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Mise en vente de 30 blocs pétroliers et gaziers : le ministre des Hydrocarbures appelé à s’expliquer

Le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu est appelé s’expliquer au sujet de la mise en vente aux enchères de 30 blocs pétroliers et gaziers de la République Démocratique du Congo.

Le député national Célestin Engelemba Bokuwe qui salue la volonté du gouvernement qui tient à l’accroissement des recettes publiques, appelle le ministre des Hydrocarbures à apporter la lumière sur cette question qui, selon lui, pourrait mettre en mal les intérêts des congolais comme c’est le cas avec le secteur minier.

Dans une question écrite, l’élu de la circonscription électorale de Monkoto (Tshuapa) souhaite qu’il soit connu de la population quelques contours de cette décision notamment :

  • Selon la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, les projets gagnant- gagnant sont privilégiés et donnent les avantages multiples, car la gestion serait commune, les deux partenaires se contrôlent, en plus on peut créer plusieurs emplois pour les nationaux. Alors pourquoi voulez-vous laisser à la merci des autres nos carrés pétroliers et quels sont les mécanismes de contrôle de l’exploitation durable aux gens que vous n’allez pas contrôler ?
  • Avant de conclure cette démarche, vous avez tous les éléments d’expertise sur le sous-sol de ces carrés en démontrant clairement qu’on ne trouve pas d’autres ressources telles que les produits miniers qu’on peut exploiter sans que le gouvernement congolais soit au courant ?
  • En vendant ces carrés pétroliers en blocs, ça ne serait pas une façon d’hypothéquer notre avenir où tout va appartenir aux étrangers ?
  • Sans être contre l’exploitation du pétrole, car ça nous donnera des moyens pour faire face au développement du pays, mais pourquoi ne pas chercher des pays ou entreprises qu’on peut travailler en partenariat gagnant-gagnant ?
  • Pourquoi ne pas prendre 2 à 5 carrés pétroliers pilotes ou la partie congolaise travaille avec des experts étrangers en la matière et qu’après quelques années de collaboration technique, la RDC va assumer sa production à l’interne ?

L’objectif de cette démarche parlementaire est de s’assurer d’un aboutissement heureux de la démarche et que cette décision ne va pas porter préjudice contre la population.

« Durant plusieurs années, la RDC a vendu les carrés miniers aux sociétés étrangères, il y a eu comme résultat la marginalisation de la société nationale « Gécamines » qui n’a pas pu se développer comme par le passé, pourtant à ce jour, il y a une augmentation de la production du cuivre et du cobalt qui, parfois, cette exploitation minière, en termes de développement général, ne représente pas grand chose. En plus, le pays est confronté à plusieurs problèmes dont le taux élevé de chômage, le problème d’infrastructures de base, les routes, bâtiments d’enseignement général, les hôpitaux, le pouvoir d’achat faible du Congolais », a-t-il déclaré dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux après le dépôt de sa question au bureau de l’Assemblée nationale.

Aussi a-t-il souligné, la démarche du gouvernement paraît à ses yeux comme une manne au profit des multinationales. Face à cette situation, il dit attendre des éclaircissements sur des préoccupations.

Eu égard aux conséquences catastrophiques sur les communautés, la biodiversité et le climat mondial, Greenpeace Afrique a appelé le gouvernement congolais qui décidément s’obstine au forage du pétrole à révoquer ce plan controversé.

À noter que les appels d’offres pour l’attribution des droits sur ces blocs seront lancés le 28 juillet, a annoncé lundi le ministre congolais des Hydrocarbures, Didier Budimbu.

Les blocs pétroliers concernés sont repartis dans plusieurs régions du pays : trois dans le bassin côtier, neuf dans la Cuvette centrale, onze dans le Graben du Tanganyika et quatre dans le Graben Albertine. Les trois blocs gaziers sont situés dans le lac Kivu.

Dans une déclaration commune à l’issue d’une réunion, les ministres Ève Bazaïba de l’Environnement et Didier Budimbu des Hydrocarbures ont affirmé que les blocs pétroliers concernés par cette mise en vente étaient situés hors des zones protégées.

« Les cartes officielles montrent que neuf d’entre eux » sont situés dans des zones protégées, a réagi Greenpeace, indiquant que « le nombre actualisé de blocs chevauchant des zones protégées pourrait s’élever à 12 ».

Dominique Malala

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