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RDC-Prof Banza Malale : « Le président Félix Tshisekedi ne respecte ni la Constitution, ni les lois, ni les accords »

Décryptant le récent message du Chef de l’État à la nation, le professeur Gabriel Banza Malale note qu’il y a eu plusieurs nuances de faiblesses. À son avis, le président Felix-Antoinne Tshisekedi Tshilombo a démontré suffisamment l’absence de leadership par rapport à son devoir d’assumer l’exercice des droits de souveraineté de l’État du Congo (RDC).

Il dit ne pas comprendre pourquoi le président de la République puisse continuer à accuser le Front commun pour le Congo (FCC) alors que son pouvoir, il l’a obtenu dans le cadre de l’alliance avec cette plateforme politique.

« Tout en étant dans une alliance fondée sur l’esprit et la lettre, que l’on appelle convention, le Chef de l’État veut en quelque sorte jouir d’un pouvoir sans respecter les moyens par lesquels il y a accédé. C’est ça la grande faute », relève-t-il.

Pour cet enseignant de Droit à l’Université de Lubumbashi, le président Tshisekedi a la main facile pour prendre des décisions en violation de la Constitution.

« Il pense qu’il faut prendre son courage pour montrer son leadership par la force des biceps. Vous l’avez vu, il a parlé avec un ton inhabituel. Il a gesticulé montrant qu’il est capable de donner les coups de poing pourvu que sa pensée passe », fait-il remarquer.

À la question de savoir si, en convoquait les consultants, le président Felix Tshisekedi a sonné la fin de la coalition FCC-CACH, le Prof Banza Malale répond par l’affirmative.

« Il a même dit que la coalition constitue un mariage contre nature. C’est-à-dire un adversaire considéré tel de tout le temps, on était obligé fatalement à le considérer comme un partenaire politique», rappelle-t-il.

C’est ainsi qu’il alerte la plateforme de Joseph Kabila à la vigilance. « Il faut que les gens du FCC sachent qu’ils sont avec un partenaire qui n’a plus l’amour pour ce partenariat».

Pour Gabriel Banza Malale, le discours prononcé par le Chef de l’État n’est pas celui qui était attendu. « On l’attendait qu’il vienne avec une décision fracassante. Je répute le gouvernement démissionnaire ou je dissous le parlement. Mais, de l’intérieur comme de l’extérieur, on lui a prodigué des conseils. N’osez pas être aussi téméraire que ça. C’est ainsi qu’il s’est recroquevillé », révèle-t-il.

Et d’ajouter :
« Face à un Président non respectueux de la Constitution, aucune surprise ne serait la nôtre de le voir dissoudre le parlement ou déclarer le gouvernement démissionnaire ».

«Nous avons à faire à un Président qui ne respecte ni la Constitution, ni les lois, ni les accords », déplore le professeur de Droit à l’UNILU.

Et d’insister:

« Il a été dans une alliance au départ avec Lamuka, puis Nairobi avec Kamerhe et, enfin, avec le FCC. Mais, il n’a rien respecté de ses engagements ».

Pour cet analyste politique, « quiconque va accéder au pouvoir sans consulter l’ancien président ou être en alliance avec lui, n’aura pas de boussole pour conduire la République ».

« Tourner le dos à Kabila, c’est perdre la boussole », prévient-il.

« Il ne faut jamais cracher sur la main qui vous a servi », recommande-t-il.

Le professeur regrette que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, soit en train de chambouler tout l’héritage lui légué par le président honoraire.

« Le Congo se constitue en unité grâce aux efforts menés par Joseph Kabila. Mais, on se rend compte que l’actuel Chef de l’État est en train de tout casser », regrette-t-il.

Au chapitre des consultations annoncées, il soutient qu’elles n’ont pas de fondement légal.

« Nous sommes dans un État où la Constitution et les lois méritent d’être respectées. Il se constitue à la place d’un formateur ou d’un informateur. Or, cette démarche n’a pas de fondement juridique », précise-t-il.

S’agissant de l’avenir de la coalition, le Prof Banza Malale fait remarquer que, « dès lors que l’un des partenaires boude, ça ne vaut pas la peine d’évoluer ensemble*.

Tout en prônant désormais la cohabitation, il trouve que la solution à l’actuelle crise réside dans l’Accord global et inclusif de Sun City (Afrique du Sud) qui est le soubassement de la Constitution en vigueur en RDC.

Adrien AMBANENGO

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