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Covid-19 en RDC: «La décision d’autoriser les essais cliniques et d’introduire un nouveau vaccin relève du Gouvernement. Ce n’est pas une prérogative qui revient à l’INRB » (Comité de soutien au Dr Oly ILUNGA )

Dans un communiqué, le Comité de soutien au Dr Oly ILUNGA KALENGA annonce que « la décision d’autoriser les essais cliniques et d’introduire un nouveau vaccin sur le territoire national relève de la compétence du Gouvernement, par le truchement du ministère de la Santé; ce n’est pas une prérogative qui revient à l’INRB » .

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Ce communiqué intervient suite à l’imminence du lancement d’un essai clinique d’un vaccin contre le COVID-19 en RDC.

« La communication sur le possible lancement d’un essai clinique d’un vaccin contre le COVID-19 en République Démocratique du Congo (RDC) a suscité un vif débat. Plusieurs personnes ont fait le lien entre les déclarations du Prof. Muyembe le 3 avril dernier et la question de l’introduction d’un second vaccin contre Ebola pendant la dixième épidémie connue par le pays », dit le communiqué du comité.

« La question des vaccins est délicate car les opinions publiques partout dans le monde sont devenues extrêmement méfiantes envers les firmes pharmaceutiques, souvent accusées d’amasser du profit sur le dos des citoyens utilisés comme cobayes, » poursuit le communiqué qui ajoute :
« Alors que certaines personnes tentent de réduire l’incident du 3 avril à un problème de communication de la part du secrétariat technique de la riposte, la réalité est bien plus profonde que cela. Qui a l’autorité d’autoriser des essais cliniques et quelles sont les règlementations régissant la conduite des essais cliniques en RDC ? ».

C’est la question qui doit être posée, selon le Le Comité de soutien au Dr Oly ILUNGA KALENGA.

Ces questions avaient, en effet, été soulevées par le Docteur ILUNGA lorsque les pressions, nationales et internationales, ont commencé pour introduire un second vaccin contre Ebola en pleine épidémie.

« Lors de la crise Ebola, avant même que la gestion ne lui soit confiée, l’INRB avait travaillé, à l’insu du ministère de la Santé, sur l’introduction du vaccin contre Ebola de Johnson & Johnson en RDC, » accuse le communiqué.

Et de poursuivre :

« En tant que laboratoire national de référence, il est normal que l’INRB fasse partie du comité national impliqué dans la procédure visant à lancer des essais cliniques dans le pays. Cependant, la décision d’autoriser les essais cliniques, et d’introduire un nouveau vaccin sur le territoire national relève de la compétence du Gouvernement, par le truchement du ministère de la Santé. Ce n’est pas une prérogative qui revient à l’INRB. »

Que s’est-il passé avec le vaccin J&J lors de l’épidémie d’Ebola ?

Au premier trimestre 2019, un Consortium, principalement composé de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovation (CEPI), la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), Médecins Sans Frontières, Wellcome Trust (Grande-Bretagne), l’INSERM (France) et quelques agences gouvernementales américaines (US CDC, BARDA, NIH/NIAID), a rendu publique son intention d’introduire dans la riposte contre Ebola un nouveau vaccin à deux doses, Ad26ZEBOV, développé par la firme américaine Johnson&Johnson, dont la branche pharmaceutique Janssen Pharmaceutica est basée en Belgique.

Pour l’introduction de ce vaccin, le Consortium s’est adressé et s’est mis d’accord directement avec l’INRB qui était partie prenante à l’essai clinique, et tout cela sans en informer le ministère de la Santé.

« Le Docteur ILUNGA s’est opposé à cette manière de faire. Ayant lui-même fait de la recherche en France et en Belgique, il comprend l’importance des essais cliniques pour faire avancer la science dans le monde », révèle le communiqué.

Toutefois, il y a des règles de procédure et d’éthique essentielles à respecter pour éviter les dérives.
L’une des premières règles est d’approcher les autorités nationales compétentes en leur présentant toutes les évidences scientifiques disponibles.

Afin d’obtenir ces éléments et de discuter scientifiquement de la pertinence d’introduire un nouveau vaccin dans le cadre de l’épidémie d’Ebola, le Docteur ILUNGA avait organisé une table ronde internationale à Kinshasa les 28 et 29 juin 2019 pour que tous les services du ministère de la Santé, impliqués dans le potentiel essai clinique, soient au même niveau d’information et puissent donner leur avis.

Cette réunion avait regroupé les développeurs et fabricants des quatre vaccins expérimentaux les plus avancés dans la lutte contre Ebola, à savoir Merck, Janssen (Johnson & Johnson), CanSino Biologics Inc. (Chine) et Rospotrebnadzor (Russie) ainsi que les experts nationaux et internationaux des organisations suivantes : OMS, INSERM, CDC USA, MSF, CEPI, LSHTM, BARDA, NIH, Banque Mondiale, USAID, DFID, UNICEF, IFRC, PAM.

Au sortir de cette réunion scientifique, le ministère de la Santé avait donné un avis favorable à la conduite de la recherche avec le vaccin de J&J pour lequel les préparatifs étaient déjà bien avancés, mais en dehors des provinces où il y avait une transmission active du virus Ebola.

