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10 ans du Rapport Mapping: tensions, répression et bastonnade dans une marche de « justice » à Kisangani

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Interdite par l’autorité urbaine, la marche pacifique organisée pour le dixième anniversaire du rapport Mapping s’est tenue, jeudi 01 octobre à Kisangani, sur fond des tensions dues à la persistance des organisateurs.

Avec des centaines de militants des différentes organisations citoyennes, la rue se fait inonder tôt dans l’avant-midi, d’abord au rond-point Tshopo (point de départ) et dans les grandes artères en direction du gouvernorat de province pour le dépôt d’un mémorandum contenant les désidératas des manifestants, adressés au chef de l’État, en rapport avec la mise en oeuvre du rapport Mapping.

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Pas d’autres choix, la police a exécuté l’ordre du maire, Jean-Louis Alaso, se trouvant, selon l’esprit de l’accusé de réception de la lettre d’information sur la marche, dans l’inopportunité de donner son accord pour la tenue de ladite marche.

Usant de gaz lacrymogènes, la police tente, au niveau du rond-point SGA, de dissuader les manifestants, mais en vain. Ces derniers s’empressent pour rencontrer le gouverneur et lui déposer le mémo.

Au gouvernorat, la police réprime « violemment » la manifestation. Un militant de la LUCHA bastonné et perd de sens. Le mémorandum englouti par les éléments de la police.
https://twitter.com/sergesindani01/status/1311618398657351680?s=19

« #Mapping Report à #Kisangani Répression barbare d’une soldatesque en panne, aux ordres de ceux qui ont choisi la mauvaise page de l’histoire pour piétiner la mémoire des victimes des atrocités en RDC @soniarolley @sergesindani01 @amaindo https://t.co/dztwyYuXiZ» déplore le prof Bily Bokalonga, manifestant.

Et au professeur Alphonse Maindo d’ajouter:

« Le fameux maire se trompe de temps et de régime juridique. Il a été informé. La marche aura bel et bien lieu. Ce maire n’aime pas sa ville ni sa population qui a été victime des pires barbaries. Il n’a qu’à rallonger la liste des victimes. Rapport Mapping#Justice»

Dismas Kitenge hausse le ton

Se confiant à Radio Okapi, le président du groupe LOTUS, une ONG de défense des droits de l’homme basée à Kisangani, dénonce cette interdiction qui viole certaines dispositions constitutionnelles.

Dismas Kitenge dénonce tout de même la brutalité avec laquelle la police a dispersé les manifestants.

« Nous sommes dans un régime de l’information et non d’autorisation. Ensuite, ce matin quand bien-même cette marche est organisée d’une façon pacifique, la police vient de disperser brutalement les manifestants. Donc, nous regrettons cette dispersion brutale de la police de cette marche et nous appelons également les autorités à respecter les dispositions de la loi, mais aussi à honorer les victimes de ces crimes odieux qui sont rapportés par le rapport des Nations-Unies dans une ville telle que Kisangani, reconnue comme une ville martyre, une ville qui a connu ces atrocités », a déclaré le président du groupe LOTUS sur la radio onusienne.

À lui d’ajouter que:

« L’objectif, c’est de sensibiliser les autorités, les victimes, la population sur le Rapport Mapping et de réclamer que les recommandations qui ont été émises par ce rapport soient d’application en RDC, c’est-à-dire, entre autres, les poursuites judiciaires contre les auteurs et la vérité sur ce qui s’est passé et les mesures de réparations concrètes en faveur des victimes, les dommages et intérêt, la construction des monuments, les réparations collectives et les réparations individuelles. »

Notons que dans sa lettre d’interdiction de cette marche, le maire de la ville de Kisangani, Jean-Louis Alasso, évoque les raisons sécuritaires et politiques qui écument la province de la Tshopo.

Pour rappel, le 1er octobre 2010, il y a 10 ans jour pour jour, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme publiait le rapport du projet de cartographie des crimes graves perpétrés sur le sol du Congo-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003.

Ce rapport avait documenté 617 incidents auxquels se rapportent les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire sur la période considérée, y compris des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Le rapport avait également dressé un état des lieux de la capacité du système judiciaire national, et proposé des options de justice pour faire face aux conséquences de ces crimes.

Serge SINDANI

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