C’est un ancien Robert Basengezi “ragaillardi” et “fièr” de son statut d’ancien vice-président de la CENI qui est apparu à la presse ce 18 juin. Au cours de cette conférence de presse tenue à Kinshasa, il a mis en avant le bilan de son passage à la tête de cette institution d’appui à la démocratie. Mais aussi des devoirs, des défis à relever pour son successeur.

“J’ai plutôt une joie en quittant la CENI parce que si je quittais sous le  Coup de balle ce serait un regret. Aujourd’hui c’est Félix Tshisekedi qui est président, il part manger chez Kabila et Kabila part manger chez lui. Nous n’avons jamais vécu ça, cette alternance est un acquis. Nous avons 500 députés élus. Il y avait un Sénat de 12 ans, aujourd’hui il y a un bureau du Sénat qui se met en place, il y avait des assemblées provinciales de 12 ans, je crois que c’est à applaudir“, a-t-il dressé.

Ça, c’est ce que l’équipe à laquelle il a appartenu. Mais cela ne résout pas tous les problèmes du Congo. Il y a encore du pain sur la planche.

“En quittant, nous laissons un débat derrière nous concernant les élections locales et les différentes réformes qui doivent être amorcées. Parmi ces réformes figurent notamment la modification du mode des scrutins des élections de sénateurs, de gouverneurs et vice-gouverneurs de province. En ayant à l’esprit que l’accord de la Saint Sylvestre qui interdit toute révision constitutionnelle semble avoir jusqu’à ce jour une certaine force et que toute révision de la constitution pourtant constitutionnelle suscite débat, il faudra beaucoup de courage pour engager des réformes. Sinon, nous allons arriver en 2023 avec les mêmes débats qui appellent à ces réformes sans issue“, a projeté l’ancien vice-président, actuel membre du PPRD.

Il a accédé à cette fonction grâce à son parti politique, à sa famille politique majoritaire à l’Assemblée nationale après les élections de 201. Dans cette même logique, ce même poste reviendra au Front commun pour le Congo, dominé par un PPRD fort de plus de 120 députés nationaux. Mais Norbert Basengezi est partisan de la dépolitisation de la CENI.

” La CENI devra-t-elle continuer à être composée conformément à l’article 10 de sa loi organique ou il faut une CENI des experts ayant une expérience au sein ou en dehors de cette institution ? Pour ma part, je suis partisan de la dépolitisation de la CENI. Celle-ci regorge aujourd’hui en son sein de nombreux experts qui peuvent dans le futur promouvoir la plus grande école électorale de l’Afrique “, a-t-il conseillé.