Certains s’empresseront déjà à nous faire la remarque : le mot n’est pas à sa place. Il faut “succéder” à la place de “remplacer”. Car l’homme a placé la barre de la communication gouvernementale à une hauteur interdite aux chétifs. Que ce soit dans ses performances ou dans ses contre-performances.

Depuis les révélations de l’UDPS et l’UNC sur le partage du quota CACH au prochain gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, une chose saute aux yeux : Lambert Mende ne sera pas le prochain ministre de la Communication et Médias auquel est attaché le porte-parole du gouvernement depuis des gouvernements. Le ministère a été confié à l’UNC de Vital Kamerhe dont le président national de la CCU n’est pas membre.

Son ” successeur “, comme vous le voulez, a du pain la planche ou des erreurs à capitaliser.

Le défi

Les communicologues qui ne limitent pas l’acte de communication à la simple parole, aux simples mots, vous diront combien le timbre vocal, l’intonation, la modulation, le débit, les pauses jouent un rôle important dans l’appréciation du message par le destinataire final.

Ça, Lambert Mende a su jouer avec pour emballer les audiences, aussi, plonger des salles entières dans un silence de cimetière jusqu’à ce qu’il finisse son speech. Les oreilles ont toujours apprécié le son de ses discours même si le cerveau ne validait pas nécessairement lesdits discours.

Les mots eux-mêmes, qui loin d’être dérisoires au discours sont au contraire fondamentaux, ont été la pierre angulaire de la rhétorique de Mende. C’est comme un joueur qui jongle avec le ballon pendant un entraînement. Point n’est besoin d’exhumer l’artiste musicien Papa Wemba qui l’immortalisa : ” l’homme au verbe facile” pour comprendre. Là, il mettait tout le monde d’accord. Et nombreux apprenaient au moins un mot après l’avoir écouté.

Le prochain porte-parole du gouvernement qui pourra faire oublier Lambert Mende, devra être un esthéticien du langage. Un artiste. Parce qu’il l’a été. Ce chirurgien aux tournures linguistiques plastiques.

Le boulevard

Cependant, tout devenait désagréable avec lui lorsqu’il semblait oublier que la communication ne ferait pas d’un blanc un noir ou d’un noir un blanc; mais qu’elle ne pouvait faire que d’un noir, un noir emphatique ou d’un blanc, un blanc empathique. L’instantanéité de ses réponses et ses réponses à tout, ont amené les congolais à diagnostiquer chez lui, “le mendelisme”. Cette doctrine de contrevérités.

Quand une information ou fake news était attribuée à une autorité sur les réseaux sociaux, la réponse était la même : “c’est une fausse information. Aucun membre du gouvernement n’a de compte des réseaux sociaux”. D’où la traduction de toute une faiblesse. Le ministre Lambert Mende n’a pas adapté sa communication à l’évolution médiatique.

Voilà le boulevard par lequel le futur porte-parole du gouvernement Ilukamba pourra passer pour marquer son époque.

1 comment

  1. C’est très étonnant de lire ce qui est écrit sur Mr Mende. Ayant l’habitude d’entendre plusieurs rapporteurs et/ou porte-parole des différents gouvernements démocratiques, nous pouvons affirmer que Mr Mende est loin d’avoir été un bon communicant.
    À quoi l’était-il ?
    Par le son de sa voix ?
    Par les tournures de ses phrases ?
    En quoi alors ?
    Ne vous émerveillez pas facilement devant n’importe quoi. Car trouver de la hauteur dans la communication de Mende est une entorse au bon sens.

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