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Jules Alingete : « Sans la volonté politique manifeste et agissante, il est impossible de s’engager dans la lutte contre l’impunité »

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L’Inspecteur en chef de l’inspection Générale des Finances (IGF), Jules Alingete Key est intervenu à la conférence débat organisée ce jeudi 09 décembre par l’ambassade des Pays-Bas en marge de la journée internationale de lutte contre la corruption. L’inspecteur en chef de l’IGF déplore le fait que la corruption est normalisée en RDC.

Pour lui, l’élément primordial pour lutter contre la corruption qui gangrène la RDC reste la « volonté politique manifeste, réelle et agissante ».

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« Pour s’engager dans la lutte contre l’impunité et les antivaleurs, il y a un élément important, l’élément que je considère comme capital; c’est en fait la volonté politique manifeste, réelle et agissante. A l’absence de cette volonté vous ne ferez rien », a dit le chef de cette structure anti-corruption attachée à la présidence de la République.

Et de renchérir : « Je vous le dis, les corrupteurs sont très forts et vous devez avoir les aptitudes chaque semaine de vous battre avec eux non pas dans la rue mais aux côtés de l’autorité qui décide parcequ’ils sont très forts, ils sont à côté des autorités, ils font passer leurs messages et si vous êtes absent, votre combat est voué à l’échec. Donc il faut une volonté politique manifeste réelle et agissante pour que nous puissions repousser la corruption et les antivaleurs dans notre société ».

En outre, Jules Alingete Key préconise la réhabilitation des organes chargés de la lutte contre la corruption en leur donnant les moyens nécessaire et les personnes ressources pour accomplir efficacement leurs missions.

« Deuxième élément, la réhabilitation des organes chargés de la lutte contre la corruption en les faisant jouer réellement leur rôle. Il ne faudra pas que nous soyons dans une réhabilitation papier, qui n’est pas réelle. Il faut réhabiliter ces organes en leur donnant les moyens et trouver les personnes ressources car tout le monde n’a pas les prédispositions de combattre la corruption. Détrompez-vous, il faut trouver des personnes convaincues, déterminées, courageuses à affronter ce phénomène parceque d’une manière ou d’une autre, nous avions tous vécu dans la corruption. Il faut un moment donné dire non et prendre conscience de méfaits et dégâts, il faut regarder l’avenir », a-t-il souligné.

Évoquant l’exemple de la structure qu’il dirige, le super flic de l’IGF a vanté la volonté de Félix Tshisekedi qui, depuis son arrivée au pouvoir a tout mis en œuvre pour lutter contre la corruption et les détournements de fonds de l’État.

« Ce qui se passe aujourd’hui dans mon service, n’est pas un fait du hasard, nous avions eu la volonté manifeste de l’autorité suprême de notre pays mais il fallait travailler en interne parceque ce sont les mêmes inspecteurs hier qui ont accompagné la corruption et pour faire changer de telles personnes, je peux vous rassurer que ca n’a pas été facile, il fallait travailler en interne, améliorer leur condition de travail », a-t-il insisté avant de rappeler la nécessité de mettre les agents de contre la corruption dans les meilleures conditions possibles pour qu’ils ne fassent eux-mêmes corrompre.

Par ailleurs, Jules Alingete a aussi révélé la nécessité de mettre en place un plan national de lutte contre la corruption, lequel déterminera les stratégies pratiques à utiliser pour mener cette lutte.

« Il est important, si nous voulons vraiment avancer, que nous puissions mettre en place un plan national qui intègre pratiquement tous les secteurs et qui définit des stratégies pratiques. Tout le monde dit qu’il faut combattre la corruption mais comment il faut y aller », a insisté Jules Alingete

Dans cette optique, le responsable de l’IGF a renseigné que son structure a mis sur pied un dispositif de contrôle « concomitant » au sein des entreprises publiques et au niveau des provinces pour atteindre les objectifs qui lui sont assignés.

« En ce qui concerne l’IGF, aujourd’hui nous avons décidé de mettre en place un système de contrôle permanent au niveau du compte général de l’État, des administrations, des provinces là où il ya de flux d’argent important compte tenu de notre effectif limité, au niveau des entreprises du portefeuille de l’État où il ya une présence massive des prédateurs financiers . Nous avons décidé de mettre un dispositif de contrôle qu’on appelle contrôle concomitant qui énerve, parceque les corrompus, les prédateurs, les détourneurs veulent des contrôles à posteriori, qui viennent une année, 2 ans, 3 ans après qu’ils aient posé des actes de détournement et là le pays ne gagne pas. Et quand vous constatez des actes de détournement, de corruption d’il y une année, 2, 3 ans vous devez aller en justice et vous n’êtes pas rassuré que vous gagnerez sur ce terrain là », a-t-il argué.

Carmel NDEO

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