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Ituri : « Pleurs » et « prières » du collectif des femmes pour exiger le retour de la paix

À travers des cris de pleurs et de prières, les femmes issues des structures féminines basées dans la province de l’Ituri se sont rassemblées vendredi 23 avril 2021 devant le Bureau de la division provinciale Genre, Famille et Enfant dans un sit-in. Elles exigent la fin des atrocités commises dans la province de l’Ituri.

Sur des calicots brandis, l’on pouvait lire : « Non à la guerre, non aux groupes armés, non aux viols, non aux destructions méchantes, non aux déplacement massifs. Trop c’est trop avec les tueries, les massacres, les viols des femmes. Nous voulons la paix immédiate et durable en Ituri…»Textuel

Exprimant leur ras-le-bol, ces mères de familles déplorent que depuis décembre 2017 jusqu’à ce jour, la province de l’ituri traverse des « périodes des troubles caractérisées par des tueries, des massacres, des viols de femmes, des incendies de maisons, la destruction des structures scolaires et sanitaires, des kidnapping ayant entrainé le déplacement massif de la population, des stress et des traumatismes psychologiques.« 

Bien plus, déplorent-elles, « le regain de cette insécurité survient au moment où les pistes de solutions étaient proposées pour la recherche de la paix, notamment les processus de DDR des éléments de la FRPI, ainsi que le programme DDR-C et des projets de stabilisation en exécution dans le territoire de Djugu. »

Ainsi, le collectif des femmes de l’Ituri a adressé un mémorandum aux autorités ayant la sécurité dans leurs attributions. Elles expriment de prime abord leur « inquiétude face à la déstabilisation des institutions politiques provinciales au moment où l’ituri traverse une situation sécuritaire et humanitaire inquiétante. »

Les femmes manifestantes ont demandé aux autorités tant nationales que provinciales de mettre rapidement fin aux exactions, aux attaques et aux troubles observés dans la province de l’ituri et de rétablir une paix durable en faveur de la population; de finaliser le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) entamé avec la milice baptisée Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI) et d’accélérer les démarches de DDR-C pour tous les autres groupes.

Elles ont également demandé aux agences des Nations Unies et aux Organisations Internationales et Nationales d’assurer la continuité de l’aide à la population, aux déplacés et aux retournés.

Par ailleurs, les femmes de l’Ituri disent soutenir et encourager les Forces Armées de la RDC, la Police Nationale Congolaise et la Monusco pour leurs efforts conjugués pour le rétablissement de la paix.

Il sied de noter que les questions de l’insécurité qui écume l’Est de la RDC sont désormais sur toutes les lèvres. De l’Ituri au Nord-Kivu, des soulèvements populaires sont occasionnés à cet effet par des manifestants qui n’exigent que le retour de la paix. Les attaques des bandits armés à l’Est de la RDC sont devenues récurrentes ces derniers jours. Ce vendredi, au moins 7 personnes dont une femme ont été tuées dans deux attaques attribuées par contre au groupe rebelle ADF dans les villages de Aveyi et Kukutama, près de la localité de Mamove, à l’Ouest de la commune rurale d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Cette nouvelle a été rapportée par nos sources de la société civile locale. Ces dernières attaques viennent d’avoir lieu alors que des manifestations s’intensifient à travers le pays pour protester contre la recrudescence de la violence et des crimes commis à l’Est du pays.

À Beni, des élèves ont passé nuit à la belle étoile devant la mairie jeudi 22 avril pour exiger l’arrivée du Président de la République dans cette ville afin qu’il trouve des solutions au problème de la paix et de la sécurité. Pendant ce temps, dans la même ville de Beni, une marche pacifique pour la paix, organisée par des femmes, a été réprimée ce vendredi par la police. Cette dernière indique avoir été attaquée par des jeunes manifestants qui se sont joints à ces femmes et qui, selon elle, ont transformé la marche pacifique en une violente.

À Kinshasa, en dépit de la volonté exprimée par la plateforme d’opposition Lamuka de soutenir, ne serait-ce que moralement, la population de l’Est de la RDC meurtrie pas des massacres à répétition, il n’y a pas eu marche ce samedi 24 avril 2021, contrairement à ce qui avait été prévu. Sur terrain, selon des sources concordantes, des forces de l’ordre ont été déployées pour disperser les manifestants.

Serge SINDANI

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