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Laborieuse prise de pouvoir à Kinshasa

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D’abord un fait: l’ancien pouvoir n’a pas été définitivement terrassé. Alors que les opposants et leurs alliés avaient les yeux rivés vers la Présidentielle, ne cristallisant leurs efforts qu’au départ physique de Kabila, le Front Commun pour le Congo (FCC), connaissant surement la Constitution, tissait sa toile au niveau des législatives. A l’arrivée, un raz de marée. La coalition de Kabila s’offre pas moins de 300 députés à la chambre basse du Parlement et plus du deux-tiers des sénateurs. Les jeux étaient ainsi faits. Si Félix Tshisekedi, qui a moins de cinquante députés, veut diriger, il va devoir s’entendre avec Kabila.

Rapidement, des rencontres sont mises en place. D’abord Kabila et Tshisekedi, qui se trouvent tout à coup une amitié. Leurs familles s’activent également. A Mbuela Lodge, dans le Kongo Central, Jean-Marc Kabund, Secrétaire général du parti de Tshisekedi, découvre l’équitation, aux côtés de Néhémie Mwilanya, dans des rounds des négociations. Désormais, il n’y aura pas de combat. Ceux qui s’affrontaient jadis doivent composer, autour d’une coalition cohabitationnelle, où chacun garde néanmoins ses propres démons.

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Huis mois s’écoulent. Tshisekedi se cherche, se recherche. Il tente parfois de tirer le drap loin de Kabila. « Je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place», avant de revenir, pour appeler à rendre hommage à l’ancien président. Le début au Palais de la nation est ainsi laborieux. Et les problèmes de Tshisekedi commencent là : comment réussir à changer les choses, en ayant un peuple qui réclame la rupture, et une réalité politique qui le pousse à la continuité ?

Le président tente rapidement un programme des 100 jours. Mais le temps lui manque. Les problèmes sont immenses et quelques bonnes actions ne suffiront pa à gommer des polémiques politiques, et l’impatience d’un peuple en souffrance. Par ailleurs, il est vite rattrapé par la réalité, car si le pouvoir à visiblement changé en apparence, derrière, les mêmes acteurs et les mêmes pratiques persistent. Des histoires d’argent fusent. Derrière Tshisekedi, une autre alliance pèse sur le pouvoir. Celle conclue avec Vital Kamerhe. Et l’homme n’est pas vraiment aimé, par les Kabilistes. Peu importe sa précieuse valeur aux côtés du Président. Une étrange affaire éclate, affirmant que 15 millions de dollars sortis des caisses de l’Etat, auraient disparus. Le puissant Directeur de cabinet du président est cité.

Partagé entre tous, Félix Tshisekedi découvre le pouvoir. Car outre le FCC, il doit lui-même apprendre à être Président. Dans un pays qui n’a connu que quatre présidents en 59 ans, il est clair que personne ne vit en apprenant à le diriger un jour. Les bourdes se succèdent. Du point de vue de la forme, du fonds et même des entourages. Une situation qui laisse entrevoir une fin de l’état de grâce jadis observé.

Litsani Choukran

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