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Ituri : Sous menaces des groupes armés, plus de 74.000 déplacés vivent un « extrême calvaire » au site de Roe à Djugu

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En Ituri, la situation humanitaire des personnes déplacées ayant fui des atrocités perpétrées par les groupes armés s’est dégradée. En effet, depuis mi-novembre 2021, les éléments armés ont multiplié les attaques contre les populations civiles dans le territoire de Djugu, ciblant notamment des sites de personnes déplacées dans les zones de santé de Fataki et Drodro.

Selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, (OCHA), au moins 58 personnes ont été tuées, 13 blessées et des dizaines enlevées, au cours d’incursions dans quatre sites de personnes déplacées dans le territoire de Djugu. Les premières attaques ont eu lieu les 19 et 21 novembre à Tche ; le lendemain à Drodro, le 25 à Duka, et le 28 à Hivo.

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Ces violences, soutient un rapport publié le 07 décembre par OCHA, sont venues exacerber une situation humanitaire déjà précaire dans la province de l’Ituri qui compte environ 1,8 million de personnes déplacées. « Ces agressions armées et d’autres incidents, y compris contre les acteurs humanitaires, ont considérablement restreint l’accès humanitaire, forçant 17 partenaires humanitaires à suspendre leurs opérations à travers le territoire de Djugu », explique cette organisation onusienne.

Plus de 74 000 déplacés vivent un extrême calvaire

Le site de personnes déplacées de Roe, qui comptait déjà 24 000 personnes déplacées à la suite de violences antérieures, a vu arriver 50 000 personnes supplémentaires après l’attaque du 22 novembre à Drodro. Les personnes déplacées nouvellement arrivées ont commencé à se construire elle-même des abris de fortune. Le site est actuellement en forte surpopulation, mettant des personnes vulnérables d’autant plus à risque d’attaques d’éléments armés et des maladies contagieuses. L’insécurité persistante a entraîné de nombreux autres déplacements forcés, souligne le rapport de OCHA.

Contacté par POLITICO.CD, l’abbé Chrysanthe Lidja, coordonateur de la commission diocésaine justice et Paix en Ituri, alerte sur la situation alarmante de ces déplacés. Selon lui, les femmes nourriraient leurs enfants de la bouillie de boue. « C’est un extrême calvaire. Ces déplacés sont sans aucune assistance et ne savent actuellement à quel saint se vouer. Le site est inaccessible à cause des rebelles Codeco qui fondent aux alentours », a-t-il expliqué.

Des rapports des humanitaires sur cette même situation indiquent que des milliers de civils sont mis à mal par une insécurité persistante. Les attaques d’éléments armés autour des villages tels que Jina, Lopa, et Dhevi, depuis la mi-octobre, ont également poussé près de 20 000 personnes à fuir vers Iga Barrière.

Selon OCHA, la plupart des personnes déplacées est hébergée dans des familles d’accueil ou dans des anciens sites de personnes déplacées. Les sources locales estiment cependant que 10 000 autres personnes se sont déplacées au sein de la Chefferie de Bahema Nord, dans la Zone de santé de Lita, depuis octobre. « Ces personnes viennent s’ajouter aux 7 000 personnes précédemment déplacées se trouvant dans les localités de Katoto, Lonyo, et Kparnganza », explique-t-on.

Fin octobre, les attaques d’éléments armés contre Tche ainsi que les fortes tensions communautaires ont poussé des centaines de familles à se déplacer de manière préventive vers le secteur de Walendu Tatsi dans les villages de Masumbuko, Gobi, Saliboko, Loga et Bobu ; les affrontements entre FARDC et éléments armés fin octobre dans la zone de santé de Fataki ont également poussé des centaines de familles à se réfugier dans la zone de santé de Rety au sein de familles d’accueil.

« Les sites de personnes déplacées des aires de santé Bule et Salama, déjà surpeuplés avec près de 60 000 individus, ont vu 5 500 les rejoindre », conclut le rapport OCHA.

Serge Sindani

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