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RDC/Révision constitutionnelle : « Jouer à ce jeu, c’est cracher sur la nation » (Prof Bolakonga)

Le débat autour de la révision constitutionnelle, une initiative de l’ancien ministre de l’ESU et député national, Steve Mbikayi, suscite dorénavant des vives réactions. Au front pour la réélection du président Félix Tshisekedi en 2023, Steve Mbikayi veut, en conséquence, qu’un mandat du chef de l’État congolais passe de cinq (5) à sept (7) ans.

Bily Bolakonga, activiste des droits humains et Professeur des Universités, n’est pas de cet avis. Pour cet analyste, jouer à ce jeu, c’est cracher sur les acquis de la nation congolaise toute entière. « Vouloir remettre en cause la sacralité de ces principes c’est cracher sur la nation et ses martyrs au nom des intérêts égoïstes, circonstanciels et immédiats », a-t-il dit, samedi 19 mars 2022, lors d’une entrevue avec POLITICO.CD

« La pérennisation de l’existence d’une nation ne doit en aucun cas se réduire à un simple atavisme qui ne se réclame que du pur et unique népotisme peint en fausse couleur sous le jour et le joug des arguments spéciaux. Jouer à ce jeu, c’est aussi ignorer la voie ouverte vers une remise à plat, mieux, une espèce de table rase des acquis du passé », martèle Bily Bolakonga, recteur de l’Université Mariste du Congo, basée à Kisangani.

Selon lui, la Constitution qui est un ensemble des textes fondamentaux, autrement dit la loi fondamentale, a une âme avec une charge émotionnelle et historique sensible. Et bien plus, souligne-t-il, par principe, le texte qui la constitue, « souvent très bien pensé, est généralement stable ».
Ainsi, estime le Professeur Bolakonga, « une révision constitutionnelle ne peut-être basée que sur des motifs solides, valables, vitaux et surtout uniquement en faveur du plus grand bien du peuple, selon le principe latin : salus populi suprema lex esto (que le salut du peuple soit la loi suprême) ».

À en croire cet enseignant d’université, les dispositions intangibles de la Constitution sont tels des fusibles ou des coupe-circuits qui préservent la nation contre « toute velléité guerroyante ou toute forme d’instabilité ». Ainsi, poursuit-il, « les articles 219 et 220 fixant les frontières infranchissables qui concernent au minimum 5 interdictions, à savoir : la forme républicaine de l’État (art. 5), le pluralisme politique (art. 6), les restrictions des droits et libertés (art. 61), le nombre et la durée des mandats du président (art. 70) et l’indépendance du pouvoir judiciaire (art. 149) ».

« Ces interdictions constituent l’âme, le cœur de la constitution et scellent le pacte républicain du peuple avec lui-même, avec ses représentants et dirigeants en présence de Dieu ainsi que l’atteste le préambule de ladite Constitution », a-t-il ajouté.

Il sied de noter qu’un collectif de députés a déposé, vendredi, une pétition pour demander au bureau Mboso d’aligner pour débat au cours de cette nouvelle session, la proposition de loi modifiant la Constitution. Selon ces élus dont Steve Mbikayi, cette démarche vise à adapter la constitution aux réalités congolaises.

Serge SINDANI

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