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RDC : « Négocier avec les criminels de guerre est un acte de haute trahison » (Firmin Yangambi)

Les consultations présidentielles annoncées, vendredi 22 avril à Nairobi, avec les groupes armés actifs dans l’Est de la République Démocratique du Congo ont suscité des vives réactions au pays. Firmin Yangambi, qui s’est officiellement annoncé candidat à la prochaine élection présidentielle de 2023, critique sévèrement cette résolution du mini-sommet régional tenu jeudi 21 avril, au Kenya.

Pour Me Yangambi, avocat au barreau de la Tshopo, le pays est dans une situation de guerre. Et à la guerre, estime-t-il, il faut riposter par la guerre, comme légitime défense. Ainsi, dit-il, négocier avec les criminels de guerre relève de la haute trahison. « Je pense que c’est avec beaucoup de légèreté que les institutions congolaises gèrent la question de la guerre à l’Est. Nous sommes dans un état de guerre, il faut que le gouvernement et ses institutions prennent la mesure réelle de la situation et disent qu’on est en guerre et qu’on se comporte en conséquence », a-t-il indiqué, dans une interview accordée vendredi à POLITICO.CD

« (…) Aujourd’hui, la mauvaise gouvernance qui a plongé le pays dans un état de non Etat passe en premier lieu par le mépris de la situation sécuritaire de l’Est. On ne peut pas comprendre qu’un congolais de notre temps s’imagine ou imagine que le Rwanda et l’Ouganda peuvent être des solutions alors qu’ils sont auteurs de la guerre. Ils sont des Etats d’agression et d’occupation. Et vous pensez que ceux qui nous agressent, nous, apporteraient de la paix ? Négocier avec les criminels de guerre c’est de la blague, c’est une injure à nos frères qui meurent chaque jour à l’Est. Bref, c’est de la haute trahison », a, ensuite, ajouté Me Firmin Yangambi, ancien prisonnier politique pendant 10 ans, sous le régime de Kabila.

D’après toujours lui, qui dit soutenir les forces armées de la RDC, « un pays sérieux ne négocie pas avec les criminels. Il fait la guerre et contre les tueurs et contre les Etats qui les soutiennent », a-t-il dit, avant d’insister, « si aujourd’hui, je deviens président de la République, je ferai la guerre contre ces criminels et leurs États et donnerai la paix dans l’Est ».

À Nairobi, les consultations présidentielles avec les représentants des groupes armés n’ont finalement pas eu lieu. Selon un compte-rendu de la présidence congolaise parvenu à POLITICO.CD, la principale raison a été la difficulté logistique pour le déplacement de la plupart des concernés.

Selon le même compte-rendu, Félix Tshisekedi qui considère ce dialogue comme une « dernière chance » à ces groupes armés locaux pour déposer les armes et s’engager au processus de réinsertion sociale, a laissé un groupe de travail d’experts chargé de mener ces consultations sous le leadership du président du Kenya, Uhuru Kenyatta.

Serge SINDANI

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