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Patrice Lumumba, symbole du combat pour l’indépendance

60 années se sont écoulées depuis l’assassinat de Patrice Emery Lumumba. Les congolais commémorent aujourd’hui la disparition de celui qui a réussi à arracher l’indépendance d’entre les mains de la Belgique. Retour sur son parcours élogieux.

Au départ employé, le travail de Patrice Emery Lumumba dans une société minière constitue le déclic. C’est là que le futur homme politique découvre que les matières premières de son pays jouent un rôle capital dans l’économie mondiale, mais aussi que les sociétés multinationales ne font rien pour mêler des cadres congolais à la gestion de ces richesses. Ainsi donc, il décide de militer pour un Congo uni, se distinguant en cela des autres figures indépendantistes dont les partis constitués davantage sur des bases ethniques sont favorables au fédéralisme.

En 1956, il est jugé pour avoir détourné des fonds des comptes de chèques postaux de Stanleyville (actuel Kisangani) et condamné à un an de prison.

Libéré par anticipation, il reprend ses activités politiques et travaille comme Directeur des ventes dans une brasserie. Au même moment, il est désigné président de l’Association des Évolués de Stanleyville. Dans l’entretemps, le pouvoir colonial libéralise les activités politiques en vue des élections municipales de 1957.

En 1958, il est invité à l’exposition universelle de Bruxelles. Mécontent de l’image paternaliste de la Belgique, il décide à son retour de créer son parti, le Mouvement Nationaliste Congolais (MNC) à Léopoldville le 5 octobre 1958.

En décembre 1958, il participe à la Conférence des peuples africains d’Accra. La rencontre avec Frantz Fanon, Nkwame Nkrumah et autres, éveille encore une fois sa fibre patriotique. À son retour, il fait le compte rendu devant plus de 10.000 personnes.

Au congrès national du MNC en octobre 1959, les gendarmes tirent sur la foule faisant 30 morts et de centaines de blessés. Arrêté quelques jours après, Lumumba est jugé et condamné à 6 mois de prison le 21 janvier 1960.

À la Table ronde de Bruxelles, les acteurs politiques congolais exigent la libération de Lumumba avant de participer à ces assises. Leur pression finit par payer. Lumumba est libéré et il rejoint directement Bruxelles pour la Table ronde. Ainsi, la date du 30 juin est fixée pour la proclamation de l’indépendance de la RDC. Le 30 juin 1960, Lumumba improvise un discours qui restera mémorable. Ce dernier intrigue le pouvoir colonial par son nationalisme à outrance.

L’assassinat

Aux élections générales, le MNC remporte largement le scrutin. Par souci d’unité nationale, Joseph Kasa-Vubu est nommé président de la République et, avalisé aussitôt, la nomination de Patrice Lumumba comme Premier ministre.

Le 4 septembre 1960, le président Kasa-Vubu révoque le Premier ministre. Celui-ci à son tour révoque le Chef de l’État, l’accusant de haute trahison.

Mobutu profite de cet imbroglio pour instaurer le Collège des commissaires généraux. Ce qui s’apparente à un coup d’état.

Le 10 octobre 1960, Lumumba est assigné à résidence. Il s’échappe et tente de gagner Stanleyville avec une petite escorte à bord de sa Chevrolet. Sa fuite est remarquée trois jours après. L’officier Gilbert Mpongo (père de la chanteuse Mpongo Love décédée) l’arrête à Lodi dans le Sankuru. Il est transféré à Mweka, Léopoldville puis le camp Hardy de Thysville (actuel Boma).

Le 17 janvier 1961, Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito sont transférés à Elisabethville (actuel Lubumbashi). Les trois sont livrés aux autorités locales. Ils sont amenés dans une petite maison ligotés, humiliés et torturés par des katangaise à l’instar de Moïse Tshombe, Godefroid Munongo, Evariste Kimba mais aussi des belges Gat et Vercheure. Ils sont fusillés le soir même par des soldats sous le commandement d’un officier belge. En 2003, le documentaire télévisé « CIA guerres secrètes » explique que Mobutu a fait dissoudre le corps de son rival dans l’acide, après l’avoir fait assassiné. Ce 17 janvier 2021, les congolais se souviennent encore de Lumumba.

JM Mawete

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