Cette condition était essentielle car introduire un vaccin en deux doses données à 56 jours d’écart dans une zone comme le Nord-Kivu, avec une forte défiance vis-à-vis de la riposte et une très grande mobilité de la population, représentait un défi communicationnel et logistique non-négligeable.

Cela risquait, selon le communiqué, « de détourner des ressources humaines et matérielles essentielles pouvant être utilisées pour arrêter l’épidémie. »

Par ailleurs, la présentation faite aux autorités sanitaires à Kinshasa avait démontré que ce vaccin pourrait avoir une place potentielle dans l’arsenal préventif contre la maladie à virus Ebola plutôt que parmi les interventions et outils de la riposte en cours, une fois son efficacité prouvée.

Le Comité de soutien au Dr Oly ILUNGA KALENGA note que, « malheureusement, pour des raisons obscures, le Consortium tenait à tout prix à lancer son essai dans les zones touchées par l’épidémie. Ils avaient d’ailleurs déjà commencé à préparer le déploiement du second vaccin au Nord-Kivu dès le début du mois de juillet 2019 sans avoir reçu l’autorisation du ministère de la Santé. »

C’était dans ce contexte de pressions généralisées que le Docteur ILUNGA avait signé, le 10 juillet 2019, une Circulaire interdisant l’introduction de tout nouveau vaccin en RDC pendant toute la durée de la 10e épidémie de la MVE.

Les pressions pour l’introduction se sont accentuées#

Le 22 juillet 2019, le Docteur ILUNGA a démissionné, notamment à cause des divergences sur la conduite de la riposte contre Ebola dont l’introduction du vaccin de J&J était devenue un enjeu.

Selon le communiqué, les principales leçons à tirer de ces deux incidents relatifs à la conduite d’essais cliniques de vaccins en RDC sont les suivantes :

1)L’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts. Renforcer les institutions publiques, c’est avant tout leur permettre d’exercer leurs prérogatives légales et constitutionnelles. En excluant le ministère de la Santé de la prise de décisions relatives aux essais cliniques, les institutions et le pays sont affaiblis. Et les risques de dérives sont plus élevés.

2) Il est important de respecter la règlementation en vigueur pour initier des essais cliniques en RDC. Dans le cadre de l’introduction du second vaccin contre Ebola, une entreprise pharmaceutique étrangère s’est appuyée sur sa relation privilégiée avec le laboratoire national de référence du pays pour lancer des essais cliniques en ignorant les recommandations initiales du Gouvernement.

3)Ces questions médicales doivent être traitées avec transparence et dans le respect de l’éthique.

Aujourd’hui, après le lancement de l’essai clinique du vaccin J&J, il serait utile de fixer l’opinion sur un ensemble de points précis : Quelle était la cible de départ ?

À ce jour, combien de personnes au total ont été vaccinées ? Combien de personnes ont reçu la deuxième dose du vaccin nécessaire pour le rendre efficace ? Quels sont les résultats préliminaires de cet essai clinique ?

Face à la pandémie de COVID-19, il est important que la société civile reste vigilante et pose les bonnes questions aux dirigeants afin de ne pas retomber dans une gestion opaque d’une problématique d’intérêt général.

La communication du coordonnateur du secrétariat technique de la riposte contre le Coronavirus, Dr Muyembe Tamfum, annonçant le choix de la RDC pour des essais cliniques contre le Coronavirus, a suscité plusieurs réactions au sein de la population.

Le rétropédalage du Dr Muyembe un jour après, n’a pas dépassionné ce débat sur le recours aux Africains comme cobayes dans les essais cliniques des vaccins.

Thierry Mfundu

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2 Commentaires

  1. Réagissant aux propos d’un internaute sur l’article précédent concernant le Dr Oly Ilunga, j’ai fait référence aux agissements du coordonnateur de la riposte contre Covid-19 en démontrant que c’est étrange son attitude sur les essais cliniques en rdc. Mes commentaires n’ont jamais été publiés sur ce site, je ne sais pas pourquoi ! Je suis content que ce Comité de soutien au Dr Oly ILUNGA revienne avec des précisions sur les démarches de sieur dr virologue qui a tendance à outrepasser ses prérogatives de manière aussi « innocente » ! Je m’inquiète beaucoup et me demande si tout cela ne serait sans conséquence sur la réputation de notre gouvernement.

  2. Non, Dr Oly Ilunga, le problème de fonds n’est pas uniquement qui doit décider de faire de toute une population des cobayes, sans leur consentement individuel éclairé, INRB ou Ministre de la Santé, mais bien qui vous donne le droit de décider de la vie des gens, en violation de la constitution qui garantit à tous les citoyens le droit à la vie.
    De plus, en Occident, cela coûte de 1000 à 1500$ par personne aux compagnies pharmaceutiques, plus une assurance en cas de dommages physiques ou psychologiques pour effectuer des essais cliniques. La question est donc de savoir qui empoche la différence chez nous en RDC, étant donné que les pauvres populations ne touchent quasi ou carrément rien? Le Ministère de la santé ou l’INRB? Etait-ce cela le vrai objet de votre conflit de compétences avec le Dr Muyembe?
    Vous êtes tous les deux des criminels en puissance et passibles de poursuite pour mise en danger de la vie d’autrui, avec les circonstances aggravantes que vous autorisez des expérimentations cliniques en pleine épidémie, profitant de la peur légitime des populations exposées et que vous en tirez sans doute un profit personnel. Honte à vous deux.

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