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Le conflit en Ituri pourrait avoir de multiples répercussions (rapport International Crisis)

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L’ONG International crisis group craint que le conflit en Ituri n’ait de multiples répercussions.

C’est ce qu’elle a indiqué dans son rapport publié mardi 15 juillet, où cette ONG internationale indique que les violences qui ont frappé la province ont déjà attiré certains acteurs violents du Nord-Kivu voisin, épicentre de l’insécurité dans l’Est du Congo.

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Les membres d’anciens mouvements rebelles, y compris quelques cohortes du M23, basés en grande partie en Ouganda, auraient également cherché à profiter des tensions ethniques en Ituri et au Nord-Kivu pour se mêler au conflit. Cette dynamique exacerbe, en outre, les tensions entre l’Ouganda et le Rwanda, qui ont tous deux joué un rôle important dans la guerre de l’Ituri de 1999-2003 et s’accusent aujourd’hui mutuellement de soutenir les groupes armés dans l’Est du Congo.

La flambée de la pandémie de Covid-19 en mars 2020 dans le territoire d’Irumu, à la limite du Nord-Kivu, risque de s’étendre dans toute la province – ce qui pourrait aggraver la fragilité des autorités qui font désormais face à la double menace de la violence et de la maladie.

Elle note que des violences en Ituri, province située dans le Nord-Est de la RDC, ont déjà fait près de 1 000 morts depuis décembre 2017.

Dans ce lot, International Crisis group comptabilise aussi un demi-millions de déplacés.

Pour mettre fin à ce nouveau cycle de violence, cette ONG invite Kinshasa à « privilégier une stratégie visant à négocier la reddition des milices Lendu, tout en soutenant un dialogue plus vaste entre les Hema, les Lendu et d’autres communautés de l’Ituri. »

Pour cette ONG internationale, le Président Félix Tshisekedi devrait simultanément travailler avec les pays voisins pour qu’ils cessent tout appui aux assaillants de la région.

Initialement localisées dans le territoire de Djugu, les attaques, de faible portée, ont d’abord opposé les deux principales communautés de l’Ituri, les Hema et les Lendu.

Par la suite, les milices Lendu ont ciblé les Hema, puis l’armée nationale, avant de s’en prendre aux territoires voisins.

Des acteurs externes, y compris de la province du Nord-Kivu et des pays avoisinants, sont également impliqués dans ce conflit.

La crise actuelle se distingue du conflit de 1999-2003 en Ituri, au cours duquel les communautés Hema et Lendu avaient participé à des massacres de grande ampleur, par milices interposées.

Contrairement au conflit précédent, bien que les assaillants soient recrutés essentiellement dans la communauté Lendu et réunis, pour la plupart, au sein d’une association de milices, la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), les notables Lendu n’assument pas la paternité de ces milices.

Cependant, la réponse militaire du gouvernement a montré ses limites et le scénario d’une escalade intercommunautaire plus généralisée ne peut être écarté, fait savoir International Crisis group.

Selon elle, les milices Lendu continuent de se renforcer. Les Hema n’ont, jusqu’à présent, pas organisé de représailles systématiques, mais n’excluent pas de mobiliser leurs jeunes si les attaques se poursuivent.

L’organisation de jeunes Hema en groupes d’autodéfense qui érigent des barrages sur les routes de l’Ituri devrait alerter sur le risque d’une plus forte communautarisation du conflit.

Quelques recommandations

Pour Crisis International, les recommandations suivantes pourraient contribuer à briser le cycle de la violence dans la province de l’Ituri, et à prévenir les ingérences extérieures :

Le gouvernement devrait renouer le dialogue avec les milices qui ont déjà exprimé leur volonté de se rendre. Il devrait aussi poursuivre le dialogue avec les autres milices impliquées dans les violences en Ituri, dans le but de les désarmer. Afin de parvenir à un consensus large sur les modalités de désarmement (y compris sur la question de l’amnistie); le gouvernement devrait également appuyer les efforts du caucus des députés de l’Ituri à l’Assemblée nationale.

Kinshasa devrait, selon elle, privilégier la réintégration des miliciens dans la vie civile, notamment à travers la mise en place de structures d’encadrement et de formation visant à leur offrir des alternatives économiques.

Les autorités provinciales et nationales devraient encourager un dialogue entre les Hema et les Lendu, en impliquant les chefs coutumiers et les notables afin de discuter des dynamiques locales – telles que la question foncière – qui engendrent la violence, et des mesures requises pour mieux gérer la sécurité sur le terrain.

Par la suite, le gouvernement central devrait organiser un dialogue inclusif interiturien, comprenant aussi les communautés de la province qui ne sont pas directement engagées dans la crise actuelle, pour s’assurer que ces mesures répondent aux attentes générales de la population.

Afin de contribuer au développement et à la sécurisation des communautés de l’Ituri, Kinshasa devrait mettre en place un fonds spécial pour la région et mobiliser autant que possible ses partenaires bilatéraux traditionnels, ainsi que la Banque mondiale, pour l’alimenter.

 Le président congolais devrait mettre le conflit de l’Ituri à l’ordre du jour du nouveau forum quadripartite réunissant l’Angola, l’Ouganda, la RDC et le Rwanda.

L’Ouganda et le Rwanda pourraient se servir de ce forum pour discuter de leurs accusations réciproques de soutien aux groupes armés dans l’Est du Congo, y compris en Ituri, et s’engager à mettre un terme à ce soutien.

« Tant que ces étapes ne seront pas réalisées, on risque de déboucher sur une crise plus large dans les années à venir. Une résolution durable de la crise en Ituri contribuerait à la fois à rompre le cycle de la violence dans l’Est de la RDC et à atténuer les tensions dans la région des Grands Lacs », note le rapport.

Thierry Mfundu

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