PUBLICITÉ

Sortie médiatique de Tshisekedi à Abidjan : Les mots durs de Fayulu, Kikuni et Muyumba

Les propos du président de la République, Félix Tshisekedi, devant la communauté congolaise en Côte d’Ivoire sur l’implication des forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police Nationale Congolaise (PNC) dans l’insécurité récurrente dans la partie Est du pays continuent de faire jaser. 

Les réactions fusent de partout pour déplorer ces propos du chef de l’État à l’encontre des forces armées dont il est d’ailleurs, commandant suprême selon la constitution de la RDC. C’est le cas notamment des acteurs politiques dont les candidats à la présidentielle de 2018, Martin Fayulu et Seth Kikuni, ou la sénatrice, Francine Muyumba.

Le président du parti politique « ECIDé» et membre du présidium LAMUKA qualifie d’impitoyable la manière dont le Chef de l’État a vilipendé en public les forces armées et la police. 

Pour cet opposant arrivé à la deuxième place lors des élections de 2018, « Félix Tshisekedi devrait cesser de rejeter la faute aux autres et commencer à rendre des comptes ». Fayulu estime que le problème réside dans la trahison, le manque de ressources et la formation.

Nonobstant, Martin Fayulu a le même regard avec le président Félix Tshisekedi sur des réformes au sein des forces de sécurité. 

Dans la même veine, Seth Kikuni Masudi n’est pas passé par quatre chemins pour fustiger ces déclarations. Et comme dans ses habitudes, Seth Kikuni a des mots durs. 

« Au lieu d’agir, le commandant suprême se plaint du comportement de ses troupes. Pire, il le fait à l’étranger en exposant toute notre machine de défense. Il implore l’aide du peuple. Pourtant, ce peuple ne veut pas de lui. Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter une telle gestion ? », s’est-il interrogé.

De son côté, la sénatrice Francine Muyumba, membre du Front Commun pour le Congo, famille politique de l’ancien président Joseph Kabila, s’est dit très choquée par les allégations du Chef de l’État qui sont, selon elle, de nature à démoraliser les militaires. 

Francine Muyumba a aussi regretté, les propos de Félix Tshisekedi sur le niveau du système éducatif congolais et celui des enseignants au niveau primaire. 

« Les propos moins patriotiques du Président de la République tenus une fois de plus en dehors du pays sont de nature à décourager et démoraliser nos vaillants soldats et enseignants Congolais qui, malgré les difficultés, ils restent engagés au service du pays. C’est très choquant », a-t-elle fustigé.

En séjour à Abidjan, où il participait à la quinzième session de la conférence des parties (COP15) de la convention des Nations-Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), le Chef de l’État congolais avait accordé une audience à la communauté congolaise vivant dans le pays des éléphants (Côte d’Ivoire). 

Au cours de ces échanges, Félix Tshisekedi a répondu à cœur ouvert aux préoccupations de ces concitoyens notamment sur le plan sécuritaire et social, particulièrement sur la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement, l’une des réformes « majeures » de son premier quinquennat. 

Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi a, en sa qualité de commandant suprême des Forces armées, affirmé la part de responsabilité de ses troupes dans l’insécurité grandissante et persistante à l’Est.

« Notre armée y est également pour quelque chose dans ce qui se passe à l’Est de la République Démocratique du Congo. Notre police également qui favorise parfois certaines choses qui amènent l’insécurité et bien d’autres choses à cause de sa complicité‬. Il faut qu’on remette de l’ordre », a-t-il argué. 

Quant à la gratuité de l’enseignement, il s’est félicité d’avoir récupéré plus de 4 millions d’enfants, mais a déploré le niveau très bas du système éducatif congolais et des enseignants.

« … Le niveau de notre enseignement est encore très bas. Les enseignants eux-mêmes n’ont pas de niveau, il faut encore améliorer leur niveau. Ils n’ont pas la matière. Il y a beaucoup de choses qui se sont ajoutées comme le réchauffement climatique, est-ce que nous apprenons cela à nos enfants ?‬ Est-ce que nous leur préparons aux défis du réchauffement climatique, Est-ce que nous leur apprenons les comportements à adopter dans la société comme le tri de déchets ? », s’est-il interrogé devant un parterre des Congolais.

Carmel NDEO

- Publicité -

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

EN CONTINU