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Discours de Bintou Keita à l’ONU : Le gouvernement a ras-le-bol de langage diplomatique

Le gouvernement congolais a réagi à chaud à l’intervention de la Représentante Spéciale du Secrétaire général de l’ONU et cheffe de la Monusco, Bintou Keita devant le Conseil de Sécurité de sécurité des Nations-Unies relative à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, marquée par l’occupation de la cité frontalière de Bunagana depuis 17 jours par les terroristes du M23 parrainés par le Rwanda.

Dans son intervention, la cheffe de la mission onusienne en République Démocratique du Congo (Monusco) a indiqué que plusieurs offensives lancées dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu depuis le mois d’avril par le M23 ont fauché la vie d’une vingtaine de civils parmi lesquels les enfants mais aussi des soldats de la paix ( Casques bleus ).

« Le M23 a lancé plusieurs offensives dans le territoire de Rutshuru de la province du Nord Kivu depuis le mois d’avril. En mai et juin, les attaques du M23 se sont déroulées de manière coordonnée sur plusieurs axes dans le Rutshuru. Les offensives du M23 ont eu un impact majeur sur la population civile, entraînant la mort d’au moins 23 civils, dont six enfants. Plus de 170,000 personnes ont été déplacées », a-t-elle indiqué.

En plus, le représentante du secrétaire général de l’ONU a exprimé sa stupéfaction face à la capacité de frappe de ces terroristes qui détiennent des armes sophistiquées sous-entendant un soutien militaire extérieur. Pour confirmer cette hypothèse, Bintou Keita a soutenu qu’au cours des affrontements les plus récents, le M23 s’est comporté de plus en plus comme une armée conventionnelle que comme un groupe armé.

« Le M23 dispose d’une puissance de feu et d’équipements de plus en plus sophistiqués, notamment en termes de capacités de tir à longue portée de mortier et mitrailleuse, ainsi que de tir de précision sur des aéronefs », a-t-elle précisé avec étonnement.

Faisant suite à cette déclaration, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya a appelé l’ONU à nommer le Rwanda comme agresseur de la RDC car, dit-il « le langage diplomatique n’est plus suffisant ».

« Pour les enfants décédés, les casques bleus tués, les populations déplacées, ce langage diplomatique n’est plus suffisant. Dire que c’est l’armée rwandaise qui opère sous couvert des terroristes du M23 marquera comme par le passé le début de la fin de cette agression », a déclaré Patrick Muyaya.

Il sied de rappeler que plusieurs entités du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu sont sous occupation des terroristes du M23 et leurs alliés.

Carmel NDEO

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