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Sud-Kivu : Fiimbi s’insurge contre le massacre de Kipupu, appelle à une enquête indépendante pour sanctionner les auteurs

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“Nous avons appris, avec une grande consternation, que dans la nuit du 16 au 17 juillet 2020,
des compatriotes civils, y compris des femmes et enfants, complètement désarmés ont été massacrés à Kipupu, chef-lieu du secteur de Itombwe, dans le territoire de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu”, s’indigne-t-il dans son communiqué du 23 juillet 2020 intitulé “Fizi-Itombe: silence, on tue”.

Selon ce mouvement citoyen, “à ce jour, une vingtaine de corps ont été retrouvés et plus de 200 personnes sont portées disparues”.

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“Certaines victimes auraient été décapitées à la machette et des femmes
violées avant leur exécution. Les auteurs de ces crimes odieux seraient des éléments de la coalition des milices armées Ngumino, Twiguaneho et Red Ntabara qui agiraient sous la coordination du
colonel déserteur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), et ex-commandant second en charge des Opérations et Renseignements à Walikale dans la province du
Nord-Kivu, Michel Rukunda dit Makanika”, dénonce Filimbi.

Il indique qu’ils auraient agi en représailles à des affrontements, contre
les autres milices locales, dans le village de Kalingi au cours desquels ils auraient perdu plusieurs
combattants.

“Des autorités coutumières « Bamis » de Fizi et Itombwe ont, à travers une
communication, décrété deux jours de deuil les 22 et 23 juillet 2020 sur toute l’étendue de leurs
territoires.,” rappelle Filimbi dans le communiqué.

Et de s’interroger:

“Que se passe-t-il dans cette partie du pays ? Qu’est-ce qui justifie ce silence et cette indifférence de tous : autorités nationales, Mission d’Observation des Nations Unies au Congo (MONUSCO), dont une base se trouve à une dizaine de kilomètres du lieu des massacres, presse
nationale et internationale, leaders d’opinion, etc. ?”.

Filimbi fait le constat que, depuis le début de 2019, il y a eu une recrudescence des violences dans le territoire de Fizi, plus précisément à Minembwe et ses environs entre, d’une part, les milices armées proches de la communauté «Banyamulenge» (Ngumino, Twiguaneho, etc.), accusées de bénéficier d’un soutien militaire de l’armée rwandaise, et, d’autre part, celles proches de la
communauté majoritaire « Babembe » (Yakutumba, Ebwela, etc..).

“Cette situation, qui est à la base d’importants affrontements et tueries des populations civiles et innocentes, serait principalement due à l’officialisation de la commune rurale de Minembwe, à travers notamment la désignation des représentants administratifs”, constate-t-il.

Et de poursuivre:

“La création de ladite commune, via le décret-loi n°013/29 du 13 juin 2013, serait considérée, par les autres communautés du territoire de Fizi, comme frauduleuse, car n’ayant pas respecté la procédure légale, et anarchique, car elle englobe une partie de trois territoires voisins, à savoir : Fizi, Uvira et Mwenga. Au mois de mars dernier, le gouvernement congolais, en collaboration avec l’ONG Suisse Interpeace, avait tenté d’organiser un dialogue intracommunautaire des Babembe à Uvira”.

À l’issue de cette rencontre de 3 jours, note ce mouvement citoyen, la principale recommandation faite au gouvernement, pour mettre un terme aux affrontements, a été l’annulation
de la création de la commune rurale de Minembwe.

Au Sud-Kivu, depuis la guerre d’invasion de 1997 portée par le Rwanda, la question liée à la communauté « Banyamulenge » est à la base de plusieurs graves crises, notamment parce que les autres communautés estiment que ces derniers feraient partie d’un plan de balkanisation d’une partie de l’Est de la RDC en complicité
avec le Rwanda et divers intérêts économiques internationaux.

En 2002, le dialogue inter-congolais de Sun City (Afrique du Sud) avait quelque peu permis d’atténuer cela. Mais, certaines forces du mal semblent poursuivre des objectifs néfastes.

“Pourquoi ce silence quasi général sur tous ces crimes commis principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri ? La vie d’un Congolais a-t-elle moins de valeur que celle d’un autre être humain ? Est-ce l’exécution d’un plan dont l’objectif ultime serait de balkaniser notre pays à partir de la partie Est?”, s’interroge-t-il à nouveau.

C’est pourquoi, Filimbi dit condamner avec la plus grande énergie tous les actes de violences commis et adresse ses sincères condoléances aux familles et proches de tous les compatriotes victimes
de ces actes barbares de Kipupu, dont les auteurs doivent être pourchassés et sévèrement sanctionnés à la suite d’une enquête indépendante.

“L’impunité, le déni de vérité et de justice ne permettront pas de mettre un terme à ces cycles de violences”, fustige Filimbi.

Et de poursuivre:

“Qu’avons-nous fait du rapport Mapping de l’ONU élaboré par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme qui décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire
commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003 ?”

“À la population congolaise, nous disons que cette situation n’a que trop duré ! Indignons-nous, unissons-nous et levons-nous pour sauver notre patrie car ceux qui ont la responsabilité de nous protéger et de préserver l’intégrité de notre territoire sont pour la plupart, soit focalisés sur le détournement de nos ressources communes, soit bénéficiaires et complices de cette situation”, conclut Filimbi dans son communiqué.

Thierry Mfundu

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