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Environnement: Quand la « chasse excessive » autour de Kisangani ruine la « faune sauvage »

Aux dernières statistiques démographiques qui datent de 2012, la population de Kisangani et d’autres centres urbains de la province de la Tshopo, ne cesse d’accroître. Des nouveaux parages naissent. La ville s’approche à 2 millions d’habitants, dont une majorité vit dans la pauvreté. Cette croissance démographique a entraîné une forte demande de la viande de brousse. Voilà, qui occasionne sur le plan environnemental, les conséquences néfastes sur la faune, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire.

Le Centre de Recherche Scientifique International (CIFOR), tente à travers une campagne lancée depuis le Ier février, de sensibiliser le grand public sur l’importance de réduire la consommation de viande de brousse en ville.

La chasse excessive, une menace à la faune sauvage

En République Démocratique du Congo, la chasse n’est pas interdite, mais il faut respecter les règles qui régissent ce secteur. Dans ce domaine, l’État limite l’étendue réservée à opérer cette pratique forestière. Il y a des espèces vulnérables et des espèces en voie d’extinction ou celles qui sont sur la liste rouge. Ces animaux sauvages de brousse ne peuvent pas être chassés, ni tués. À Kisangani, ces prérogatives légales ne sont pas obtempérées ni mises au-devant par les chasseurs, qui n’ont pas d’autres alternatives à leur besogne quotidienne. Ceci met en mal la faune sauvage abusivement exploitée et entraîne la disparition des espèces protégées, notamment: les mammifères rares, les chimpanzés, les singes, les antilopes, etc.

Néanmoins, au cœur de la recherche forestière du bassin du Congo, la Faculté des sciences de l’Université de Kisangani, abrite un Centre international des Recherches Scientifiques sur la forêt. Jonas Muhindo est expert senior en gestion de la faune au CIFOR. Il mène des recherches sur la protection de la forêt communautaire. Dans ses approches panoramiques, il révèle que la chasse qu’il qualifie « abusive » et « excessive » a des conséquences exécrables. Il soutient que les chasseurs sont à la base de la disparition des espèces rares.

« Dans une communauté forestière, tout le monde est censé connaître la loi. Les chasseurs tuent des espèces rares, pourtant censées être protégées. » confie Jonas Muhindo. « Ça nous met mal à l’aise. Ils savent la loi sur la protection de ces espèces mais, ils pensent tout de même que la forêt leur appartient et qu’ils ont le droit de faire la chasse que moi j’appelle abusive ou excessive », a-t-il ajouté dans une longue interview accordée à POLITICO.CD, le 19 février dernier.

« Les chasseurs sont à la base de prélèvement ou de l’épuisement des espèces qui vivent dans la forêt. La chasse est l’unique activité qui est dans leur milieu. Ils chassent chaque jour, tous les jours», a indiqué cet expert senior en gestion de la faune.

Penser à des générations futures

Pour sortir des impacts négatifs qui ruinent la faune dans la province de la Tshopo, Jonas Muhindo propose la mise en pratique d’une chasse durable. A l’en croire, celle-ci vise à limiter dans le temps et dans l’espace les activités de chasse. « Ces chasseurs doivent normalement respecter la période de fermeture et éviter de chasser les espèces en voie de disparition ou soit les espèces protégées », a-t-il recommandé.

« Nous devons penser à la génération future », encourage cet expert en forêt.

Et de s’inquiéter: « avec cette allure de l’augmentation de la population surtout ici à Kisangani, cette croissance démographique permet à ce qu’il y ait un grand pouvoir d’achat. Donc il y a une forte demande de la viande de brousse. Et nos antilopes que nous voyons aujourd’hui, pourront fuir. Quand quelqu’un fait la chasse en pensant qu’il subvient aux besoins de la famille, il oublie les répercussions. Parce qu’il extermine les espèces que ses petits-fils ne verront pas. »

La nouvelle campagne du CIFOR, vise à encadrer les chasseurs avec d’autres activités, outre la chasse et parvenir à diminuer la consommation de la viande de brousse. Les experts de ce centre soutiennent la production locale dont l’élevage et l’agriculture, comme alternatives à la chasse.

Serge SINDANI / POLITICO.CD

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