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Discours de Félix Tshisekedi : présage d’un ouragan ou simple nuage sur le ciel politique congolais ?(Décryptage avec Me Laurent Mutambayi)

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Entretien exclusif avec Me Laurent MUTAMBAYI, homme politique et président de l’Association Congolaise des Juristes d’Entreprise (ACJE), sur les consultations politiques ouvertes par le Chef de l´État, Félix Tshisekedi.

Politico.cd: Me Laurent MUTAMBAYI, en vos multiples qualités de juriste, d’homme politique, d’observateur averti de la situation de la RDC, quel regard portez-vous sur les derniers événements en RDC et sur l’orientation prise par le président de la République, Félix Tshisekedi ?

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Laurent Mutambayi : De prime abord, je tiens à préciser que, pour la première fois de son histoire, le Congo a vécu en janvier 2019 une passation de pouvoir pacifique entre un président sortant et un président entrant sans le moindre coup de feu ni la moindre effusion de sang. Cet évènement historique est à saluer. Cela se produit rarement sur le continent africain. J’ai également eu à le souligner dans une interview que j’ai accordée, il y a quelques mois, à un journal flamand « De Morgen » que la RDC fait pour la première fois de son histoire politique l’expérience d’une coalition politique.

Il est à noter qu’une coalition politique met ensemble des concurrents qui n’ont pas toujours la même vision ni la même approche politique. Cela requiert que les uns et les autres mettent régulièrement de l’eau dans leur vin. Des arbitrages sont bien souvent nécessaires. Il arrive également qu’une coalition s’arrête en chemin car les partenaires de la coalition ne s’accordent plus sur une question donnée. A titre d’exemple, la coalition gouvernementale belge appelée la Suédoise (2014-2018) s’est estompée en décembre 2018 avec la mise à l’écart d’un partenaire clé (la NV-A) sur la question du pacte migratoire que ce dernier parti, à l’opposé des trois autres qui formaient la coalition, a refusé de signer. 

Politico.cd: Le président a annoncé le début de consultations politiques.
Autour de quoi doivent-elles s’articuler ?

LM:  L’amour du Congo doit être la principale préoccupation et motivation de tout acteur politique et de la société civile. 

L’homme d’État britannique Winston Churchill disait que le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal et que c’est le courage de continuer qui compte. Tout comme lui, je pense que le président Félix Tshisekedi a fait le juste constat que, plus d’une année après l’entrée en fonction du gouvernement ILUNGA ILUKAMBA, et près de deux ans après son investiture en tant que Chef de l’État, la coalition en place (CACH+FCC) peine à atteindre sa vitesse de croisière suite à toutes sortes de pesanteurs et turbulences.

Il est donc normal et indiqué pour ne pas dire salutaire que le président de la République, en sa qualité de garant et de père de la nation, prenne l´initiative de prendre langue avec toutes les forces vives et significatives de la nation aussi bien au sein de la coalition qu´en dehors, afin de remettre le curseur en place et de conduire l´avion qu´il manœuvre vers sa visite de croisière. C’est bien lui le pilote de la nation.

Il est donc, en cette qualité, responsable et redevable du (mode) pilotage de la nation.  Dès lors qu’il lui semble ou il lui revient que le mode de pilotage pourrait nous éloigner de nos objectifs ou en retarder significativement l’atteignabilité, il est donc de son devoir de prendre toutes les initiatives nécessaires pour remettre l’appareil dans la bonne direction. 

À mon avis, il a fait montre de sincérité et de courage en admettant, devant la nation, toutes les faiblesses et difficultés rencontrées durant ces deux années de gestion et en affirmant sa ferme volonté d’inverser la courbe.

Il ne faut pas non plus perdre de vue que les défis à relever sont énormes. Il s’agit, notamment, de l’instauration d’un État de droit, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre la mal gouvernance, la lutte contre la corruption, la préservation de la sécurité sur toute l´étendue du territoire national et, en particulier, à l´Est, l’amélioration du social du peuple en commençant par le panier de la ménagère etc…

Pour y parvenir, il lui faut un gouvernement qui intègre sa vision car c’est le gouvernement qui conduit la politique de la nation en vertu de la Constitution. Il faut également un parlement qui contrôle l’action du gouvernement en veillant à ce que tout soit mis en œuvre pour que cet objectif de travailler à l’amélioration du bien-être de la population en demeure la boussole.

