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RDC: Investir Denis Kadima à la tête de la CENI ou cautionner un glissement

À seulement deux ans de la tenue des élections générales conformément à la date butoir de la loi fondamentale, la gestion de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est au cœur des turbulences politiques en RDC. À l’instar des confessions religieuses, les acteurs politiques, majorité au pouvoir ou opposition, se regardent en chien de faïence.

Au-delà des tergiversations politiques observées, de tractations interminables et de crispations au sein de la majorité, une étape importante du processus électoral en cours vient d’être franchie. Sur fond de plusieurs mois de blocage, une nouvelle tête est plébiscitée pour remplacer Corneille Nangaa, l’ancien président de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), contraint ces dernières semaines d’entamer les premiers préparatifs pour les scrutins de 2023 et ce, et ce, deux ans après la fin théorique de son mandat. Denis Kadima a été désigné à la tête de la commission électorale.

Porté par l’église kimbanguistes, Denis Kadima était jusqu’à son entérinement soutenu par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le président de la commission électorale.

2023, c’est aujourd’hui

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Entérinement consommé, l’heure est à présent à l’investiture du nouveau bureau de la CENI. Plusieurs observateurs soutiennent même que « toute tergiversation, qu’elle soit de la part des religieux tout comme des politiciens, fait le lit du retardement du processus électoral », d’où la nécessité pour le Président de la République d’investir l’équipe Kadima. Une position qui conforte celle d’une certaine société civile qui pense que les acteurs politiques et religieux « ne devraient pas continuellement prendre en otage un processus électoral, tant attendu par les électeurs, au nom de leurs intérêts personnels ».

Au regard de l’année fatidique de 2023 qui avance à pas de géant, tout analyste averti sait que reporter l’investiture de Denis Kadima donnerait feu vert au « glissement » tant évité. L’impératif de respecter les délais constitutionnels de convocation du processus électoral et de la tenue des scrutins, s’impose donc ! Le Gouvernement dit n’attendre que l’installation du nouveau Bureau de la CENI pour mettre à sa disposition des moyens logistiques et financiers pour commencer son travail en rattrapant le temps perdu.

Il est peut-être temps d’arrêter l’hémorragie de perdre le temps. À deux ans des élections, le Gouvernement est appelé à mobiliser les recettes question de doter la CENI des moyens de sa politique. Après l’étape de l’Assemblée nationale et les parties prenantes (confessions religieuses et les partis politiques), il y a lieu d’encourager le Président de la République et le Gouvernement à faire leur part de travail pour relancer la machine électorale et permettre à son Bureau d’accélérer la mise en œuvre des opérations pré-électorales, lesquelles permettront au peuple de se choisir librement ses futurs dirigeants dans le respect de la Constitution.

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