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Décès de Monsengwo: Dismas Kitenge pleure « un artisan de paix qui a réconcilié Malula et Mobutu »

La République démocratique du Congo est en deuil depuis l’annonce, dimanche 11 juillet dernier, de la mort du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya qui a été reçue comme un coup de tonnerre, bien qu’on le savait « malade. » Terrassé par l’âge, l’archevêque émérite de Kinshasa s’est éteint à 81 ans, révolus. Son décès continue à affecter plus d’un congolais.

Dismas Kitenge Senga, vice-président honoraire de la FIDH et président du Groupe Lotus, une organisation non gouvernementale basée à Kisangani, pleure un acteur majeur et un témoin des grands changements politiques qui se sont opérés en RDC. Selon lui, avant qu’il n’apparaisse sur la scène politique congolaise, Monsengwo a joué un rôle très important que plusieurs ne connaissent. Il a, confie Kitenge, facilité la réconciliation entre le cardinal Malula et Mobutu, à l’époque président du Zaïre.

« La mort de Monsengwo constitue une perte considérable pour la démocratie. Vers les années 90, Monsengwo a joué le rôle de rapprochement entre l’Église catholique et l’État congolais. Le rapprochement entre deux grands leaders politiques de l’époque, le cardinal Malula et le président Mobutu. Il était déjà l’émissaire de l’église catholique auprès du gouvernement congolais qui, de son côté, avait désigné Jean Seti Yale. Les deux ont travaillé pendant longtemps à réconcilier Malula et Mobutu. » a-t-il révélé dans une interview accordée vendredi 16 Juillet à POLITICO.CD

Kitenge estime aussi et surtout que Monsengwo fut un artisan de paix et du changement. Il a, explique-t-il, joué un rôle important lors de la libéralisation de la vie politique congolaise en 1990. « Le cardinal Monsengwo avec ses écrits au sein de la conférence épiscopale congolaise a beaucoup contribué. Nous n’oublierons jamais le mémorandum des évêques lors de ce que Mobutu a appelé des consultations populaires qui ont abouti au discours du 24 Avril. Monsengwo par ses analyses, ses écrits, a poussé Mobutu à démocratiser le pays. Et après, au sein de la conférence nationale souveraine, il a contribué à faire avancer les choses. » se souvient-il.

Monsengwo et sa théorie du parallélisme politique

Selon Dismas Kitenge, Laurent Monsengwo Pasinya a marqué son temps par sa théorie du parallélisme politique qu’il avait présenté à la conférence nationale souveraine. C’est-à-dire, explique-t-il, deux personnes qui vont dans un même sens mais sans se rencontrer. Selon cette méthode, Monsengwo voulait un changement mais sans choc.

« Sa méthode était d’obtenir le changement dans la non violence. Il ne voulait pas que la violence s’installe. Il disait qu’on peut obtenir beaucoup de choses de Mobutu sans lui pousser à la confrontation. Il avait éviter le choc mais il voulait obtenir le changement. Et après, il a poursuit son chemin même lors des accords de Saint Sylvestre, les élections de 2018 qu’il a qualifié des frauduleuses pour dire que le vrai gagnant n’a pas été proclamé. Donc, le cardinal que nous pleurons aujourd’hui s’est inscrit dans le chemin de son prédécesseur Malula qui ne mâchait pas le mot devant le pouvoir, les injustices et l’oppression. » témoigne Dismas Kitenge.

Serge Sindani

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