Je suis au regret de vous rappeler que, malgré nos sollicitations répétées, aussi bien auprès de vos services qu’à travers le comité de suivi du cofinancement de l’instance de coordination nationale, nous n’avons reçu à ce jour aucune information exhaustive et fiable sur les dépenses publiques effectuées dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo en 2018,” peut on lire dans une note du Fonds mondial dans son courrier datant 16 juillet et adressé à Oly Ilunga alors ministre de la Santé.

Selon la note, le Fonds mondial a débloqué 80 millions USD pour le secteur de la santé en RDC pour la période 2017-2019. La RDC devrait aussi assurer dans la même période des dépenses publiques dans le secteur de la santé de 15% de ce financement, soit 12 millions USD pendant la même période au regard de ses engagements par rapport à co-financement.

Curieusement le Gouvernement congolais par le biais du Ministere de la santé qui a percu ses fonds a mis beaucoup de temps à rendre compte de ses dépenses publiques de santé pour l’année 2018 notamment sur la lutte contre trois pandémies à savoir la tuberculose, le paludisme et le sida.

Or jusqu’à ce jour, les autorités sanitaires congolaises ne sont pas en mesure de fournir les informations fiables et exhaustive sur la gestion de ces fonds.

Ce qui aurait permis au Fonds mondial d’accroître le cas échéant sa contribution dans le secteur de la santé en RDC, au cas où les dirigeants congolais prouvaient qu’ils ont remplis leurs engagements de 15% requis.
Or les États bénéficiaires ont l’obligation d’augmenter des dépenses sur fonds propres pour convaincre les bailleurs du fonds mondial de continuer les investissements.

Ce qui n’est pas le cas pour la RDC selon l’esprit de cette missive.

Ces données auraient permis au Fonds mondial qui compte mobiliser 14 milliards USD à la conférence prévue à Lyon en France du 9 au 10 octobre 2019 sous le haut patronage du président français, Emmanuel Macron, de présenter un rapport complet sur la gestion globale des fonds aux différents bailleurs qui vont participé à cette conférence.

Une situation qui risque d’avoir des conséquences néfastes sur la prochaine allocation à la RDC.
“L’absence d’informations fiables et officielles du pays à ses engagements pourrait avoir un impact négatif sur quant à la prochaine allocation de la République démocratique du Congo, qui non seulement pourrait être réduite du fait de la diminution globale des dotations  en cas de levée de fonds inférieure aux objectifs, mais pourrait en outre être diminuée d’un montant additionnel pour manquement du pays des engagements pris“, a prévenu Nicolas Farcy du Fonds Mondial.

C’est ce qui justifie cette correspondance qui correspond à une mise en demeure du Fonds Mondial signée par Nicolas Farcy son gestionnaire de portefeuille du Département des pays à fort impact Afrique.

Le Ministre de la Santé Oly Ilunga qui a démissionné le 22 juillet dernier doit donc fournir des explications claires à son successeur pour permettre à la RDC de bénéficier de ces fonds au moment où le pays fait face à plusieurs épidémies dont Ebola à l’Est, la poliomyélite au centre et à l’Ouest et enfin la Rougeole dans le Grand Bandundu.

Thierry Mfundu

2 comments

  1. Au regard des faits tels qu’énoncés, il apparait clairement qu’il s’agit plutôt d’une fuite en avant de la part du Ministre démissionnaire qui se soustrait ainsi à son devoir de reddition de comptes en tant que gestionnaire des crédits lui alloués. Il doit rendre clairement compte

  2. Je pensais que l’udps était une alternative fiable à la situation de corruption ,détournements des fonds publics et autres .Mais les faits nous montrent que tout ces gens n’étaient que des prédateurs et non des militants convaincus et convaincantes.Miyibi.

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