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Tshopo / Meurtre d’un soldat : Dismas Kitenge sous menaces et intimidations « des généraux de l’armée »

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Dans un communiqué publié ce vendredi 14 janvier 2022, dont une copie a été transmise à POLITICO.CD, l’observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenaire de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), exprime sa vive inquiétude face aux nouvelles menaces, injures et actes d’intimidation à l’encontre de Dismas Kitenge qui, dit-il, ne semblent viser qu’à le dissuader d’exercer ses activités légitimes de défense des droits humains.

En effet, le 10 janvier 2022, entre 16h et 18h, rapporte ce communiqué, Dismas Kitenge a reçu deux appels de numéros masqués et un appel d’un numéro identifiable, provenant de personnes non identifiées se présentant comme « des généraux de l’armée congolaise ». L’affaire bat de l’aile autour du meurtre d’un soldat de la garde républicaine aux alentours des cliniques universitaires de Kisangani. Un fait qui a occasionné des arrestations en cascade notamment des médecins de cette formation sanitaire.

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« Ces derniers (Ndlr généraux de l’armée) se sont déclarés déçus des déclarations de M. Kitenge au sujet du meurtre d’un soldat de la garde républicaine dans la nuit du 31 décembre 2021 au 1er janvier 2022 à Kisangani. Ces individus ont accusé M. Kitenge d’être un voleur, de prendre faits et causes pour la libération du Dr Eric Jakwonga Upoki, emprisonné dans le carde de l’enquête sur la mort du soldat, et lui ont assuré qu’il serait considéré comme responsable en cas de soulèvement des militaires car il a minimisé le meurtre du soldat de la garde républicaine », explique l’observatoire qui indique que ces personnes non identifiées ont également qualifié Dismas Kitenge « d’ennemi de l’armée » et l’ont accusé de travailler pour le compte de l’étranger.

« Ils lui ont dit connaître son lieu de résidence et celui de toute sa famille et qu’il n’allait pas leur échapper », souligne le même communiqué.

Dans la foulée, en date du 10 et 11 janvier 2022, note-t-on, l’avocat général militaire instructeur du dossier du Dr Eric Jakwonga Upoki et l’auditeur militaire supérieur de la province de Tshopo ont reçu des délégations du syndicat national des médecins (Synamed), de l’ordre des médecins et des députés provinciaux, pour recueillir des informations et des témoignages et discuter du dossier et de l’évolution de la procédure d’instruction. Au cours des discussions, les autorités militaires judiciaires ont cité Dismas Kitenge comme un des responsables de la propagation de fausses informations sur l’affaire du meurtre du soldat de la garde républicaine et des conséquences désastreuses qui pourraient en découler, notamment des affrontements susceptibles d’opposer des militaires aux civils en cas de manifestation des populations de la ville de Kisangani pour réclamer la libération du Dr Eric Jakwonga Upoki.

En même temps, le 11 janvier 2022, l’avocat général militaire instructeur du dossier du Dr Eric Jakwonga Upoki et l’auditeur militaire supérieur de la province de Tshopo, ont également reçu une délégation du Groupe Lotus pour discuter du dossier ainsi que des menaces reçues par M. Kitenge.

« L’auditeur militaire supérieur de la province de Tshopo a à son tour proféré des injures et des menaces directes à l’encontre de Dismas Kitenge et l’a dénigré devant ses collègues, le qualifiant de « menteur, minable, ridicule, agitateur, profiteur, manipulateur » et l’accusant de mépriser la justice congolaise et d’être responsable des appels à la discréditer », rapporte l’observatoire.

Et d’ajouter : « Il a également averti M. Kitenge qu’il devrait être prêt à payer le prix de tous les désordres occasionnés par ses prises de position. L’auditeur supérieur a par ailleurs promis d’affronter le Groupe Lotus lors du procès du Dr Eric Jakwonga Upoki et a mis les membres de l’organisation au défi d’obtenir sa libération ».

Par ailleurs, le Groupe Lotus a adressé à l’auditeur supérieur une lettre ouverte dénonçant les menaces et injures subies par Dismas Kitenge, considérant ces actes comme des actions visant à restreindre la liberté d’expression et l’action des défenseurs des droits humains en RDC, et appelant la justice congolaise au dialogue et à la collaboration pour le respect des droits humains et l’avènement d’un État de droit en RDC et dans la province de la Tshopo.

« Cette série d’actes malveillants fait suite à des messages publiés par M. Kitenge sur les réseaux sociaux les 8 et 11 janvier 2022 dénonçant l’arrestation par la justice militaire le 7 janvier 2022 du Dr Eric Jakwonga Upoki, celle de Jean de Dieu Bosunga Nyama, Directeur a.i de la Régie des Voies Aériennes de Kisangani par l’Agence Nationale des renseignements , ainsi que les intimidations des militaires dans les environs des cliniques universitaires de Kisangani suite au meurtre du soldat de la garde républicaine. Dans ces messages, Dismas Kitenge appelait également à la mobilisation sociale et à l’organisation d’actions de protestation pacifiques pour la libération des deux hommes et alertait sur le danger de la non application des règles d’un État de droit dans la province de la Tshopo », fait remarquer l’observatoire.

En rappel, ce n’est pas la première fois que Dismas Kitenge fait l’objet de menaces et d’actes d’intimidation. En septembre 2020, le président du Groupe Lotus et sa famille ont été victimes de menaces de morts et d’injures via des appels anonymes en raison des prises de position de M. Kitenge contre les autorités et personnalités publiques de RDC.

Serge SINDANI

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