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Condamnation de 12 militants de LUCHA: HRW accuse les autorités militaires d’utiliser l’état de siège pour réprimer toute critique pacifique

A travers un communiqué publié jeudi 07 avril 2022, l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW) fustige la condamnation vendredi dernier, par le tribunal militaire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, de 12 militants du mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) à un an de prison pour avoir manifesté pacifiquement en novembre 2021 contre l’inefficacité de l’état de siège.

Pour HRW, la condamnation de ces militants à un an de servitude pénale dont cinq mois déjà purgés, pour « provocation et incitation à des manquements envers l’autorité publique», est un rappel amer de la manière dont les autorités militaires utilisent l’état de siège et les tribunaux militaires pour réprimer toute critique pacifique dans l’est du pays.

Human Rights Watch rappelle dans son communiqué que lors de la manifestation du 11 novembre 2021 devant la mairie de Beni, les membres de la LUCHA tenaient simplement des pancartes pour mettre en avant leurs revendications : « une meilleure protection des civils et la fin de l’état de siège »

Cependant, regrette HRW « la réponse de la police et de l’armée a été de briser la petite chaîne formée par les militants, en les rouant de coups de pied et de coups de crosse de fusil. Treize membres de LUCHA ont été détenus à l’auditorat militaire pendant deux jours avant d’être transférés à la prison centrale de Beni ».

La même source affirme que parmi les militants de ce mouvement citoyen, Pamela Shabani, 21 ans, a été frappée à la tête « si violemment qu’elle est toujours à l’hôpital, souffrant de complications des suites de ses blessures ».

« Bien qu’elle n’ait pas été condamnée la semaine dernière au même titre que les autres, les autorités n’ont pas abandonné les poursuites judiciaires à son encontre », renchérit HRW.

« La répression militaire qui a commencé avec l’imposition de l’état de siège en mai dernier se poursuit », déplore cette organisation qui souligne que « le week-end dernier, un autre militant de LUCHA, King Ndungo, a été arrêté et placé en détention à Goma pour ses publications critiques sur les réseaux sociaux ».

Human Rights Watch a récemment documenté la régression du gouvernement congolais en matière de droits fondamentaux et libertés sous prétexte d’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en violation du Pacte international des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

A cet effet, HRW a invité les partenaires internationaux du pays à rompre leur silence et faire publiquement pression sur le gouvernement, pour qu’il mette fin à la répression liée à l’état de siège dans l’est.

Pour mémoire, Eddy Mupika, Paluku Vihamba, Jeanpy Muhindo, Dieu-merci Kighoma, Joël Kabunga, Elysé Lwantumba, Eric Sankara, Georges Mumbere, Esaï Liko, Archimède Ependa, Dany Dimanja et Jireh Kabambi, tous militants de la LUCHA et âgés de 19 à 34 ans, ont été condamné à 12 mois de servitude pénale principale et d’une amende de 250.000 francs congolais.

Carmel NDEO

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