l'info en continu

RDC/Discours sur l’état de la Nation : « l’état de siège doit être revisité » (Dr Flavien Shirandi)

- Publicité-

Au cours de son discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a présenté le bilan général des actions durant cette année 2021. Parmi les points exploités, Félix Tshisekedi est revenu sur l’état de siège décrété au Nord-Kivu et à l’Ituri, deux provinces en proie à l’insécurité récurrente dûe aux forces irrégulières qui occupent la région depuis des dizaines d’années. « En ma qualité de Garant de l’intégrité territoriale, c’est ici le lieu de renouveler solennellement mon engagement constitutionnel en réaffirmant que je ne ménagerai aucun effort pour restaurer la paix et la sécurité en n’importe quels coins et recoins de la République », a-t-il déclaré.

Cependant, pour le Consultant Politique, Professeur et leadership Strategist, Dr Flavien Shirandi PhD, l’état de siège doit être revisité car, pour le CEO de Global Touch Corporates (GTS), les victoires enregistrées par l’armée contraste avec les pertes en vies humaines côté population qui ne cessent d’augmenter. « Un discours devient de plus en plus une campagne, là où on doit exposer plus nos efforts que nos échecs. Je ne dis pas que l’état de siège est un échec, moi je pense simplement que l’état de siège a besoin d’être revisité. Revoir la vision, revoir la mission, revoir la stratégie », a-t-il confié à POLITICO.CD ce mercredi 15 décembre.

- Publicité-

Et de renchérir : « La vision doit être descriptive, la communication doit être claire […] Nous dire tout simplement que telle ville a été conquise n’est pas suffisant ».

Selon le Dr Flavien Shirandi, la vision doit donner un sens d’inspiration. Lorsque le peuple s’engage à la vision du Chef, à la vision du maître, il doit créer un sens d’inspiration, un sens qui, dit-il, donne le goût de continuer à croire à cette vision. « Et cette inspiration ne peut venir que lorsqu’il y a des détails, lorsqu’il y a des exclusivités. On ne demande pas les détails stratégiques de l’armée sur comment faire pour attaquer l’ennemi. Mais, plutôt les détails de la victoire et surtout l’origine des éléments neutralisés ».

Présence de l’armée ougandaise en RDC : « Je ne suis pas d’accord »

Quant à la mutualisation des efforts en vue de mener des opérations conjointes avec l’Ouganda pour traquer les ADF tel qu’indiqué par le Chef de l’Etat dans son adresse à la Nation, le CEO de Global Touch Corporates n’est pas du même avis, il qualifie cette coopération militaire d’un dualisme de mauvais goût aux conséquences fâcheuses et un aveu d’impuissance. « La présence de l’armée Ougandaise sous le sol congolais, est-ce que je suis d’accord ? Non, je ne suis pas d’accord. Mais c’est lui le visionnaire, c’est lui le président de la République », fait-t-il savoir.

Et de poursuivre : « Maintenant la police rwandaise est entrain de se préparer pour échanger des informations avec la police congolaise et cela en territoire congolais. Et enfin, nous risquerons de voir aussi l’armée rwandaise trouver un prétexte pour se battre avec les rebelles. Vous savez le grand danger c’est que vous avez deux pays, qui vont se battre dans votre territoire ».

La voie de la sagesse et la voie diplomatique doivent, souligne Dr Shirandi, amener à cette interrogation : « est-ce que l’Ouganda ou le Rwanda permettraient à l’armée congolaise d’aller se battre dans leur territoire ? Est-ce qu’il y aura sincérité de l’information transmise à la police Congolaise par la police Rwandaise ? ».

« Ma peur est qu’on vienne plus tard à abandonner une zone donnée du territoire congolais sous état de siège à l’armée Ougandaise et aux services Rwandais, deux pays qui envient énormément vos ressources naturelles entrain de travailler en coalition contre l’ennemi commun (ADF) dans les régions qui font l’objet de leurs convoitises. On ne sait pas si elles peuvent collaborer ensemble, quand on sait les différends qui opposent ces deux pays. Mais aussi, connaissant l’envie dévorante de ces deux nations pour le contenu de notre sous-sol, leurs collaborations peut servir à un agenda caché, créer l’instabilité, déplacer la population et s’accaparer des régions congolaise concernées. Pour vous dire vrai, je n’ose même pas imaginer les conséquences », interpelle le CEO de GTC.

Dans ses interrogations, ce consultant politique pousse également à réfléchir sur les impacts économiques des marchés octroyés à l’Ouganda et Rwanda en RDC. « Sur le plan économique, est-ce que l’Ouganda peut donner un marché à un congolais de construire dans leur territoire ? Vous, vous avez donné le marché aux ougandais de faire des routes pour vous, vous avez donné le marché aux rwandais de raffiner votre Or. Est-ce que si le Rwanda avait l’Or, permettrait-Il aux congolais de venir raffiner leur Or ? L’Ouganda permettrait-Il aux congolais de venir construire une route pour lui ».

Au regard des éléments évoqués, le Dr Flavien Shirandi soutient qu’il ne fait l’ombre d’un doute que la RDC « va dans une forme diplomatique avec faiblesse ».

Hervé Pedro

- Publicité -
PUBLICITÉspot_img

EN CONTINU