Politico.cd: On vous sait engagé autour des questions liées à la lutte contre la corruption, pour la bonne gouvernance, la démocratie, la paix et la justice, etc. Comptez-vous, d’une manière ou d’une autre, répondre à l’appel du Chef de l’État ?

LM : Il est vrai que ces valeurs que vous avez citées occupent le centre de mon engagement politique depuis environ près de vingt ans. À ce titre, je ne peux rester indifférent à l’appel lancé par le Chef de l’État. Je ne manquerai pas d´apporter ma modeste contribution en termes de réflexions et d’idées à ces consultations puisqu´il est question de la recherche du bien-être du peuple congolais.  

Par ailleurs, un homme politique ne doit jamais fermer la porte au dialogue. Bien au contraire. Les défis auxquels le Congo est confronté aujourd’hui sont énormes et nous concernent tous. Ces défis ne concernent pas seulement les Kinois mais aussi les Congolais livrés aux rebelles, les femmes et personnes violées à l’Est en passant par les Congolais pris en tenailles dans les eaux méditerranéennes ou en Turquie, au péril de leurs vies, sans oublier toute la diaspora congolaise qu’il faut arriver à mobiliser au service du développement du Congo.

Pour que cette entreprise soit un succès il faudrait absolument veiller à ce que le président de la République ne soit pas assiégé ni distrait par les chasseurs de postes égoïstes qui placent leur ventre avant les intérêts du peuple. 

Politico.cd: Il y a quelques mois, nous avons lu une très longue interview de vous sur l’Agence congolaise anti-corruption. Des mois après, est-ce que vos propos demeurent inchangés. Avez-vous le sentiment d´avoir été entendu par le Chef de l’État ?

LM :  En effet, nous nous sommes largement exprimé sur la question de la lutte contre la corruption alors que les animateurs n’avaient pas encore été désignés. Une forte effervescence avait secoué les milieux des praticiens du droit qui craignaient, à l´époque, que le Chef de l’État ne confie l’animation de cette agence stratégique à des étrangers.  

Connaissant la mission dévolue à cette agence et la fibre patriotique du Chef de l´État, j’étais quasi certain que la gestion et l’animation de ladite agence allaient rester Congo. Les ordonnances présidentielles nommant les animateurs n’ont fait que confirmer ma lecture à ce sujet. Je peux également vous assurer que le Chef de l´État a nommé des personnes capables que je connais personnellement et que j’ai, du reste, félicitées et encouragées car la mission qui les attend est non seulement délicate et difficile mais encore périlleuse. Car, comme vous le savez bien, combattre la criminalité n’a jamais été une sinécure.

Politico.cd: Que pensez-vous de la dissolution du parlement que certains attendaient de tous leurs vœux ?

LM :  Cela n’a pas eu lieu. Je m’en réjouis. Il est normal d’avoir des émotions. Mais, il sied de préciser qu’il serait dangereux de gouverner un pays sur base des émotions. La dissolution du parlement n´est pas à l´ordre du jour. Pour s’en convaincre, il faut s’en remettre à la Constitution de la République. On ne peut être chantre de l´État de droit et de l’autre côté un adepte du chaos. 

Politico.cd: Avez-vous des attentes particulières de ces consultations politiques qui ont débuté ce lundi 26 octobre 2020 ?

LM : Pour les années qui restent, la ménagère va regarder le contenu de son panier, le peuple va observer la distribution de la justice, la préservation de la paix et de la sécurité et la femme violée va observer la traque et le jugement des violeurs. En un mot, on doit mettre ni plus ni moins le curseur sur les raisons qui en ont motivé la convocation, c’est-à-dire apporter des réponses adéquates aux besoins primaires et fondamentaux du peuple.

Politico.cd: Et votre mot de la fin?

LM: Winston Churchill disait que le politicien devient un homme d’État quand il commence à penser à la prochaine génération plutôt qu’à la prochaine élection. Nombreux d’entre nous n’ont plus leur père en vie. Le mien nous a quittés en 2004 après avoir livré son combat pour une justice indépendante qui grandit la Nation. Gardons donc à l´esprit que nous avons l’obligation de léguer à nos enfants et aux générations futures et considérons un Congo stable, uni, pacifié et prospère.

Propos recueillis par Thierry Mfundu

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