PUBLICITÉ

RDC : le Collectif « Free François Beya » accuse le CNS et l’ANR de mettre la pression sur les juges pour orienter l’instruction à leur convenance

Le Collectif Free François Beya dit avoir suivi avec « profonde désolation » le déroulement de l’audience du mardi 12 juillet qui oppose le Ministère public à François Beya et ses co-prévenus, accusés de « complot contre la personne du Chef de l’État, d’injures et d’incitation de plusieurs militaires à l’indiscipline ».

Devant le retrait du collectif d’avocats de la défense, le collectif Free François Beya dénonce l’ingérence « manifeste » du Conseil National de Sécurité (CNS) et de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) ainsi que des pressions que leurs administrateurs respectifs imposent aux magistrats et au Ministère public en vue d’orienter l’instruction judiciaire du dossier à leur convenance.

« Cette dérive autocratique est autant plus incompréhensible sous un régime qui prétend pourtant avoir engagé la RDC sur la voie de l’État de droit, se retrouve actuellement aux antipodes du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs », a-t-il déploré.

Dans une déclaration faite ce mercredi 13 juillet, le collectif estime que la récusation des juges de la Haute Cour militaire est justifiée au vu de l’absence de son « impartialité » et du préjudice que cela porte à François Beya et Guy Vanda qui, selon eux, sont privés de soins médicaux adéquats malgré de multiples demandes de liberté provisoire.

D’après ce collectif, le déroulement du procès Beya pousse toute personne éprise de justice à s’interroger sérieusement tant sur l’indépendance de la justice que sur l’effectivité de l’État de droit, « pour lequel, de nombreux compatriotes se sont battus jusqu’à payer de leur vie, il y a à peine quelques années ».

Pour ce collectif, tout le long du procès Beya et ses co-accusés, l’on assiste à une « véritable parodie de justice téléguidée » depuis le sommet de la Présidence en passant par les services de sécurité et, estime-t-il, ce, au mépris de la Constitution et des lois de la République.

«Pour le collectif, l’affaire Beya est symptomatique du mauvais état de la justice congolaise où, dans le cas qui nous préoccupe, les juges servent l’intérêt du pouvoir au détriment du droit et par conséquent, contribuent à affaiblir une justice déjà mal en point», a-t-il déclaré.

Pour trouver gain de cause, il lance un appel à toutes les ONG nationales et internationales telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch ou encore l’Organisation mondiale contre la torture afin qu’elles se saisissent du dossier Beya et qu’elles encouragent les autorités congolaises à garantir un procès équitable à François Beya.

Par ailleurs, ce collectif signale qu’il organise incessamment une série d’actions de terrain en vue d’exiger la libération «immédiate et sans condition» de François Beya et ses co-accusés.

Christian Okende

- Publicité -

EN CONTINU