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RDC : À Rutshuru, le M23 accuse la MONUSCO de l’intention de se refaire une image « ternie »

Issu d’une ancienne rébellion congolaise, le M23, défait en 2013 et réapparu en fin d’année dernière, a réfuté lundi, toutes les accusations chargées contre ce mouvement par la MONUSCO, qui a condamné « les attaques » ciblées contre les forces onusiennes et les positions des FARDC, à Shangi, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, Est de la RDC.

Pour le M23, ces accusations faites par la MONUSCO visent cependant à justifier l’entrée de la mission onusienne en guerre contre lui et les qualifient « d’une diversion ». À en croire le M23, la MONUSCO s’est invitée dans cette guerre pour s’offrir une image, confie-t-il, déjà ternie par l’inaction face aux groupes armés actifs dans l’Est.

« La MONUSCO n’a jamais déclaré la guerre ni aux ADF ni aux CADECO qui s’attaquent à la population civile. Elle s’est calfeutrée dans le silence et l’inaction à la grande déception de toutes nos populations victimes des atrocités de ces bandits de CODECO et ADF au point où la population a organisé des manifestations de rue pour exiger son départ. Aurait-elle trouvé dans la guerre contre le M23 une une nouvelle occasion de se refaire une image ternie par ces années d’inaction contre les groupes armés, qui, à l’absence du M23 sur terrain, sont passés de 44 groupes en 2013 à plus de 250 ce jour », lit-on dans le communiqué du M23 parvenu à POLITICO.CD

« Le M23 n’a jamais attaqué ni planifié d’attaquer la MONUSCO mais subit actuellement une vaste offensive de la MONUSCO. Depuis que la MONUSCO est sous le sol congolais, elle n’a jamais essuyé un seul tir des troupes du M23 quand bien même la FIB avait mandat de nous faire la guerre », insiste le M23.

Un cessez-le-feu « violé »

Le 08 avril, à Nairobi, plusieurs recommandations ont été assorties, à l’issu d’un conclave régional des chefs d’États. Selon le M23, il s’agissait notamment du retrait volontaire des M23 des positions nouvellement conquises, le renforcement par les cessez-le-feu décrété par le M23, l’interdiction aux FARDC d’occuper les positions abandonnées par le M23, la tenue d’un dialogue, etc.

Le M23, qui affirme s’être retiré sur un espace d’environ 20 km entre Busanza jusqu’à Jomba, accuse les FARDC de ne pas respecter les recommandations faites à Nairobi et n’ont décrété aucun cessez-le-feu. « Elles ont occupé toutes les positions du M23 au vu et su de la MONUSCO. Et cette dernière leur avait cédé un de ses postes d’observation à la paroisse de Jomba. La MONUSCO n’avait parlé de violation de cessez-le-feu par les FARDC », accule-t-il.

« Nous sommes plutôt surpris que la MONUSCO déclare la guerre au M23 qui ne fait que revendiquer un accord de paix que le gouvernement congolais a refusé de respecter 9 ans durant. La MONUSCO qui a été pourtant un des facilitateurs de cet accord n’a jamais demandé au gouvernement congolais de respecter sa part d’engagement », martèle le M23.

Et de déclarer : « Si notre position est considérée naïve et faible et que c’est pour ces raisons que la MONUSCO choisit de nous éliminer physiquement, nous, plus tôt que les ADF et qu’elle se choisit les FADLR, APCLS et la nébuleuse Nyatura comme alliés dans cette guerre, nous préférons mourrir des bombardements de la MONUSCO que de l’épée des FDLR, APCLS, Nyatura et consorts car l’histoire retiendra ce fait des Nations-Unies ».

À Rutshuru, l’armée a affirmé, ce mardi, que situation est sous contrôle, depuis les après-midis, à Kibumba et Buhumba où le M23 aurait lancé tôt le matin de ce mardi des assauts ciblés contre les positions des forces loyalistes. Les FARDC affirment avoir repoussé l’attaque. Pendant ce temps, d’autres sources sécuritaires ont indiqué que l’armée rwandaise, qui accusé, lundi, les FARDC d’avoir lancé des obus sur son territoire, engageant des civils blessés, a attaqué certaines positions de l’armée. Des images filmées d’effets militaires appartenant aux forces rwandaises (RDF) sur le sol congolais ont fait le tour sur la toile.

Serge SINDANI

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