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L’IGF veille à l’amélioration des conditions salariales de ses inspecteurs pour résister à la corruption

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Le chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Jules Alingete a accordé une interview à la Voix d’Amérique le vendredi 15 octobre 2021. Au cours de cette interview, Jules Alingete a évoqué notamment les réalisations de cette institution, des difficultés rencontrées dans le cadre missions de patrouille financière mais également des stratégies adoptées par sa structure pour parer aux éventuelles tentatives de corruption des inspecteurs déployés sur terrain.

Portrait de Jules Alingete, Kinshasa, RDC, octobre 2020. © Colin Delfosse pour JA

Selon le chef de l’IGF, outre les journées de sensibilisation des inspecteurs à la prise de conscience, les conditions salariales des inspecteurs ont été sensiblement améliorées ces dernières années grâce à l’appuie du chef de l’État.

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« En ce qui concerne nos agents, nous travaillons efficacement pour les conscientiser tout d’abord; nous travaillons pour améliorer leurs conditions financières et techniques du travail. Aujourd’hui si vous visitez l’inspection Générale des Finances nos agents sont dans les meilleures conditions et nous avons tous les outils nécessaires pour faire le travail et les conditions salariales ont été sensiblement améliorées mais, au-delà de tout ça nous tenons chaque semaine des journées de sensibilisation des inspecteurs pourque chacun puisse prendre conscience aujourd’hui que nous (Ndlr Inspecteurs) sommes appelés à jouer un rôle très très important dans la lutte contre les anti-valeurs qui ont longtemps gagné les finances publiques congolaises », a révélé l’IGF.

Ce pendant, le patron de l’IGF souligne tout de même que « résister aux faits de corruption ne nécessite pas être bien payé ». A l’en croire, Il y a des gens qui ont beaucoup d’argent mais qui sont corrompus.

« C’est d’abord un état d’esprit. Il faut travailler avec les agents pour leurs montrer quels sont les méfaits de la corruption dans une société puisque nous sommes tous victimes de cette corruption. Tout ce que nous vivons comme misère au tour de nous et l’avenir de nos enfants qui risquent d’être compromis », a-t-il soutenu.

Accusé d’être un instrument utilisé par le pouvoir en place contre l’opposition, Jules Alingete estime qu’au début de la mission de l’iGF, il était tout à fait normal que l’opinion pense ainsi dans la mesure où, les entreprises du portefeuille étaient pour la plupart dirigées par les partisans de l’ancien régime.

« Je vais être direct parceque aujourd’hui je pense l’opinion à commencer à changer sur cet aspect. Au début il était tout à fait normal quand nous sommes arrivés, nous avons trouvé aux entreprises du portefeuille de l’état, des gens qui révélaient de l’ancien régime. Le gouvernement qui était là était composé de nouveau et ancien régime. Les gens ont eu l’impression que nous étions entrain de chasser les membres de l’ancien régime », a-t-il indiqué.

Ainsi Jules Alingete affirme que dans le cadre des missions de patrouille financière, le travail de l’inspection Générale des Finances s’exécute en toute indépendance, sans tenir des couleurs politiques, la majorité ou l’opposition. Il évoque notamment le cas de certains ministres, membres de l’Union Sacrée de la nation , la coalition au pouvoir.

« Aujourd’hui que nous avons le gouvernement qu’on appelle d’union sacrée composé essentiellement des membres de la majorité au pouvoir, nous avons des mandataires de la majorité au pouvoir mais c’est aujourd’hui que les gens doivent comprendre que nous ne sommes pas là pour ça. Nous avons déjà des problèmes il y a trois mois avec beaucoup des membres du gouvernement. Je vous ai parlé du ministère des sports, de l’agriculture, de la formation professionnelle. Ce ne sont pas les membres de l’opposition. Ils ont des sérieux problèmes avec l’inspection générale des finances où nous avions récupéré des fonds qui devraient être détournés », renchérit l’inspecteur en chef de l’IGF.

Ces derniers mois, l’IGF a réussi à récupérer puis reverser au compte du Trésor public plus de 18 millions USD dont 16 millions USD destinés à l’organisation de TENAFEP au ministre de l’Enseignement Primaire Secondaire et Technique, 1 million USD au ministère des Sports et loisirs et 1.500.000 USD au ministère de l’Agriculture.

Carmel NDEO

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