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RDC: La Ligue des Électeurs de Paul Nsapu insiste sur l’organisation des « bonnes » élections en 2023

Le président de la Ligue des Électeurs, Paul Nsapu a, au cours d’une matinée électorale organisée ce lundi 27 juin dans la salle de conférence internationale du ministère des Affaires Étrangères avec les observateurs électoraux et les forces vives et sociales, insisté sur l’organisation des bonnes élections en 2023, gage du développement de la RDC.

Dès l’entame de son intervention, Paul Nsapu a fait un parallélisme entre les élections tenues sous le Congo-Belge, pendant la première République, sous la deuxième et la troisième République afin de permettre à la RDC de tirer profit des constats alarmants en vue d’éviter les « erreurs ou imperfections » de ces trois derniers cycles électoraux sous la troisième République.

Dans son intervention orientée vers la question électorale en RDC, le Président de la Ligue des Électeurs, Paul Nsapu a retracé l’historique des élections qui ont été organisées au pays, chacune avec ses particularités.

Se basant sur les trois cycles électoraux sous la 3ème République, Paul Nsapu a noté que le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, puis au suffrage uninominal à un tour à partir de 2011; les élections législatives et provinciales au scrutin proportionnel avec listes ouvertes, la loi du plus fort reste, puis l’introduction du seuil légal de représentativité en 2018 et cooptation des chefs coutumiers dans les assemblées provinciales.

Selon lui, les élections ont été organisées après deux ans de glissement et sur fond des tensions; allégations de corruption à tous les niveaux notamment; agents électoraux, électeurs, candidats, grands électeurs, la violation des règles par l’OGE ( publication des résultats issus des clés USB et en bloc au lieu des décomptes manuels et bureau de vote par bureau de vote), contestation des résultats (avec un Président dûment proclamé et légalement installé et un candidat malheureux qui réclament la vérité des urnes),incendie de l’entrepôt de la CENI, élections reportées à Beni, Butembo et Yumbi à cause de l’insécurité, massacres tribaux et épidémie de fièvre Ebola.

En 2011, il dit avoir remarqué « la mauvaise gestion des plis et bulletins de vote par l’OGE pendant la compilation des résultats, rejet des résultats par l’opposition, deux prestations de serments (au palais de la nation par le président proclamé par la CENI et la Cour Constitutionnelle et à domicile par le candidat malheureux qui revendique l’imperium) et émeutes dans plusieurs villes ».

En 2006, il a marqué le clivage Est-Ouest derrière les deux candidats au second tour de la présidentielle, incendie de la Cour Suprême, deux affrontements armés à Kinshasa entre la Garde républicaine et la milice du candidat malheureux.

Des constats majeurs aux élections organisées en RDC

Pour le président de la Ligue des Électeurs, trois types d’élections se distinguent en termes de qualité à savoir : les élections sans contestations avec assurance de crédibilité ; les élections sans contestations, mais aussi sans assurance de crédibilité et les élections entachées d’irrégularités donnant lieu à des contestations.

Primo, les élections sans contestations avec assurance de crédibilité sont celles organisées à l’époque coloniale et sous la première République, à y ajouter l’élection du 1er Ministre à la conférence nationale souveraine et le référendum constitutionnel de 2005, qui,soutient il, « ont brillé par leur transparence, étant donné que ni la presse ni les historiens ne font état de : bourrages d’urnes ; vote illicite ; falsification des résultats ; contentieux partisan (juges corrompus, OGE défaillant, etc ».

« Les violences et autres crises n’ont été que d’ordre politique ou sociologique, mais jamais liées à une quelconque fraude électorale», a-t-il indiqué.

Secundo, Paul Nsapu explique que les élections sans contestations, mais aussi sans assurance de crédibilité sont des élections, sous la deuxième République, qui ne faisaient état d’aucune contestation officielle. Il estime que « cela ne constitue pas une gage de transparence, parce qu’avec ce régime autocratique, le Parti-Etat imposait les résultats sans offrir la possibilité aux citoyens de vérifier ou de réclamer quoi que ce fût ».

Tertio et pour conclure, il stipule qu’en ce qui concerne les élections entachées d’irrégularités donnant lieu à de graves contestations, il est avéré que les congolais ont renforcé leur expertise dans le domaine électoral, et l’OGE dispose des moyens humains, matériels et technologiques immenses.

« Cependant fort est de déplorer que malgré ces atouts, la qualité des élections se dégrade au fil des dispensations électorales, de sorte à susciter le désintérêt du peuple y croit de moins en moins (cela s’explique par taux de participation qui dégringole : 65,36% en 2006, 58,81% en 2011, 47,56% en 2018)», a-t-il constaté.

Au regard de ce constat alarmant, Paul Nsapu a marqué l’intérêt des bonnes élections en RDC car, selon lui, elles jouent le même rôle que celui du sang dans l’organisme.

Ainsi, dans le souci d’aboutir à une meilleure dispensation électorale en 2023, la Ligue des Électeurs et ses partenaires se proposent d’accompagner le processus en cours et ce, en commençant par évaluer la santé du système électoral du pays en remontant le temps pour voir, juger et mesurer les progrès ou reculs enregistrés ; agir pour protéger les avancées ou rectifier le tir, selon le cas.

Christian Okende

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