sites et le personnel de la MONUSCO et les appels au calme lancés par la communauté internationale, la Sénatrice Francine Muyumba a, contrairement à la demande de l’Union Africaine et de l’ONU, demandé au gouvernement congolais de mener les mêmes enquêtes sur les circonstances qui ont prévalu au décès d’une dizaine des manifestants congolais et de traduire les auteurs en justice car, indique-t-elle, la vie humaine étant sacrée.

Francine Muyumba rappelle que la manifestation pacifique est un droit constitutionnel reconnu à tout citoyen congolais sur toute l’étendue de la République. Néanmoins, rétorque-t-elle, « aucun acte de violence ni de vandalisme ne peut être justifié ».

D’emblée, elle condamne les actes de violence perpétrés ces trois derniers jours lors des manifestations à Goma, Butembo et Uvira. Aussi, dit-elle, la manifestation est l’expression de la colère des kivusiens contre la mission onusienne qui a prouvé ses limites dans sa mission de sécuriser les populations et de stabiliser les zones en proie aux rébellions internationales.

Pour cette sénatrice, après 22 ans de présence en RDC, il est important d’évaluer l’apport de la force onusienne dont les missions ont plusieurs fois été renforcées mais sans jamais obtenir des résultats significatifs.

« Elle avait été sollicitée pour aider la RDC à sécuriser et stabiliser le pays. Dès lors qu’elle ne remplit pas sa mission telle qu’attendue, il y a de quoi s’interroger sur le bien-fondé de sa présence en RDC. En effet, comment expliquer que des organisations des droits humains, loin du front, ont pu se rendre compte de l’implication des Etats voisins en soutien au M23 comme l’ont attesté les FARDC et même certains partenaires mais que la MONUSCO se soit contentée de tenir un discours ambigu qui lui aura finalement desservi dans l’opinion nationale et aura contribué à exacerber la méfiance de la population congolaise vis-à-vis d’elle? Celle-ci a fini par considérer la MONUSCO comme un contributeur de l’enlisement de la situation à l’Est de la République. Pour une population longtemps meurtrie, violée, violentée, déplacée, tuée et pour laquelle chaque jour qu’elle vit, pourrait être le dernier, il faut de l’égard lorsqu’on communique à son sujet», a laissé entendre la Sénatrice Francine Muyumba.

Dans sa déclaration rendue publique ce vendredi 29 juillet 2022, Francine Muyumba invite le gouvernement à accélérer le processus progressif de retrait de la mission onusienne et de manière prévisionnelle.

Dans cette même veine, elle suggère au gouvernement de mettre en place des mesures d’accompagnement de ce processus qui, selon elle, doit se dérouler dans le cadre formel établi, de manière sereine, apaisée et réfléchie, sans pour autant laisser un vide qui puisse servir aux ennemis qui « ne jurent que par l’instabilité et la terreur » dans la partie orientale du pays.

Christian Okende

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