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Détention « extrêmement arbitraire » de François Beya : « Laisser perdurer cette infamie, c’est consacrer l’usage exclusif et abusif du pouvoir » (C. Lubaya)

La détention dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) du Conseiller Spécial du Président de la République en matière de Sécurité, François Beya n’augure pas un bon signe des principes mêmes qui sous-tendent l’État de droit, selon le député national, Claudel Lubaya. Pour lui, en effet, l’affaire François Beya est « ni droit, ni loi ni équité ni justice ».

Dans sa tribune parvenue à POLITICO.CD ce mercredi 23 mars, cet élu de Kananga a laissé entendre, en l’endroit du Chef de l’État, que plus de 50 jours après, François Beya est toujours en détention, sans un acte légal d’accusation et « en violation manifestement délibérée » de ses droits fondamentaux garantis par la constitution de la République et par les instructions juridiques internationaux de protection des droits de l’homme.

Cette détention, d’après lui, renforce le caractère « extrêmement arbitraire » de son arrestation et en même temps, remet en cause les principes mêmes qui sous-tendent l’État de droit.

« Enfermé à l’ombre du silence par le fait du prince ; sans jugement, sans assistance d’avocat et sans condamnation, en violation des articles 18 et 19 de la constitution, 9 de la déclaration universelle des droits de l’homme, 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et 6-7 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, l’ancien Conseiller Spécial est livré à la merci de l’arbitraire dans l’indifférence obséquieuse du Ministère de la Justice et celui des Droits Humains ainsi que de la Commission nationale des droits de l’homme. Ces conditions pour le moins attentatoires le mettent en insécurité physique, juridique et judiciaire de même qu’elles placent la RDC sur la liste des États prédateurs des droits de l’homme», a-t-il fait savoir.

Dans son argumentaire, Claudel Lubaya indique que l’affaire François Beya, en l’absence d’une procédure judiciaire honnête et d’une accusation irréprochable, devrait leur interpeller sur leur entendement de l’État de droit.

«Plus rien, sauf le désir d’arbitraire de ses geôliers ne justifie son maintien dans une détention aux contours visiblement contestables. Laisser perdurer cette infamie, c’est consacrer l’usage exclusif et abusif du pouvoir et le règne de l’arbitraire dans un pays qui s’apprête à prendre part, le 28 mars prochain à Genève, à la 49ème session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies et à accueillir début juillet, sa sainteté le Pape François», a-t-il déclaré.

De ce fait, le député national, Claudel Lubaya en appelle au juste arbitrage du Président de la République, Félix Tshisekedi pour que cette affaire François Beya ne constitue pas une «souillure» sur son parcours ni un tas «d’immondices devant sa cour» et qu’il use de tous les moyens légaux en son pouvoir pour que François Beya soit remis vivant à sa famille.

Christian Okende

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